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Avis de tempête sur le Centre Belge de la Bande Dessinée

  • La pandémie affecte toute l’économie européenne et notamment, comme on sait, l’activité culturelle. La plupart des musées sont fermés depuis de nombreux mois. Contrairement au musée de la Bande dessinée d’Angoulême, essentiellement financé par l’argent public (État, région, agglomération, ville…), le Centre Belge de la BD vit de la vente de ses tickets d’entrée et de location des lieux pour des événements. Or ces deux activités sont au point mort. Dès lors, on l’apprend par le média belge « Bruzz » et par le quotidien « La Libre Belgique », pour passer ce cap périlleux, l’institution bruxelloise licencie sept membres de son personnel.

« Après presque 22 ans de service […], écrit sur sa page Facebook Willem De Graeve, qui quitte à cette occasion son poste de directeur de la communication du Centre, j’ai eu au Centre belge de la bande dessinée mon lot de moments difficiles, mais j’emporterai avec moi toutes les belles et enrichissantes expériences qui ont été encore plus nombreuses. Je garde surtout de bons souvenirs de toutes les personnes fascinantes et inspirantes que j’ai eu le plaisir de rencontrer au cours de ma carrière et qui m’ont donné le sentiment d’avoir beaucoup de chance dans mon travail. » On souhaite à ce grand connaisseur de la BD de trouver une nouvelle voie profitable et de qualité.

Nous ne sommes pas surpris par ce logique « dégraissage » du CBBD qui correspondant à cette période de vaches maigres. Comme nous l’avons expliqué, le Centre est très dépendant de sa fréquentation et ce bel écrin Art Nouveau conçu par l’architecte belge Victor Horta, un monument en soi, propriété de l’État belge et géré par une ASBL (traduction pour les Français : association Loi 1901), impose des contraintes... coûteuses.

Avis de tempête sur le Centre Belge de la Bande Dessinée
Photo : VisitBrussels - Droits résrevés.

Avec une fréquentation en baisse de -70%, en dépit du fait que, depuis décembre dernier, le musée reste ouvert (contrairement à la situation en France), il n’est pas facile de s’en sortir et les aides de l’État ne suivent plus puisque le musée s’est réouvert. Ces décisions de licenciement ne sont donc pas prises de gaîté de cœur.

Il reste qu’avec le départ en retraite de Jean-Claude de la Royère (qui continue ponctuellement à travailler pour le Centre) et le licenciement de Willem De Graeve, ce sont les meilleurs connaisseurs de BD de la maison qui s’en vont. Une réorientation artistique et managériale du Centre est à l’œuvre. Que nous réserve-t-elle ? L’avenir -quand on sera débarrassé de la Covid- nous le dira sûrement. L’institution table sur un retour à la normale pour 2022. En espérant qu’elle tienne jusque-là…

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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13 Messages :
  • Et si quelques dessinateurs offraient au musée des originaux, à vendre aux enchères au profit du dit musée ? Allez Geluck, un geste. Allez Moulinsart.
    Ce musée est le Temple de la BD, leur paradis. Ils y sont ou rêvent d y être.

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  • Avis de tempête sur le Centre Belge de la Bande Dessinée
    18 avril 09:52, par jacques schraûwen

    Je ne pense pas qu’il s’agisse d’u avis de tempête... Je pense que la culture, en Belgique, à Bruxelles singulièrement, est devenue le parent pauvre de l’intelligence... Le CBBD licencie, comme des milliers d’autres entreprises en Belgique, du fait, non pas du covid, mes des mesures absurdes qui accompagnent cette maladie... Et dire dans cet article, pratiquement, que disparaissent les deux membres du personnel les plus "connaisseurs" de la bande dessinée, c’est, me semble-t-il, faire injure à ceux qui y restent, qui y travaillent, avec passion et imagination. Le CBBD se doit d’exister, encore, et ce n’est pas, je pense, avec ce genre d’articles (bruzz....) qu’on le lui permettra... C’est un organisme indépendant à défendre, d’abord et avant tout, quand on aime profondément le neuvième art ! Indépendant, oui, ne dépendant donc d’aucun pouvoir politique... Défendre... Cela doit être aussi la vocation d’Actuabd !...

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 avril à  11:38 :

      Cher Jacques.

      Tsss. Vous ne pouvez pas attribuer aux seuls pouvoirs politiques la responsabilité de la pandémie. Même en France, la politique culturelle n’est pas à la hauteur et est affectée par une tempête, je me permets d’insister sur le mot, qui la dépasse de loin.

      Au-delà de votre exhortation -quasiment saint-sulpicienne- à ce que le CBBD continue (l’article ne dit pas le contraire) vous semblez désigner Jean-Claude De La Royère et Willem De Graeve comme des personnages secondaires du Centre, ce qui, pour le fréquenter depuis sa fondation, n’est pas mon sentiment.

