Un projet de Centre d’Imagerie Populaire à Paris.

1er août 2004 0
  • En janvier de cette année, un quarteron d'amateurs éclairés lançait, sous la houlette d'Yves Frémion, une association, « de préfiguration d'un Centre International de l'Imagerie Populaire, du Dessin Imprimé et du Patrimoine sur Papier ». Rebaptisée depuis peu « Les Papiers Nickelés », comme son organe trimestriel, son but est de créer à Paris un centre de préservation de la culture dessinée.

Et elle en a besoin ! Comme le constate son fondateur, alors que l’Internet abolit certains emplois du papier comme support au dessin, le patrimoine créatif imprimé disparaît à vue d’oeil, faute d’une politique de conservation cohérente.

Un projet de Centre d'Imagerie Populaire à Paris.
Papiers Nickelés N°1

De nombreux héritiers d’artistes ne savent que faire des œuvres dont ils sont les dépositaires », constate Yves Frémion. Le plus souvent, en effet, elles pourrissent dans des caves et des greniers. Quant aux droits d’auteurs qui y sont attachés, ils appartiennent parfois à des organismes caritatifs, comme la SPA en ce qui concerne Jean Effel, par exemple, qui les gèrent comme ils le peuvent. Le romancier et spécialiste de la BD, très actif au sein des Verts, affirme que de nombreux artistes déclarent jeter des œuvres chaque année, faute de place. Il insiste par ailleurs sur le fait que les structures actuelles ne sont pas adaptées à la réalité moderne : « Un artiste d’aujourd’hui a tendance à travailler pour tous ces supports (affiche, presse, BD, Illustration, petite imagerie...) mais nulle part, la cohérence de ce travail n’est prise en compte. »

Yves Frémion
En train de pourrir la vie à Roselyne Bachelot. Photo : DR.

L’année dernière, nous faisions également ce constat pour la Belgique, raison principale de notre « carte blanche » publiée dans le quotidien belge « Le Soir ». Si la BD est clairement sectorisée et jouit à Angoulême comme à Bruxelles de centres actifs, ceux-ci n’ont pas, faute de moyens, l’occasion de mener une politique de conservation de proximité. Comme les pouvoirs publics ont décidé de décentraliser à Angoulême le dépôt légal de la BD, il n’y a plus, à Paris, de centre de consultation de collections de BD disponible. Pour les chercheurs parisiens, Bruxelles est finalement le lieu le plus proche où cette collection existe, à 1h20 de la capitale, en TGV. Et les collections bruxelloises, entretenues avec beaucoup de mérite et une majorité de fonds privés, ignorent l’illustration, l’affiche, le dessin de presse, la publicité, la carte postale... Le projet du CIP est, notamment, de numériser un grand nombre de ces documents afin de les rendre accessibles aux chercheurs et aux curieux.

L’association est constituée de permanents de qualité : Yves Frémion déjà cité, écrivain, élu, collaborateur du mensuel Fluide Glacial, le bibliothécaire et documentaliste (et accessoirement éditeur) Philippe Marcel, le bouquiniste et secrétaire de la revue Le Collectionneur de BD Jacques Bisceglia, l’éditeur du prozine PLG Philippe Morin, notre confrère le journaliste Laurent Mélikian. On en passe et des meilleurs. Elle a obtenu le soutien de nombreux artistes et plus de trois cents signatures parmi lesquelles on relève les plus grandes figures du métier.

Deux numéros de leur organe de liaison, Papiers Nickelés, sont d’ores et déjà parus. Encore disponibles, bourrés d’informations, vous pouvez les acheter auprès de l’association et, ce faisant, soutenir une cause nécessaire et juste.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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CIP C/°Frémion, 66 rue Julien Lacroix - 75020 Paris. Email : Mathieu-dessins@wanadoo.fr ou bisceglia-jazz@wanadoo.fr - Téléphone : 06 71 49 25 87.
Adhésion : 30€/an - Bienfaiteur : 50€/an - Abonnement à la revue (4 numéros / an) :15€. Chèques avec vos coordonnées complètes à l’ordre du CIP à envoyer à : Jacques Bisceglia, Les Erables, 36 rue de Picpus - 75012 Paris.

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