Lautremer - T1 : "La société Socrate" - Par Yves Leclercq & Stéphane Heurteau - Casterman

12 avril 2008 0
  • Mêlant occultisme et milieu maritime, cette série revisite le mythe d'un mystérieux personnage du début du siècle : Aleister Crowley. Cet album est à son image : intrigant, mais parfois insaisissable.

Début des années 30. Sur une île au large de l’Irlande, une jeune femme, Marcia, apprend de son père adoptif mourant le secret de ses origines. Vingt ans auparavant, par une nuit d’orage, un homme l’a abandonnée, bébé, à un couple de pêcheurs, avec une forte somme d’argent. L’homme avait l’air à demi-fou. Il avait cloué le corps d’une jeune femme morte à la proue de son yacht. Fascinée par l’énigme de cet homme qu’elle suppose être son père, Marcia se lance à la recherche de ce yacht. Elle ne sait pas encore que, ce faisant, elle s’apprête à exhumer de très dangereux secrets, engloutis au fond de la mer depuis quelque 2000 ans...

Lautremer - T1 : "La société Socrate" - Par Yves Leclercq & Stéphane Heurteau - Casterman

Inspiré par l’occultisme et les sociétés secrètes, Yves Leclercq bâtit un scénario maritime exigeant sur le thème du mystérieux mage Aleister Crowley. Ce personnage célèbre pour son Livre de la Loi, à la fois philosophe, initié multiple, écrivain et poète, serait à la base du complot ourdi par cette mystérieuse Société Socrate. Comme l’héroïne Marcia, on est très vite dépassé par le scénario de Leclercq, qui mêle Histoire, espionnage et fantastique. Sans pouvoir se rattacher à quoi que ce soit, on est ballotté par la houle du récit, tout en se demandant où le vent va nous mener. Même si le scénario comporte son lot de scènes d’actions et de confidences, on est loin d’avoir appris grand chose sur la fameuse Société Socrate ou Lautremer, et il faudra attendre le prochain tome pour savoir si on affaire à un fumiste ou à un grand maître éclairé.

Après quelques superbes premières pages qui renvoient au dessin de Guillaume Sorel, dans Typhaon par exemple, Stéphane Heurteau perd un peu de sa force dramatique dans un trait plus enfantin et moins réaliste, mais dont on finit par prendre le pli. L’alternance des scènes sombres et claires donne pourtant un net avantage aux premières. En effet, la mise en couleurs directe ne permet pas toujours à l’aquarelle de camoufler les crayonnés. Sur un fond sombre, cela reste presque invisible ou donne une âme à l’ensemble, mais pour des fonds lumineux, ces traits sont gênants voire disgracieux. Enfin, l’absence de contours pour les visages des personnages peut choquer, car elle offre au premier regard une simplicité parfois déconcertante.

Malgré ces quelques imperfections techniques, l’album se lit avec plaisir, car le suspense monte graduellement, et on tourne les pages tout en se demandant où ce récit va nous mener. Divertissant et intrigant !

(par Charles-Louis Detournay)

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Les illustrations sont © Leclercq/Heurteau/Casterman

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