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Gemma - T2 : Les gardiennes de Dhâkâ - Par Nadje et ’Fane - 12bis

1er septembre 2010 0 Albums par Thierry Lemaire
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  • Que les nostalgiques des belles années Tillieux, Walthéry, Delporte rangent leur mouchoir. Avec Gemma, ils vont pouvoir croquer à pleines dents une madeleine savoureuse, remise au goût du jour.

Oui, elle est rousse. Oui, elle est (très) sexy. Oui, elle prend souvent l’avion. Non, elle n’est pas hôtesse de l’air ! Gemma est agent secret. Mais ça, il ne faut pas le dire à sa famille, qui croit qu’elle est une gentille mère au foyer qui ne sort de chez elle que pour faire les courses et aller chercher les enfants. En réalité, Gemma s’appelle Alice. Gemma, c’est un nom de code utilisé pour son travail, des missions toujours sportives, parfois périlleuses, pour les services secrets. Il faut dire que son père n’est autre que Gabriel, l’ancien super-agent de la section A, A comme action. Bon sang ne saurait mentir.

Gemma - T2 : Les gardiennes de Dhâkâ - Par Nadje et 'Fane - 12bis
(c) Nadje-Fane/12bis

Cette fois, Gemma profite des vacances de Noël pour fausser compagnie à sa petite famille - partie chez ses beaux-parents - et prendre le premier avion pour Dhâkâ, capitale du Bangladesh. Elle doit surveiller le convoyage d’œuvres d’art bengalies vers la France pour une exposition à Paris. La tension monte car une frange de la population locale craint de ne jamais revoir son patrimoine. Les anciennes et régulières spoliations de l’Occident ont laissé des traces. Il ne faudrait donc pas qu’une émeute dégénère, ou pire, qu’une œuvre disparaisse.

(c) Nadje-Fane/12bis

Gemma est une série qui vaut vraiment le détour. Le dessin de ’Fane, beaucoup moins proche du trait de Franquin que lorsqu’il réalisait Joe bar team, est sans faille. Rond et nerveux à la fois, il excelle dans la représentation des véhicules et des décors, et propose des découpages virevoltants lors des poursuites de voitures.

Le thème de base, même s’il rappelle celui du film La totale ! de Claude Zidi (dont le remake True lies fut tourné par James Cameron) mais à l’envers puisque l’agent secret était Thierry Lhermitte, a l’excellente idée de faire de l’héroïne la mère de deux petites filles. Le contraste entre les missions et la vie quotidienne n’en est que plus fort. On en viendrait presque à faire de Gemma la métaphore de la femme moderne qui doit jongler entre ambitions professionnelles et vie de famille. Ce petit bout de femme sexy n’est donc pas qu’un fantasme masculin. Pas surprenant lorsqu’on sait que Nadje est le nom de code, pardon, le pseudo de Nadège Lejosne. Une sensibilité féminine qui donne au personnage principal une grande crédibilité et à cette histoire d’aventure un cachet très original. On peut enfin souligner la qualité des dialogues, qui alternent action, tendresse et humour avec un égal bonheur.

(c) Nadje-Fane/12bis


Il y a quand même quelques nuances dans ce concert de louanges.
On peut en effet regretter le nombre important de cases (une dizaine minimum) à chaque page. Le dessin en devient un peu fouillis, coincé dans des espaces trop étroits.

Les pages qui comportent moins de cases (même huit) sont beaucoup plus agréables à lire. Heureusement, les couleurs de Delf permettent de compenser en terme de lisibilité.

Du côté du scénario, on peut regretter que le dénouement de l’histoire soit liquidé en quelques pages. Au final, par manque de place (l’album fait pourtant 55 pages), l’intrigue manque d’épaisseur. Les scènes d’ambiance et les poursuites prennent une grande place. Mais puisqu’elles sont très réussies, difficile de les couper. Pourquoi l’éditeur n’a-t-il pas alors décidé de faire cet album en deux parties pour pouvoir donner toute son ampleur au scénario ?

Dommage, car il reste un vague sentiment de frustration en refermant le livre. Frustration d’une intrigue un peu trop simple. Mais surtout, frustration de ne pas avoir pu rester plus longtemps avec Gemma, notre réserve ressemblant finalement beaucoup à un compliment.

(par Thierry Lemaire)

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