Monk ! Thelonius, Pannonica… Une amitié, une révolution musicale - Par Youssef Daoudi – Ed. Martin de Halleux

5 janvier 2019 0 commentaire
  • Simultanément publié aux USA par First Second et en France par Martin de Halleux, ce fort volume de 352 pages dévoile le lien passionnel entre le célèbre musicien de Jazz et Pannonica de Koenigswarter, sa mécène et admiratrice passionnée, sans laquelle Monk n’aurait pas eu l’éclat qu’il a aujourd’hui.

Theolonius Monk (1917-1982) est un pianiste et un compositeur de jazz de génie. On lui doit quelques-uns des plus grands standards du genre et surtout un style d’interprétation qui a sidéré tous les grands musiciens de son époque. Jouant au début des années 1940 dans un club de jazz de Harlem, le pas très sociable Theolonius accroche l’œil et l’oreille des plus grands musiciens de son époque : Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charlie Parker, Miles Davis, John Coltrane… En 1947, il enregistre pour Blue Note.

Monk ! Thelonius, Pannonica… Une amitié, une révolution musicale - Par Youssef Daoudi – Ed. Martin de Halleux

Marié, père de famille, sa carrière est tracée mais en 1951, il est arrêté dans la voiture de Bud Powell en possession de cannabis. Refusant de dénoncer son ami, il écope de la taule, mais surtout se voit confisquer sa carte lui permettant de jouer dans les clubs de New York. Il passe quelques années à composer et à jouer pour des théâtres et s’envole pour l’Europe où il fait une rencontre décisive avec Pannonica de Koenigswarter.

Héritière fantasque de la branche anglaise des Rothschild, cette jeune femme est passionnée de jazz. Son grand appartement de New York est ouvert à tous les grands artistes de ce genre musical. Charlie Parker vient mourir chez elle le 12 mars 1955. Elle comprend immédiatement le génie de Monk et ils resteront, sa vie durant, des intimes. Il vit d’ailleurs les six dernières années de sa vie auprès de « Nica » et décède chez elle le 17 février 1982.

Ayant récupéré en 1957 sa carte lui permettant de jouer dans les clubs, Monk enchaîne enregistrements et concerts avec les plus grands. Son style improvisé, relâché, où il s’autorise parfois quelques fausses notes, déconcerte, mais les vrais musiciens de son auditoire décèlent tout ce que cette manière moderniste de jouer a de novateur. Certains de ses morceaux sont devenus des standards du Jazz et son influence se fait ressentir encore aujourd’hui.

Youssef Daoudi, dessinateur et scénariste, a choisi de faire de sa biographie un récit « jazzy ». D’abord en le donnant à voir à travers les yeux émerveillés de sa mécène, Pannonica, qui parle de lui mieux que quiconque.

Le fil du récit est comme l’un de ses concerts : syncopé, brillant, ponctué de solos improvisés. Il y a un rythme, un souffle, un esprit habité. Et un trait, pas toujours très habile, mais parfaitement sincère, qui restitue bien le caractère énigmatique du personnage et qui, surtout, a la vertu de donner envie à écouter sa musique.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Monk ! Theolonius, Pannonica… Une amitié, une révolution musicale - Par Youssef Daoudi – Ed. Martin de Halleux — Traduit de l’anglais (américain) par Nicole Ball.

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