Charlie Hebdo et Frank Miller ("Terreur sainte") : irresponsables ?

26 septembre 2012 12 commentaires
  • La sortie simultanée de deux numéros distincts de Charlie Hebdo, l'un "responsable", l'autre "irresponsable" et, par ailleurs, du nouvel album de Frank Miller, "Terreur sainte" (Editions Delcourt) pose la question de la réponse à apporter d'une part à l'action terroriste des extrémistes islamistes, d'autre part à l'usage fait par les médias des indignations de l'opinion.
Charlie Hebdo et Frank Miller ("Terreur sainte") : irresponsables ?
La Une du scandale

Posons-là d’emblée la question de la responsabilité. Car ce qui rassemble nettement l’Orient et l’Occident dans cette affaire, c’est l’indignation. Le mouvement des indignés est comme le terrorisme : diffus, vindicatif, pourvu d’une base idéologique à géométrie variable, volatile, évoluant au gré des événements, opportuniste à tout dire, servant une "cause" qui peut être au mieux l’expression d’une souffrance, d’une frustration ou d’une aigreur, mais qui est malheureusement presque toujours au service d’intérêts hypocrites et cyniques.

La bronca faite autour du film "Innocence de l’Islam" qui a provoqué en France une nouvelle affaire des caricatures pour Charlie hebdo a suffisamment montré le système de manipulation des opinions qui est ici en place : voici un film réalisé par un chrétien copte d’origine égyptienne qui, dans un premier temps, s’est fait passer pour un Israélien vivant aux États-Unis, réveillant l’indignation des opinions publiques musulmanes avec quelques minutes de film poussives et navrantes. Pourquoi cet accès d’indignation pour ce film-là, et pas pour The Dictator de Sacha Baron Cohen, et pourquoi aujourd’hui alors que le trailer du film traine depuis des semaines sur Internet ?

"L’huile sur le feu"

Était-ce "responsable" de la part de Charlie Hebdo de "mettre de l’huile sur le feu" en ajoutant dans la provocation ? Une indignation en vaut bien une autre. Charlie Hebdo, journal anticlérical, ne faisait que s’indigner face à l’inflammabilité des opinions publiques musulmanes dont quelques groupuscules sont toujours prompts à mobiliser le discours anti-occidental et à brûler des ambassades.

Il n’a échappé à personne que le pape est allé au Liban au plein milieu de cette affaire, un pays où une minorité chrétienne fait face à une majorité musulmane. La chose s’est passée sans incident (tant mieux), alors que le film "Innocence de l’Islam" est le fait d’un chrétien d’Orient. Comme pour la première affaire des caricatures de 2006 Voir NOTRE DOSSIER, où il a été établi que l’on avait glissé de faux dessins dans le lot des caricatures danoises pour mieux convaincre les opinions publiques musulmanes, tout cela sent la manipulation à plein nez. Et on voudrait que Charlie Hebdo ne s’en moque pas ? On voudrait que le journal le plus anticlérical de France ne pouffe pas devant la tartufferie d’une telle situation ?

La Une qu’on leur reproche montre un juif orthodoxe poussant un musulman fondamentalisme et se moquait du caractère "intouchable" des religions. On a bien vu le défilé des hypocrites : un Premier Ministre de la France qui invite à porter plainte, une Le Pen en embuscade pour en rajouter dans la stigmatisation des Musulmans et des Juifs. Et bizarre, aucun juif, pourtant pareillement "insulté" par cette Une, n’a menacé Charb de décapitation...

Dans le Charlie "responsable" (ci-dessous), l’auto-censure a tout aseptisé, contrairement au Charlie "irresponsable" qui correspond à l’hebdomadaire habituel.
Détail croustillant : une rubrique intitulée "Le Sceptre d’Ottokar rendu à la Syldavie" est entièrement censuré. Cela vaudra-t-il à Charlie un procès en diffamation de Moulinsart ?

Liberté d’opinion et liberté de la presse

On a beaucoup parlé de "Liberté de la Presse". Il faut arrêter le délire : la presse n’est pas libre dans ce pays où Closer est assigné en justice pour avoir exhibé le topless d’une princesse. La loi de 1881 est même plutôt stricte dans l’encadrement de cette "liberté".

