Gokusen T5 - Par Kozueko Morimoto (trad. Élodie Lepelletier) - Kazé Manga

12 décembre 2014 0 BD d’Asie par Guillaume Boutet
  • Rien ne va plus au lycée privé Shirokin : faute de rentabilité, le conseil d'administration prend la décision de le fermer d’ici trois ans ! Il n'en faut pas plus à notre professeure préférée pour négocier un arrangement à la mode yakuza ! Le défi à relever pour empêcher cette fermeture ? Devenir numéro un du Japon dans... « un truc » ! Sérieusement ?

Déjà le 5e tome (sur 15) des aventures de Kumiko Yamaguchi, jeune professeure idéaliste dans un lycée pour garçons à la réputation exécrable, qui jongle en parallèle avec son héritage familial, celui d’un clan yakuza, qui doit rester secret !

La recette est désormais bien rodée, avec une part belle accordée aux situations burlesques et aux personnages hauts en couleur, alternant l’univers du lycée avec celui des yakuzas, qui parfois se croisent...

Quant aux personnages, lycéens en butte au système et yakuzas chaud bouillant au grand cœur, c’est leur potentiel comique qui se trouve le plus souvent sollicité. En effet Kozueko Morimoto privilégie la légèreté et la comédie pour tisser les liens entre son héroïne et ses élèves, et ainsi bâtir petit à petit une relation de confiance.

Deux histoires sont au programme de ce nouveau volume : la première est centrée sur le lycée, et la seconde sur l’univers yakuza, et plus particulièrement sur Maître Shinohara, l’avocat du clan Kuroda, dont Kumiko est amoureuse en secret depuis sa tendre (mais délurée) adolescence.

Gokusen T5 - Par Kozueko Morimoto (trad. Élodie Lepelletier) - Kazé Manga
Un coach aux méthodes douteuses
© 2000 Kozueko Morimoto / SHUEISHA / Kazé Manga

Nous débutons donc sur les activités de professeur de Kumiko, qui apprend un beau matin que le conseil d’administration du lycée souhaite fermer l’établissement en raison de son absence de rentabilité depuis des années. Rappelons que l’action se déroule dans un lycée privé, fort nombreux et communs au Japon.

Évidemment le sang de Kumiko ne fait qu’un tour et elle arrache, à l’aide de la diplomatie qui la caractérise (comprenez par son insistance brutale) un « contrat », digne d’une reconnaissance de dettes yakuza, qui établit un arrangement des plus improbables : si d’ici deux mois, le lycée devient numéro un du Japon dans un « truc », les dirigeants reviendront sur leur décision !

Il ne reste plus qu’à trouver en quelle activité leur cher lycée peut briller au niveau national ! Les professeurs se lancent chacun à la conquête de diverses compétitions : concours de chorale, rugby, water-polo, karaté, etc. Du côté de Kumiko, avec l’aide éclairée de Shin, notre héroïne doit se rendre à l’évidence que la seule vraie spécialité du lycée se trouve être la baston... Ils montent donc un club de boxe, avec pour projet de défier le lycée numéro un dans cette discipline ! S’ils le battent même au cours d’un match d’entraînement, ils deviendront les nouveaux numéro un, en toute logique...

Dans ce but, Kumiko sort un coach improbable, membre de son clan et ancien boxeur (ou presque), à la tronche et aux méthodes atypiques, comme il se doit. On rigole beaucoup et notre bande bras cassés réussit de façon fort peu fair-play (forcément !) à remporter son défi. Lycée sauvé !

Kumiko dévoilant ses talents secrets (sens de lecture de la droite vers la gauche)

La seconde histoire revient sur le passé de Maître Shinohara, et sa place au sein de la « famille », nous laissant entendre qu’il serait mieux pour lui de retourner à une « vie normale », mais le jeune avocat n’est pas du genre à abandonner ses responsabilités. Moins décisive que la première histoire, elle nous permet de revenir sur un personnage central qui constitue le fil rouge de l’avenir du clan, mais aussi de celui de notre héroïne.

Enfin le tome se termine sur l’amorce d’un nouvel arc qui va faire vivre un cauchemar à notre héroïne professeure(-yakuza), et qui met en avant Shin, le jeune chef de bande de la classe dont elle a la charge. Quels secrets allons-nous apprendre ?

Dynamique, hilarant, tour à tour tendre et féroce, Gokusen continue de nous enchanter et de nous surprendre par son efficacité et sa justesse. Ne vous fiez pas à ses couvertures ou son dessin minimalistes et simples, il s’agit bien d’un titre d’une grande qualité, parfaitement maîtrisé.

© 2000 Kozueko Morimoto / SHUEISHA / Kazé Manga
© 2000 Kozueko Morimoto / SHUEISHA / Kazé Manga

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Gokusen T5. Par Kozueko Morimoto. Traduction Élodie Lepelletier. Kazé Manga, collection "Seinen". Sortie le 3 décembre 2014. 192 pages. 7,79 euros.

Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

Retrouvez Gokusen sur ActuaBD :
- Lire la chronique des tomes 1 & 2