La Femme de l’ogre - Étienne et Bernadette Appert - La Boîte à bulles

28 septembre 2011 0 commentaire
  • Relecture du {Petit poucet} avec une vision féminine qui explore les contours de ce fameux conte... Récit sans texte plein de surprises.

Dans le conte de Perrault , un pauvre bûcheron se résout à perdre ses enfants dans la forêt, ne pouvant plus les nourrir tellement sa misère est grande. Tout le monde connaît la technique infaillible du benjamin pour retrouver son chemin. La suite reste souvent oubliée : la situation se reproduit, cette fois dans la demeure d’un ogre redoutable et Poucet pour sauver ses frères menacés, déguise les propres filles du colosse. L’ogre, mystifié, les dévore, la fratrie est sauvée. Ensuite, Poucet rentrera chez lui riche et admiré.

Bernadette Appert a voulu explorer le destin de la femme de l’ogre. Cette mère de famille nombreuse qui doit affronter le deuil de ses sept filles... Après un prologue qui nous remet en mémoire le conte original débute l’histoire, tumultueuse, à commencer par la rencontre improbable entre l’impressionnant monstre et la gracieuse demoiselle...

Grâce aux dessins pleins de fantaisie d’Etienne Appert, La Femme de l’ogre dévoile un univers entre baroque et fantastique, avec de vrais moments d’effroi. De l’émotion aussi dans l’épisode de la rencontre entre l’ogre et sa promise.

La révélation musicale de l’héroïne constitue le deuxième grand moment de ce roman graphique au ton singulier. Et les personnages face à la vieillesse, en fin d’album, émeuvent également.

La Femme de l'ogre - Étienne et Bernadette Appert - La Boîte à bulles
À l’image de Flood de Eric Drooker, La Femme de l’ogre se prive de tout texte : ni récitatif, ni bulle, ni voix-off... Uniquement l’enchainement des dessins en noir et blanc d’Étienne Appert. Les péripéties ne manquant pas, on doit parfois garder sa concentration pour éviter le tangage. Mais le voyage en vaut la peine.

(par David TAUGIS)

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