Fûka T1 - Par Kouji Seo - Pika

  • "Fûka" a pour héroïne la fille de Yamato et Suzuka, les personnages principaux du manga sportif "Suzuka". On peut donc considérer cette nouvelle création comme une suite directe, mais il n'est pas indispensable de connaître l'histoire originale pour comprendre ce qui se passe ici. Cette fois, l'auteur délaisse l'athlétisme pour se consacrer à la musique.

Yû Haruna est un jeune lycéen solitaire et un utilisateur avide de Twitter. Après le départ de ses parents pour les État-Unis, il se voit contraint d’emménager avec ses trois sœurs dans un nouveau logement à Tokyo.

C’est justement à la fin du déménagement que Yû fait une rencontre qui va bouleverser son quotidien. Alors qu’il prend une photo pour alimenter son compte Twitter, Fûka Akitsuki lui tombe littéralement dessus. S’ensuit un quiproquo faisant passer Yû pour un pervers aux yeux de la jeune fille. Celle-ci, dotée d’un tempérament de feu, n’hésite pas à faire payer le supposé affront en détruisant le smartphone de Yû qui se voit privé de son seul moyen de communication. Fûka repart en laissant un CD derrière elle, que Yû récupère.

C’est grâce à cet objet qu’il croisera de nouveau Fûka. Dès lors, les deux jeunes gens vont commencer à se fréquenter et se rapprocher malgré leurs différences.

Fûka T1 - Par Kouji Seo - Pika
De la musique plein la tête
Fûka T1 © Kouji SEO / Pika

Ce premier tome commence assez rapidement pour enchainer les situations avec une certaine facilité, mais non sans fluidité. Cela reste toutefois un tome d’introduction classique, nous présentant de manière efficace les protagonistes de l’histoire : le héro taciturne, la jeune fille solaire, le sportif, le meilleur ami gay, etc. Rien de bien original au premier abord.

Toutefois, certains thèmes abordés, s’ils continuent d’être développés judicieusement par la suite, apportent une profondeur au récit. Ainsi, il est intéressant de voir surgir la question du poids des réseaux sociaux via le personnage de Yû. Ce dernier en est totalement accro. Il se flatte du nombre imposant de ses followers, mais ces derniers demeurent des amis virtuels n’ayant aucun impact dans sa vie. Le personnage de Fûka est son total opposé : elle ne possède pas de téléphone, préférant écouter sa musique sur un vieux lecteur CD portable, n’est inscrite à aucun réseau et pourtant elle est très entourée et pleine de vie.

L’autre intérêt de ce manga passe aussi par ses personnages. On n’évite pas les clichés comme ceux évoqués plus haut. Malgré cela, on sent une certaine évolution qui nous pousse à vouloir connaître la suite. Yû commence à changer au contact de sa nouvelle amie mais on constate une réciprocité : c’est grâce au jeune homme que Fûka finira par trouver sa voie (et sa voix) alors qu’elle semblait un peu égarée concernant son avenir.

Fûka révèle la puissance de sa voix
Fûka T1 © Kouji SEO / Pika

Qu’on ne s’y trompe pas, Fûka n’est pas non plus un titre sombre ou abusivement psychologique. Du moins pour le moment. L’humour est bien là, qu’il soit visuel, de situation ou dans le discours.

Pour ce qui est du dessin, nous avons droit à un trait clair et lisible, donc plutôt agréable. Le style est assez maitrisé et certaines planches sont vraiment jolies. Le design des personnages est sympathique mais il s’avère au final assez répétitif par rapport à d’anciens mangas du même auteur, surtout en ce qui concerne l’héroïne. Kouji Seo n’hésite d’ailleurs pas à en faire lui même la remarque et à s’en moquer dans un strip en fin de volume.

On peut déplorer le recours aux plans en contre plongée révélant les petites culottes ou à toute autre scène de sous-vêtements qui parsèment ce premier tome. A croire qu’il n’est pas possible d’attiser l’intérêt du lecteur sans passer par là.

Malgré ses petits défauts, Fûka démarre sur de bonnes bases et semble prometteur. Un titre frais et pétillant, mélange entre romance, musique, school life et critique sur la société.

(par Tahani Biernat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Fûka T.1. Par Kouji Seo. Pika collection "shonen". Traduction Julien Favereau. Sortie le 15 mars 2017. 192 pages. 6,95 euros

Commander ce livre chez
Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

 
Newsletter ActuaBD