Une Une de Charlie Hebdo en 1978. Pas de quoi défiler...

Ce que l’on défend ici, c’est la liberté d’opinion, et en particulier celle de pouvoir débattre des religions sans avoir à subir la loi de 1822 sur le blasphème que la Loi de 1881 avait justement abrogée. Les couvertures de Charlie Hebdo ont souvent été provocantes (nous vous reproduisons ici un joli exemple de Wolinski datant de 1978). Un "respect" nouveau de l’Islam devrait l’empêcher d’en produire de nouvelles ? Charlie Hebdo ne s’y résigne pas qui publie en kiosque aujourd’hui DEUX numéros destinés à être comparés : l’un "responsable", donc sans humour, l’autre "irresponsable" avec de l’humour dedans.

D’autant que, les voix de France et d’ailleurs qui sont "choquées" par la Une de Charlie Hebdo nous semblent ressortir le plus souvent d’une réaction cléricale rampante où le goupillon s’allie au keffieh pour prôner un retour à la théocratie. Une perspective qui ne soulève curieusement aucune indignation en France alors que personnes innocentes et des enfants sont tombés sous les balles d’un Mohamed Merah, que des gens ont été condamnés en Tunisie pour avoir diffusé le film Persépolis de Marjane Satrapi, que des dessinateurs tunisiens, algériens ou turcs sont inquiétés ou emprisonnés pour avoir osé critiquer la religion...

Il faut arrêter de croire que quelques excités qui manipulent les informations au 20 heures sont représentatifs de l’opinion arabe et musulmane. Elle est, comme nous, atterrée par ces déchaînements de haine stupide et improductive, par ces excès de la revendication religieuse. Sauf que pour eux, l’enjeu est bien plus important que le nôtre : ils sont en train de construire leur démocratie, leur espace de liberté, dans la dignité de leur croyance ou de leur agnosticisme, dans la volonté d’une expression paisible et responsable de leurs opinions. Que cela leur donne à réfléchir et qu’ils se rappellent de la "check list" de Gambetta dans son Programme de Belleville prônant la liberté de réunion "sans entraves et sans pièges avec la faculté de discuter toute matière religieuse, philosophique, politique ou sociale. " Quand cette liberté-là, qui a été notre combat il y a un siècle, sera accomplie dans les pays où défilent les foules en délire, la responsabilité sera mieux partagée.

Frank Miller, égal à lui-même

Terreur Sainte de Frank Miller
Éditions Delcoiurt

On a vu ces jours-ci quelques médias spécialisés se saisir de l’excellent album de Frank Miller, Terreur Sainte (Éditions Delcourt) pour jouer à bon compte les donneurs de leçon. En voilà encore un qui "jette de l’huile sur le feu".

C’est méconnaître Frank Miller dont l’univers ultra-violent n’a jamais fait dans la dentelle. Sin City ou Batman Year One, c’est quand même l’Inspecteur Harry au pays des super-héros. Fort de la légitimité de la loi américaine sur les armes à feu, les héros de Miller tirent d’abord et réfléchissent après. Un discours très américain, somme toute, comme il s’en diffuse à longueur d’année dans les séries US de la TV.

C’est oublier l’historique de cet album qui était la réponse de Miller aux attentats du 11 septembre. En gestation depuis de longues années, ce récit avait été conçu pour les personnages de Batman et Robin chez DC Comics et devait porter le titre de Holy Horror, Batman. Miller le voyait comme "un acte de propagande", une production patriotique comme au bon vieux temps de Captain America contre les nazis, destiné à "botter le cul à Al Quaïda".

"Pour la première fois de ma vie, j’eus à faire face à une menace existentielle, déclara Miller à la presse américaine en septembre 2006. Ils ont voulu nous tuer. J’ai soudain réalisé de quoi mes parents voulaient me parler [à propos de la guerre]. Le patriotisme n’est plus, je le crois, un concept sentimental, désuet. C’est une question de survie. Le patriotisme est un élément central dans la survie d’une nation."

