Little Big Horn – Par David Goy, Luca Blengino, Farid Ameur & Antoine Giner-Belmonte – Éd. Glénat

Par David SPORCQ Très bon 9 mai 2023 
La collection « La Véritable Histoire Du Far West » s'enrichit d'un nouvel album, et non des moindres, puisqu'il a pour sujet la dernière bataille du lieutenant-colonel George Armstrong Custer. Le 25 juin 1876, il affrontait la plus grande coalition d'Indiens jamais rassemblée, avec à sa tête : Sitting Bull. Cette bande dessinée, bien documentée et appuyée par un conseiller historique, permet de bien comprendre, dans un style vivant, comment se sont déroulés les faits qui ont conduit l'armée fédérale américaine au désastre.

Le quatrième titre de cette collection est particulièrement intéressant. Il ne se concentre pas uniquement sur le déroulement de la célèbre bataille, mais nous décrit également les événements économiques et politiques qui ont amené les deux antagonistes au conflit. Ce sont deux cultures opposées qui vont s’affronter. L’Amérique se prépare à fêter le centenaire de son indépendance, mais sa situation économique n’est pas au beau fixe. De l’or est découvert en plein territoire indien, et les pionniers qui s’y aventurent se font massacrer. La terre sacrée des ancêtres n’est pas à vendre.

L’intervention de l’armée devient inévitable, et Custer y voit l’occasion de se couvrir de gloire. Malheureusement pour lui et pour le 7e régiment de cavalerie qu’il commande, il va multiplier les erreurs : il va diviser ses troupes, sous-estimer l’ennemi, négliger la reconnaissance du terrain en évitant l’utilisation d’éclaireurs afin de ne pas être lui-même découvert et de mieux surprendre l’ennemi. Ce manque de renseignements, sa précipitation dans le but d’entrer en contact avec l’adversaire qui s’échappe trop souvent vont entraîner sa perte.

En nous exposant les détails de la bataille, cette bande dessinée nous permet de comprendre au mieux les difficultés rencontrées. À une époque où les ordres étaient encore transmis à l’aide de billets écrits à la hâte et expédiés par des estafettes sans être certains qu’ils arrivent à temps et qu’ils soient bien compris car très succincts, la coordination des manœuvres était compliquée. La chaîne de commandement était souvent brisée. Le sort des troupes était lié à l’initiative et à l’expérience des officiers esseulés et dépourvus d’informations indispensables. Tous ces éléments sont parfaitement décrits ainsi que la panique engendrant ordres et contre-ordres générant le désordre transformé rapidement en déroute.

Le dessin est proche du style de Christian Rossi dont le dessinateur est le disciple. On peut également remarquer quelques similitudes avec le dessin de Giraud (période Le Cheval De Fer) dont le lettrage et la mise en couleur sont assez proches. Enfin, un dossier agrémenté de photos, peintures et surtout d’une carte permettant de bien situer les lieux et positions des troupes complètent les informations.

(par David SPORCQ)

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Code EAN : 9782344040683

La véritable histoire du Far West Glénat ✏️ Antoine Giner-Belmonte 🎨 Christophe Regnault à partir de 10 ans Western
 
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12 Messages :
  • On est très loin de Rossi et plus encore de Giraud. Relire plutôt l’histoire du Far-West des éditions Larousse (il y a seulement 40 ans) avec plein d’immenses dessinateurs italiens, espagnols et quelques français excellents aussi.

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    • Répondu par DAVID SPORCQ le 10 mai 2023 à  09:02 :

      Bonjour,
      "Little Big Horn" aux éditions Larousse dans la collection que vous évoquez était dessiné et scénarisé par Paolo Eleuteri-Serpieri. Excellent dessin mais cet épisode ne comprenait que 20 pages (661 à 680) et détaillait par conséquent moins les événements.

      On est loin de Giraud mais on y remarque quelques similitudes et notamment dans le lettrage.

      Merci de nous lire et pour votre commentaire.

