Le Voyage de Bill - Par Mathias Schultheiss - Glénat

12 août 2010 0
  • Prenant un cul-de-jatte prénommé Bill en stop, un père et sa fille s'embarquent pour une traversée onirique du continent nord-américain, à la recherche de ses jambes. Une belle fable pour un roman graphique aussi dense que somptueux.

Luke et sa petite fille Tweety roulent sans but précis sur les routes des Etats-Unis. Ils prennent en stop Bill, un cul-de-jatte en fauteuil roulant, vétéran de la guerre du Vietnam. Sans qu’ils en aient conscience, c’est leur rencontre avec ce mystérieux personnage qui va déterminer leur parcours. Il les embarque avec lui dans sa quête : trouver le magicien qui lui permettra de retrouver ses jambes qu’il a perdues lors d’un accident d’hélicoptère.

Sur leur route, ces trois personnages à la poursuite d’un sens à leur vie vont faire de nouvelles rencontres étranges : Charly, le Noir dont la langue a été arrachée par des membres du Ku Klux Klan, l’homme du Marais, la petite fille battue par son père…

Le Voyage de Bill - Par Mathias Schultheiss - Glénat

Il y a des livres où il faut se questionner pendant leur lecture, tandis que d’autres demandent seulement d’être vécus, comme une expérience. On ressent cela dans le Voyage de Bill. Progressivement, comme ces deux voyageurs qui déambulent dans leur voiture, on abandonne ses principes pour s’immerger dans celui que la vie nous a offert de rencontrer.

En parallèle de cette quête initiatique, l’auteur du Théorème de Bell et du Rêve du requin nous propose surtout un superbe roman graphique de près de trois cents pages (heureusement qu’il y a un signet !). C’est le graphisme qui attire avant tout le regard, et s’il faut un peu de temps pour se plonger dans le ton narratif utilisé (pas de bulles, quelques cases, et des dialogues près des illustrations), on se laisse porter par la superbe évocation de l’Amérique, doublée de très beaux tableaux, donnant le rythme du récit. C’est avec lenteur, voire nonchalance, qu’on pénètre donc dans ce récit, comme une promenade autour d’un lac : on en fait le tour doucement, à son aise, avant de s’apercevoir ce qu’il y avait au centre.

Un lenteur savamment étudiée

In fine, la philosophie proposée pourra passionner le lecteur ou le lasser, mais c’est bien de l’appel du rêve, et de l’envie de chaque homme de retrouver la liberté dont il s’agit. Que l’on évoque la liberté physique ou psychologique. Il s’agit donc d’un très beau voyage, essentiellement graphique, mais intéressant.

(par Charles-Louis Detournay)

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