Filles des oiseaux - Par F. Cestac - Dargaud

8 novembre 2016 0 commentaire
  • Florence Cestac poursuit son bonhomme de chemin autobiographique avec une plongée dans les institutions catholiques des années 1960.

Une rentrée en fanfare, titrions-nous en septembre dernier. De fait, au même moment, plusieurs évènements cestaciens rythment cette rentrée. Tout d’abord, une exposition-vente de ses planches à la galerie Martel eut lieu du 16 septembre au 15 octobre, durant laquelle un mur entier était dédié aux origines de Filles des Oiseaux, tandis que le reste de la galerie accueillait les planches phares de sa production passée.
Filles des oiseaux - Par F. Cestac - Dargaud
Ensuite, la réédition, chez Dargaud, de l’intégrale d’Harry Mickson and Co, premier « gros nez » de Florence Cestac, né dans les seventies et qui continua jusqu’en 1989, avec l’obtention de l’Alph’art de la catégorie humour à Angoulême en 1989. À l’arrêt de cette série, l’autruche (elle préfère cette dénomination à celle d’autrice ou d’auteure) rebondit en se lançant dans l’autobiographie entre rire et larmes, ce qui lui valut un second Alph’art de l’humour en 1997 pour Le Démon de midi.

Enfin, la parution d’un nouvel album, toujours chez Dargaud, dans la lignée de ce tournant autobiographique. Filles des oiseaux (N’oubliez jamais que le seigneur vous regarde !) nous narre le quotidien d’une petite Thérèse, 13 ans, débarquant dans le pensionnat des Oiseaux, tenu par des bonnes sœurs adeptes des bondieuseries en tout genre. Par bonheur, elle s’y fait une amie, Marie-Colombe. Les deux se complètent, l’une fille de paysans normands, l’autre de grands bourgeois de Neuilly, mais toutes deux adeptes de l’humour et de l’impertinence. L’album nous permet de les suivre dans leur apprentissage de la sexualité, dans la litanie des messes qui rythment leurs journées et dans le décalage saisissant entre la France de la fin des années 1960, qui s’ouvre à une nouvelle culture et le conservatisme absolu de cette institution religieuse.

Cette pension a existé. Comme Thérèse, la petite Florence Cestac avait demandé à y être inscrite pour échapper à la bourgeoise rouennaise et y reste de la sixième à la seconde. Comme toujours dans l’autofiction chez Cestac, s’entremêlent les anecdotes et souvenirs réels, comme quand la mère supérieure, juste avant le cours de couture, leur dit : « N’oubliez pas que l’aiguille est à la femme ce que la plume à l’écrivain », avec une petite dose de souvenirs imaginaires. Comme souvent chez Cestac, l’ensemble est très léger et se lit agréablement et rapidement, grâce notamment à une narration très fluide. Alors que le dessin est teinté tout le long d’une couleur sanguine-bistre qui reflète bien l’ambiance froide et morbide, la dernière page explose de couleurs vives avec la première mention de mai 1968. On attend avec curiosité le second volume pour savoir où vont s’envoler ces filles des oiseaux.

(par Tristan MARTINE)

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