Terreur Sainte de Frank Miller
(C) Éditions Delcourt

Ces déclarations provoquèrent une levée de boucliers et notamment de la part du scénariste britannique Grant Morrison : "Pourquoi pas Ben Laden contre King kong, tant qu’on y est !" avait-il proféré. Miller avait reçu l’objection 5 sur 5, profitant du départ de son éditeur historique chez DC Comics, Bob Schreck, pour un nouveau label, Legendary Comics, pour transformer son histoire de Batman & Robin en un duo entre une héroïne Chat-Pardeuse (un patronyme à la Siné) dont le super-héros justicier L’Arrangeur est vaguement amoureux.

L’art de Miller est brillant, éclatant serait le mot juste. Chaque trait est tranchant comme un lame de Wolverine, chaque dialogue est susurré dans le souffle de l’effort. Les terroristes -on s’en doute- dégustent... Nous ne sommes pas dans l’intelligence, juste dans la testostérone. De l’action hollywoodienne à la Kill Bill, avec une pointe d’humour, consciente de son ambigüité.

Rien qui mérite que l’on s’indigne outre mesure.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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12 Messages :
  • Charlie Hebdo et Frank Miller ("Terreur sainte") : irresponsables ?
    26 septembre 2012 12:33, par Francois Boudet

    Perso j’ai décroché, de Frank Miller. Même si ça a toujours été violent, chacun a ses limites... pour moi ça a été "300".

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    • Répondu le 27 septembre 2012 à  10:01 :

      "300" était déjà un ouvrage profondément raciste. Il présentait les Perses (ancêtres des Iraniens) comme des sauvages à piercings et les Spartiates comme des "hommes libres". Même s’ils ont des pratiques que n’auraient pas renié les nazis (eugénisme, culte du corps, sentiment d’appartenir à une race supérieure, culte du chef...), les Spartiates sont clairement les héros de l’album de Frank Miller. Il les vénère, les admire et les présente comme les fondateurs de nos valeurs occidentales.

      Voici un dialogue extrait du chapitre quatre, après une bataille sanglante qui a duré toute une matinée. L’oriental Xerxes, roi des Perses, déclare à l’occidental Léonidas, roi de Sparte : "Nos cultures auraient beaucoup à échanger". Léonidas lui répond : "Nous avons pratiqué l’échange de culture toute la matinée".

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      • Répondu par Francois Boudet le 27 septembre 2012 à  12:44 :

        "300". J’avais lu les épisodes à mesure de leur parution en américain... Jusqu’à l’avant-dernier, je trouvais cela encore assez briant (même si un douteux certes... - eugenisme, etc. - Mais bon, admettons je me disais...), mais la fin.... cette glorification du Sacrifice, dans un bain de sang total, ça a été la goutte d’eau (de sang) qui a fait déborder le vase pour ma part. J’ai trouvé cela vraiment gerbant... Que le sacrifice puisse exister, admettons, mais de là à le glorifier à ce point ! Pour moi, j’en avais fini avec l’oeuvre de Miller à partir de ce jour là. Et cela m’avait profondément déçu, ayant été, naïf que j’étais, un "fan" comme beaucoup d’autres... Pour le reste de l’article de Didier ci-dessus, évidemment je suis en accord (soutien à Charlie hebdo contre les religions).

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  • "Le goupillon qui s’allie au keffieh" ? "Le retour à la théocratie" ? Pardon, mais... vous n’avez pas le sentiment de pratiquer (très légèrement) l’amalgame ?

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    • Répondu par Bardamor le 26 septembre 2012 à  20:06 :

      - Votre article ne met pas en avant, contrairement à Charb, la "liberté d’expression" occidentale : tant mieux, car c’est sur ce point que le discours est néo-colonialiste, comme le président iranien Ahmadinejad s’est empressé de le souligner : "Les Occidentaux promulguent des lois sur la shoah, mais l’insulte envers le Coran ou Mahomet est permise.", et en ce qui me concerne, je pense qu’il n’a pas tort : les juifs ont été victimes du nationalisme occidental, et non de l’islam.

      - Donc il n’est pas essentiellement question ici de Mahomet, des juifs ou de la liberté d’expression, mais bien de la manière dont les Etats-Unis et leurs alliés justifient leur ingérence dans les pays d’Afrique, du Moyen-Orient ou autre. Bien sûr ils ne peuvent plus le faire comme Hergé le faisait naguère dans ses albums, donc ils le font au nom des "droits de l’homme", de la démocratie et de la liberté d’expression. Pratiquement, Charb ne fait pas la différence entre le "politiquement correct" et la liberté d’expression ; est-ce qu’il ne se fout pas de ses lecteurs ? Les Etats-Unis sont d’ailleurs une théocratie, où on ne cesse d’invoquer je ne sais trop quelle puissance divine, et avant même qu’il ait fait quoi que ce soit, Obama était présenté par "Charlie-Hebdo" comme le sauveur du monde, à l’unisson de la propagande occidentale.

