Le Fils de l’officier, T1 - Par P. Cothias, P. Ordas et C. Galland – Éditions Bamboo

3 juillet 2011 0 commentaire
  • Avec ce récit très sombre, Patrick Cothias et Patrice Ordas nous invitent à suivre les pas d'un jeune paysan breton broyé par les misères affectives et sociales de la fin du XIXe siècle et les conséquences d'un destin marqué par l’injustice et la tragédie.

Abandonné à sa naissance par son père biologique, un officier de l’armée coloniale de Cochinchine, Sidoine, est recueilli par le pitoyable « Papa Diveres », un ancien compagnon de son père qui a sombré dans l’alcoolisme et la déprime. Tout juste adulte, le jeune homme tente d’échapper à un destin qui s’annonce vite bouché et sans perspective, en quittant son village.

En s’accusant de la mort de son beau-père (pour des raisons de convenances religieuses, les suicidés n’ayant pas accès au paradis !), il se retrouve vite engagé dans le cycle infernal de la marginalité, de la violence et de l’exclusion sociale. Du bagne d’enfants où il devra « payer » pour une faute qu’il n’a pas commise, puis rendu inapte au service à la suite d’un accident qui lui arrache la main, le voilà sur la route avec pour toute fortune une bicyclette. Sur les chemins qu’il emprunte, les drames et les suicides s’accumulent : à la pendaison de son père adoptif succèdera le suicide du vieux postier avec qui il s’était lié d’amitié.

Le Fils de l'officier, T1 - Par P. Cothias, P. Ordas et C. Galland – Éditions Bamboo

Muré dans un mutisme implacable et une haine mal contenue contre la société qui semble le plaquer au sol, Sidoine pourra-t-il échapper à la condition misérable qui lui semble irrésistiblement attachée ?

Cette saga romanesque violente et tragique aux accents déterministes renvoie bien évidemment à toute une tradition littéraire apparue vers la fin du XIXe siècle, contexte historique d’un récit bien rendu par le dessin efficace et sensible de Christelle Galland, jeune dessinatrice à peine sortie d’une école d’Arts appliqués de Nantes et qui marque ici son entrée dans la BD grâce à un style souple et fouillé..

Faut-il encore présenter Cothias et Ordas ? Ce couple de scénaristes semble peu à peu prendre l’ascendant sur la collection Grand Angle avec des histoires rudes, ancrées dans des contextes historiques bien identifiés. Ce « road movie » romantique et glauque reste certes bien écrit et captivant, mais est quelque peu affecté d’un excès de « misérabilisme », d’une abondance de violence et de douleur qui, à terme, risque de saturer la narration, voire d’enliser un récit pourtant riche de qualités.

L’ultime rebondissement survenu en fin de ce premier volume laisse toutefois espérer une évolution surprenante susceptible de relancer le récit.

(par Patrice Gentilhomme)

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