Le Chanteur sans nom - Par Arnaud Le Gouëfflec & Olivier Balez - Glénat

18 décembre 2011 5 commentaires
  • Parcours d'une chanteur-vedette éclair entre 1930 et 1945, cet album est surtout une belle fable sur le sentiment d'inachevé, et les impressions que l'entourage retient de soi après sa mort. Une sélection angoumoisine pour l'édition 2012... Même si d'autres nous sont vendus comme plus légitimes...

L’homme chantait masqué d’un loup sur le visage. Ami de Charles Aznavour, bouffon et comptable d’Édith Piaf, toxicomane notoire, cleptomane débonnaire et attachant, Le Chanteur sans nom, alias Roland Avellis, eut 1000 vies.

C’est en découvrant une boîte en carton renfermant quelques affaires qu’un jeune homme entreprend de contacter ceux pour qui il avait compté, afin de leur restituer ces moments de vie. Mais il ne s’attendait pas à tomber sur un tel personnage !

Le Chanteur sans nom - Par Arnaud Le Gouëfflec & Olivier Balez - Glénat

1000 Feuilles est la collection « nouvelle vague » de Glénat, et c’est vrai qu’on a pu y découvrir aussi bien un petit bijou comme Blaise, que des œuvres patrimoniales comme celles de Pichard ou des récits plus expérimentaux.

Le Chanteur sans nom semble malheureusement débuter sur une mauvaise piste, alors que l’auteur nous décrit son enquête pour remonter le mythe de son chanteur hors-norme. Multipliant les flashbacks en parallèle avec le menu détail des recherches entreprises, le récit peine à trouver son souffle, la douce folie du personnage principal ayant un peu de mal à prendre corps dans le souvenir de ceux qui l’ont connu et dans le récit d’un narrateur étrangement attaché à le faire revivre.

Heureusement, l’équilibre se rétablit dans la seconde partie du récit pour laisser la place à l’évocation de la lente déchéance du chanteur. On pénètre dans l’univers de Piaf, Cerdan, Aznavour, et surtout dans une époque flamboyante où tout semblait possible. L’album termine sa progression positive sur une superbe conclusion : un jugement au tribunal qui se transforme véritable ode aux épicuriens plus enclins à dispenser la bonne humeur autour d’eux qu’à se préoccuper de l’image laissée derrière eux après leur mort.

On ajoute que le graphisme et des plus agréables et que cet album mérite le coup de projecteur donné par sa présence dans la sélection d’Angoulême, même s’il n’atteint seulement que la moyenne du niveau de la collection 1000 Feuilles.

(par Charles-Louis Detournay)

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5 Messages :
  • Mais qui donc sélectionne les albums de la sélection d’Angoulême ? J’aimerai vraiment le savoir, d’où sortent-ils ces albums ? Lisent-ils tout ou reçoivent-ils une sélection de chaque éditeur ? Y-a-t-il copinnage (vu certaines bouses de la sélection on peut se demander) ? Tout ceci est très occulte, ça vaudrait le coup qu’Actuabd fasse un papier là-dessus.

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  • Le dessin de la couverture est aussi joli que sa maquette est ratée. Quel pseudo maquettiste a eu l’idée de coller le titre, pile poil sur la tête du héros ? Il y a laaAaargement la place pour le rehausser, que diable ! Sacré choc visuel.

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    • Répondu par Alex le 18 décembre 2011 à  16:09 :

      Quel pseudo maquettiste a eu l’idée de coller le titre, pile poil sur la tête du héros ?

      À mon avis c’était pour créer un espace identique entre le haut et le bas de la couv’(du haut du titre à la partie supérieure du livre, et da la base des pieds du personnage à la partie inférieure du livre). Je ne trouve pas cela maladroit, du tout-venant ni plus ni moins...

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  • "Une sélection angoumoisine pour l’édition 2012... Même si d’autres nous sont vendus comme plus légitimes..." : pardon, mais je ne comprends pas cette phrase. qu’avez-vous voulu dire ? Quels sont ces autres albums sélectionnés qui seraient moins "légitimes" que "Le chanteur sans nom" ?...

    Sinon, contrairement aux autres intervenants qui n’ont pas lu "Le chanteur sans nom" et s’intéressent au placement du titre sur la couverture, j’ai lu cet album... Et je l’ai adoré ! C’est un petit bijou de sensibilité, qui donne envie d’en savoir encore plus sur ce personnage fascinant ayant réellement existé.

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  • Je ne comprends pas le public de la bande dessinée, comment un album de cette qualité peut-il passer inaperçu ?

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