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Les Histoires de l’Oncle Paul - Par J. Graton, O. Joly et D. Attanasio - Graton éditeur.

  • On ne dira jamais assez l'importance des pages pédagogiques de {L'Oncle Paul} dans l'éveil à la curiosité des jeunes lecteurs de {Spirou} dans les années 50 à 70. Elles ont fertilisé leur culture générale ; elles ont surtout permis l'écolage de jeunes auteurs qui effectuaient là leurs premiers pas dans le métier de la bande dessinée.

C’est le cas de Jean Graton, récemment promu Commandeur des Arts et des Lettres, un jeune Breton débarqué en Belgique qui poussa au début des années cinquante la porte d’une agence de dessin bruxelloise, la World Press, connue dans l’histoire de la BD pour avoir associé pour la première fois Uderzo et Goscinny par l’intermédiaire d’un jeune homme qui reçoit justement Jean Graton ce jour fatal du vendredi 13 : Jean-Michel Charlier. Le (déjà) scénariste de Buck Danny animait pour la World Press une bande dessinée éducative destinée au Journal de Spirou : L’Oncle Paul.

Cette série était née du crayon d’Eddy Paape, sur un scénario de Charlier, le 1er février 1951. « L’Oncle » Paul n’est autre que Paul Dupuis, le frère de l’éditeur. On savait flatter le client à la World Press. La série va durer trente ans, grâce à Octave Joly, son documentaliste et principal contributeur du scénario (il en écrira plus de 1200), mais aussi à une pléiade d’auteurs inconnus qui ne tarderont pas à devenir célèbres : René Goscinny, Albert Uderzo, Liliane et Fred Funcken, Gérald Forton, ou... ce Dino Attanasio (qui fait là œuvre de scénariste) dont deux récits sont publiés dans ce recueil.

Les premiers travaux de Graton sont aux normes : un style réaliste figé par Hubinon et perpétué par Paape. L’Histoire est racontée par le petit bout de la lorgnette et tant pis si parfois elle est faite d’invraisemblances historiques. César se promenant en ville avec sa couronne de laurier, Napoléon cherchant à monter dans la première montgolfière, le goût de l’anecdote prime souvent sur la vérité historique. C’est sans doute pour ces raisons que cette série à vocation pédagogique disparut vers la fin des années 70, sous les coups de boutoir d’une Éducation Nationale qui découvrait à ce moment ce que L’Oncle Paul savait déjà : que la bande dessinée pouvait être éducative.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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