      Pouvez-vous nous en dire plus à propres des personnalités hautement qualifiées dont vous parlez avec autorité et que nous insulterions ? Quelles sont ces éminences que nous n’avons pas l’heur de connaître et qui connaîtraient la BD (flamande et francophone) avec une aussi grande acuité ? Nous sommes vraiment curieux.

      Quant à la mission d’ActuaBD, c’est à notre équipe de l’établir, mais merci de nous assigner les plus hautes ambitions, ça nous fait chaud au cœur..

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      • Répondu par jacques schraûwen le 18 avril à  12:01 :

        Cher Didier...

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        • Répondu par jacques schraûwen le 18 avril à  12:54 :

          Comme il semble qu’il y a eu un petit souci, voici ce que je disais dans ma réponse que la technologie a écourté...

          Cher Didier... Je n’ai jamais dit que De La Royère et Willem étaient des personnages secondaires, loin s’en faut, Didier ! J’ai simplement dit que la manière dont, vous, vous en parliez, discréditait tous les autres actifs au cbbd ! Des gens qu’à aucun moment je n’ai dit qu’ils étaient des "éminences" ! Votre réponse, d’ailleurs, vis-à-vis de ceux qui travaillent au cbbd est encore plus ouvertement injurieuse... J’avoue ne pas bien comprendre la raison et le but de telles "attaques" (oui, je sais encore lire...) à l’égard d’un organisme qui est le seul de ce genre existant à Bruxelles. Je n’ai pas non plus, par ailleurs parlé de "mission" mais de vocation, de passion ... Je parlais, au-delà de votre article (tiens, on se vouvoie, maintenant ?... ) de cette manière, dans les journaux dont vous vous faisiez l’écho, on aborde ce sujet... Je ne comprenais pas l’acrimonie qui faisait bien plus que pointer dans vos propres propos... Et j’insiste, oui, je sais lire, je sais analyser... Ce qui n’est pas votre cas, puisque vous confondez "porter injure" avec "insulter"... Cela dit, je ne veux nullement polémiquer, mais simplement dire qu’il faut tout faire, quand on aime la bande dessinée sans parti-pris, en liberté, sans jalousies aucunes, pour que vive un lieu comme le cbbd...

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          • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 avril à  15:44 :

            Cher Jacques,
            Oui, nous nous tutoyons, mais pas dans un débat en public, c’est plus avenant.

            On ne va pas épiloguer sur les mises en cause que vous me supposez avoir faites (injure, insulte...) Il n’y a pas injure à interroger, à partir où deux personnalités fondamentales et de qualité s’en vont, quelles seront le profil et la qualification des personnes qui vont décider de la politique artistique du CBBD à l’avenir et quelle est-elle. Pour le moment, nous sommes dans l’expectative. Je ne vois pas en quoi cette interrogation, purement logique, discrédite quiconque.

            D’ailleurs, vous ne répondez pas à ces questions.

            Il y a une différence entre ce que vous prétendez être des "attaques" et un simple questionnement. Et non, en ce qui me concerne, je ne souscris pas à une défense à tout crin sans un libre examen de la situation. Il y a encore, dans nos sociétés, une différence entre information et propagande. Mais vous savez cela.

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      • Répondu par Fabrice le 18 avril à  12:17 :

        Pourquoi ne pas faire comme en France un loto comme le fait Stephan Berne pour avoir de l’argent pour nos monuments historiques.
        La bd pour moi c’est un des patrimoine de la Belgique.
        Ce serait bien que la population se mobilise pour son patrimoine.
        Faut pas compter sur les sangliers qui gouvernent
        Pour moi Français la Belgique est un acteur absolument incontournable du monde de la Bd c’est même Le pays de la bd..

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        • Répondu par jean neymar le 19 avril à  06:10 :

          À deux pas du Centre Belge de la Bande Dessinée, au théâtre de la monnaie, ( qui fût en 1830 le point de départ de la révolution belge ) se tient des prises de paroles publiques organisées par un collectif d’artistes et plusieurs syndicats dont la CGSP. Allez un peu voir comment un secteur culturel se défend et comparez le avec l’égoïste et bourgeois secteur de la BD. Combien de monde y a t-il devant les portes du centre pour réclamer une autre solution pour ces 7 personnes licenciées. Et moi j’aimerais entendre l’ensemble des 7 travailleurs et pas seulement 2 cadres qui baissent les bras et ne parle que d’économie. Par ailleurs, les salaires de la directrice et des autres cadres du centre seront-ils revus à la baisse ? ça j’aimerais le savoir, qui peut aller enquêter sérieusement là-dessus ? un peu de solidarité que diable ! https://bx1.be/categories/news/occupation-de-la-monnaie-les-tribunes-se-poursuivront-le-collectif-sera-entendu-par-le-gouvernement/

