"Vivre ensemble" : le grand détournement d’Ilan Manouach

25 avril 2009 0 commentaire
  • Expérience narrative extrême, {Vivre ensemble} permet à son auteur, Ilan Manouach, de se livrer à un grand détournement. Toute ressemblance avec une bande dessinée danoise pour la jeunesse, n’est absolument pas fortuite.

Difficile de trouver un équivalent à ce drôle de projet, même si le détournement de bande dessinée n’est pas un procédé nouveau. Ludique, il est parfois un point de départ pour les artistes en herbe. On se souvient d’ailleurs que Blutch, prochain président du festival d’Angoulême, confessait, il y dix ans dans Le Petit Christian, ses caviardages enfantins sur de vieux épisodes de Mickey. Plus récemment, un exercice oubapien de François Ayroles remplaçait le texte d’un épisode de Michel Vaillant par une démonstration sur la narration séquentielle.

Sur le principe de la disparition d’un ou plusieurs éléments, le travail de Martin Vaughn James sur l’album La Cage (réalisé en 1986 et actuellement disponible aux Impressions Nouvelles) fait figure de pionnier. L’auteur y faisait disparaître l’entièreté des êtres vivants pour ne dessiner que décors et paysages.

Dans Vivre ensemble, Ilan Manouach élimine tous les personnages sauf un. Il conserve les décors, et les dialogues, rendant la bonne humeur initiale de cette aventure de Petzi à la Ferme complètement obsolète. L’auteur, par ailleurs musicien de jazz, applique ici des modes d’ellipses particulièrement radicaux. Expérience narrative sur la solitude, Vivre ensemble ne dénotera pas dans le catalogue des laborantins de La Cinquième Couche. Ce livre sera disponible en librairie en mai 2009.

"Vivre ensemble" : le grand détournement d'Ilan Manouach
Un extrait de "Vivre ensemble", d’après un album de Petzi
© Manouach - La Cinquième Couche (d’après "Petzi" de Hansen © Casterman)

(par Morgan Di Salvia)

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