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      • Répondu par Milles Sabords le 10 mai 2023 à  19:15 :

        Au contraire, le dessin de Giner-Belmonte reste dans la lignée de Giraud, Rossi, Girod, Rouge, Swolf ou Blanc-Dumont. Pour avoir parcouru l’album, seul la colorisation fait défaut, avec son côté rétro/vintage façon années 80. Sur la page Facebook du coloriste, on s’aperçoit qu’il voulait prendre une autre direction, surtout sur la couverture, dommage que l’éditeur ne lui a pas laissé carte blanche. Au final, cela reste un Western de très bonne facture et un dessinateur à suivre...

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        • Répondu le 11 mai 2023 à  22:14 :

          Faut vous acheter des lunettes si vous considérez que ce dessinateur rivalise avec Giraud ou Rossi…

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          • Répondu par Milles Sabords le 12 mai 2023 à  06:41 :

            Je conseille vivement de regarder les planches n&b des Maîtres de White Plain ; Giner-Belmonte y démontre toute sa pleine mesure dans l’héritage de ce style d’encrage façon Giraud/Rossi, époque La mine de l’Allemand perdu ou la série Jim Cutlass.

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            • Répondu par didier capmartin le 13 mai 2023 à  07:19 :

              antonio hernandez palacios a été oublié dans les dessinateurs évoqués plus haut ; un épisode de" mac coy"
              relate cette bataille célèbre entre la coalition indienne et le 7ieme de cavalerie us de même dans" le sentier de la guerre" j’ai bien aimé le dessin de didier pagot dans l’épisode " little big horn river" ;

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              • Répondu par Milles Sabords le 13 mai 2023 à  09:44 :

                Je ne l’ai pas cité, tout comme les excellents Hermann, Mezzomo, Kordey, Bonhomme, Bourgne, Toppi, Serpieri, Marcello, Rosinski, Boucq, Marini, Armand, etc, car leurs styles s’éloignent de celui de Giraud pour apporter une autre vision du western. Citons au passage, Meyer, Taduc, Pellerin, dignent héritiers du style Giraud tout comme Giner-Belmonte. Il y a aussi Gastine et Astier, à la croisée des styles. En effet, Pagot s’en sort très bien dans le style western et sa double-page de la bataille est juste, monumentale !

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                • Répondu le 13 mai 2023 à  23:32 :

                  Il y a à boire et à manger dans votre liste… des très très bons et le ventre mou de la profession. Par ailleurs, classer Pellerin parmi les héritiers de Giraud n’est pas sérieux, mais vous ne vous êtes probablement pas relu.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 14 mai 2023 à  09:40 :

                    J’ai surtout répertorié des auteurs Western suivant des styles qui n’ont rien à voir avec l’école Giraud et sa façon très singulière de jouer avec la hachure comme type d’encrage. Même si le style de Pellerin a évolué sur sa série phare L’Épervier, pendant bon nombre d’années à ses débuts pour Ouest France ou sur Barbe-Rouge, il était dans les pas de Giraud. Aujourd’hui, Corentin Rouge, Taduc, Ralph Meyer, Giner-Belmonte, pourrait sans problème faire du Blueberry. Je ne vois pas dans ma liste ce que vous appelez avec dénigrement le « ventre mou de la profession »…

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                    • Répondu le 15 mai 2023 à  13:59 :

                      Corentin Rouge, Taduc, Ralph Meyer, Giner-Belmonte, pourrait sans problème faire du Blueberry, mais ce serait très en dessous du niveau de Gir. Ce n’est pas parce qu’on chope quelques gimmicks d’encrage en hachures au pinceau qu’on peut rivaliser avec un dessinateur de la trempe d’un Jijé ou d’un Giraud. Toute cette génération que vous citez sont seulement des suiveurs qui ne boxent pas du tout dans la même catégorie. Et pour la plupart, qui sont des gens humbles, ils sont les premiers à le reconnaître.

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                      • Répondu par Milles Sabords le 15 mai 2023 à  20:07 :

                        Ce sera toujours mieux que le Blueb de Sfar/Blain.

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                        • Répondu le 16 mai 2023 à  10:16 :

                          Hélas, même pas sûr… mais c’était faible, je suis d’accord.

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