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          • Répondu par jacques schraûwen le 19 avril à  07:59 :

            Dans ma réponse, voici ce que je disais : "Je pense que la culture, en Belgique, à Bruxelles singulièrement, est devenue le parent pauvre de l’intelligence... Le CBBD licencie, comme des milliers d’autres entreprises en Belgique, du fait, non pas du covid, mes des mesures absurdes qui accompagnent cette maladie... " Quant aux salaires, je pense qu’avant de juger ceux de qui que ce soit, il faudrait peut-être d’abord imposer aux politiciens, à tous les politiciens, qui sont les destructeurs de toutes les cultures, de raboter les leurs... Votre pseudo est d’une belle clarté, et rejoint mes opinions personnelles... Mais je voudrais qu’il ne s’agisse pas, dans ce "j’en ai marre", de questions de personnes... Le débat qui naît pour le moment est bien plus large que celui-là !

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            • Répondu par jean neymar le 19 avril à  10:38 :

              Monsieur Schrauwen, je vous ai lu et je partage votre avis. Ensuite vous partez sur l’idée "d’un débat plus large" mais ça on le sait. Moi je vous parle de 7 personnes licenciées et on peut l’imaginer de leurs proches impactés. C’est du concret ça et à 200 m des locaux de ses travailleurs, d’autres occupent le théâtre de la monnaie s’expriment publiquement. je parle de cette absence de solidarité du monde de la BD, et de ces acteurs résignés.
              La sortie du responsable communication licencié du CBBD est l’arbre qui cache la forêt et achète le silence des autres travailleurs qui souhaitent peut-être dire autre chose. " Je suis licencié mais je voudrais vous remercier pour toutes ces années de bonheur" Mais c’est quoi ce discours de victime consentante ? Il y a des lois pour ça dans ce pays.

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              • Répondu par jacques schraûwen le 19 avril à  11:45 :

                Merci puor votre réponse... Je disais aussi, dans ma toute première intervention, qu’il y a en Belgique, pour le moment, des milliers de licenciés, que le monde de la culture, en général, paie les pots cassés d’une gestion de crise incompétente... Ce que je disais aussi, c’est qu’en guise d’info, si on veut le faire avec honnêteté, il ne faut pas préjuger de qui que ce soit... Et, aussi, surtout même, aller voir les gens, leur poser la question... Willem a, dit l’article de Didier, réagi sur sa page... Pourquoi mettre en doute ce qu’il y dit, comme ça, immédiatement ? Le CBBD, comme le dit l’article de Didier, est indépendant... Il n’a de subsides que du bout du petit doigt d’une région et d’un communauté qui ne connaissent du mot culture que ce qui est subsidié, donc dépendant de leur bon vouloir... Le cbbd est donc plus que les nombreux acteurs culturels subsidiés touché par l’inertie politique (politicienne, plutôt). Ne nous trompons pas de cible ! La vraie cible, ce sont les pouvoir politiques, d’abord et avant tout, dans TOUS les domaines de la culture, dans TOUS les domaines de ce qui, au quotidien, du bistrot du coin à l’Opéra de Wallonie, crée du tissu social au travers d’u sentiment essentiel et aujourd’hui totalement nié, renié, dénié : le plaisir ! Attaquer des personnes, même à mots couverts, comme dans l’article en question ici et dans votre réaction quant à un salaire précis, c’est jouer le jeu de ceux qui ne veulent plus de la culture...

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                • Répondu par jean neymar le 19 avril à  20:32 :

                  Monsieur Schrauwen, vous persistez à ne pas comprendre. Vous parlez de milliers de licenciements en Belgique comme pour minorer les 7 licenciements du CBBD. Je vous parle d’un manque criant de solidarité dans le milieu de la BD, et vous dites qu’il ne faut pas attaquer les gens du musée. On vous sent du sérail, et pas trop enclin à vous fâcher avec une institution. Par ailleurs laissez moi vous dire ( ou vous apprendre) que lorsque une société est en difficulté financière l’une des possibilités pour assurer sa survie consiste à faire un effort qui passe par une baisse des salaires. Je trouve qu’il serait réaliste et solidaire que le personnel du CBBD connaisse une diminution de salaire à commencer par les plus gros traitements. Ne croyez pas impossible qu’un jour on mette tout le monde dehors pour faire fonctionner le CBBD avec un autre système de rentabilité. L’ubérisation de la société ça vous parle ?

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                  • Répondu par Milles Sabords le 21 avril à  05:26 :

                    Malheureusement, nous vivons déjà l’ubérisation de la BD et je ne suis pas étonné qu’aucuns auteurs ne s’insurgent de la situation du CBBD, tant leur quotidien est devenu précaire. Par-contre, silence radio des ténors de la BD et ça c’est beaucoup plus grave.

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