      - La même semaine, d’ailleurs, les troupes yankees ont commis une bavure énorme en Afghanistan, dont on a peu parlé. Il est clair que les médias sont intégrés désormais à la guerre, et que plus aucun pays ne peut s’en passer pour convaincre l’opinion publique que ses frappes chirurgicales sont justes et morales. Charb et "Charlie-Hebdo" ont peut être mieux à faire que de rentrer dans ce jeu-là ?

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  • Frank Miller dessine et surtout peint debout ,sur d’immenses planches ,avec du noir et du blanc,en se servant de pinceaux ,de brosses ,et même des rouleaux:d’où l’extrême vigueur de son travail.A
    voir,quelques réactions de part et d’autre à la sortie du bouquin www.guardian.co.uk/books/booksblog/2011/nov/15/frank-miller-politics-visible-comics

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  • Charlie Hebdo et Frank Miller ("Terreur sainte") : irresponsables ?
    26 septembre 2012 21:05, par Oncle Francois

    Félicitations pour cet excellent article qui permet de relativiser les déclarations d’un récent premier ministre, et un impact important sur les journaux d’infos télévisuels. C’est vous qui devriez écrire leurs commentaires lus sur prompteur, ils ne connaissent guère le sujet et n’y ont pas vraiment pensé. Avec ce type d’article, vous donnez à réflèchir, le tout étayé par de solides arguments et références. Bravo !

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  • Vous posez mal le problème, Didier.

    Personne ne conteste la légitimité de la "question de (...) l’action terroriste des extrémistes islamistes". Le problème, c’est juste que la réponse ne se trouve certainement pas dans l’islamophobie que professent l’auteur du film "L’innocence des musulmans", Véronique Genest, Marine Le Pen, "Charlie hebdo" ou Frank Miller.

    Ce n’est pas parce que des terroristes se revendiquent d’une religion qu’il faut condamner ou agresser tous ceux qui croient en cette religion ou qui sont nés dans celle-ci. Parce que faire ça, c’est se rendre coupable de racisme.

    Et le racisme n’a jamais été la bonne réponse à une menace.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 27 septembre 2012 à  09:09 :

      Ce n’est pas parce que des terroristes se revendiquent d’une religion qu’il faut condamner ou agresser tous ceux qui croient en cette religion ou qui sont nés dans celle-ci. Parce que faire ça, c’est se rendre coupable de racisme.

      D’abord, machin, la religion n’est pas une race.

      Ensuite, on parle ici d’anticléricalisme, qui est une opinion défendue par Charlie-Hebdo en toute légalité. Je vous rappelle que les Islamistes qui ont attaqué le journal en justice ont perdu leur procès.

      Nous parlons ici de l’expression d’une opinion face à des actes : des meurtres d’enfants, des manifestations qui laissent des morts sur le trottoir, des ambassades qui brûlent...

      En excusant ces exactions, comme vous le faites, vous en êtes complice.

      Si j’ai de la sympathie pour l’anticléricalisme (allez voir la définition, avant de dire des bêtises) de Charlie Hebdo, je ne souscris pas du tout à la vision du monde de Frank Miller qui relève souvent d’un simplisme affligeant qui est le fait, malheureusement, d’une grande partie de la société américaine.

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      • Répondu par Machin le 27 septembre 2012 à  10:25 :

        "racisme : attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes." (Larousse)

        Vous m’avez mal lu : je n’ai pas "excusé" les actes de terrorisme. J’ai juste dit que le racisme anti-musulman n’était pas la solution au terrorisme islamiste. Mais bon, je retiens donc que le rejet global des populations appartenant à une religion est selon vous parfaitement légitime et licite, et qu’il ne s’apparente aucunement à un quelconque racisme. Dans ce cas, l’antisémitisme ne doit pas être considéré comme un délit mais comme une opinion, et il serait temps de réhabiliter l’humoriste Dieudonné, coupable de s’être grimé en rabbin sur un plateau de télé (donc d’avoir exprimé une opinion anticléricale).

        Il y a aussi une chose qui me chiffonne : pourquoi l’islamophobie de "Charlie hebdo" ou de Frank Miller seraient-elles admirables mais pas celle de "L’innocence des musulmans" ou de Marine Le Pen ? Parce que Charb ou Miller sont des gens de talent et les autres des salauds ? Mais qui décide de qui a du talent et de qui n’en a pas ? Vous ?

        Ca me rappelle ces intellectuels (ministre de la culture en tête) qui ont pris la défense d’un célèbre réalisateur franco-polonais coupable de viol sur mineure sous prétexte qu’il était un génie du cinéma. Ces mêmes personnes auraient-elles pris la défense d’un cantonnier coupable du même crime ?

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 27 septembre 2012 à  10:42 :

          "racisme : attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes." (Larousse)

          Donc je retiens, par votre lecture du Larousse (pas le meilleur dico), que toute "catégorie déterminée" est une race. Vous êtes très fort.

          Vous m’avez mal lu : je n’ai pas "excusé" les actes de terrorisme. J’ai juste dit que le racisme anti-musulman n’était pas la solution au terrorisme islamiste. Mais bon, je retiens donc que le rejet global des populations appartenant à une religion est selon vous parfaitement légitime et licite,

          Vous êtes très fort, je le confirme. J’affirme qu’en France le rejet de la religion est licite. Vous ne trouverez jamais sous ma plume un appel ou une justification d’un "rejet global des populations".

          et qu’il ne s’apparente aucunement à un quelconque racisme. Dans ce cas, l’antisémitisme ne doit pas être considéré comme un délit mais comme une opinion, et il serait temps de réhabiliter l’humoriste Dieudonné, coupable de s’être grimé en rabbin sur un plateau de télé (donc d’avoir exprimé une opinion anticléricale).

          On vous voit venir avec vos Combat Shoes. Je ne suis pas de ceux qui ont condamné cette apparition de Dieudonné qui suintait cependant d’un antisémitisme qu’il a largement exprimé depuis et qu’il exprime d’ailleurs librement, sauf quand ses dérapages le mettent sous le coup de la loi.

          Il y a aussi une chose qui me chiffonne : pourquoi l’islamophobie de "Charlie hebdo" ou de Frank Miller seraient-elles admirables mais pas celle de "L’innocence des musulmans" ou de Marine Le Pen ? Parce que Charb ou Miller sont des gens de talent et les autres des salauds ?

          Je ne tomberai pas dans les amalgames dont vous êtes le seul responsable. "L’innocence des musulmans", Charlie Hebdo ou Frank Miller sont des productions artistiques et, oui, nous sommes en mesure de les juger bonnes ou mauvaises.

          Quant à Marine Le Pen, c’est une personnalité politique, je ne la même pas sur le même plan et, oui, elle est éminemment criticable.

          Mais qui décide de qui a du talent et de qui n’en a pas ? Vous ?

          Chacun de nous.

          Ca me rappelle ces intellectuels (ministre de la culture en tête) qui ont pris la défense d’un célèbre réalisateur franco-polonais coupable de viol sur mineure sous prétexte qu’il était un génie du cinéma. Ces mêmes personnes auraient-elles pris la défense d’un cantonnier coupable du même crime ?

          Une fois de plus les amalgames minables. La prochaine fois, vous allez vous rappeler quoi ? J’arrête là la conversation.

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  • En définitive, après quelques jours d’énervement, on s’aperçoit que c’est l’indifférence qui domine.

    "Charlie" a beau faire le maximum pour faire parler de lui, les attentats ou actes de réaction attendus (espérés ?) n’ont pas eu lieu. Finalement, il est probable que les musulmans n’aient pas grand chose à foutre des caricatures de leur prophète... Ce qui ne correspond pas à l’image que les islamophobes se font d’eux, mais ce qui est plutôt rassurant.

    D’ailleurs, ils ne sont pas les seuls à traiter par le mépris ou par l’indifférence les provocations faciles de "Charlie" : onze commentaires seulement pour cet article, émanant de huit personnes au maximum, c’est peu !

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