Zwarthoek - Par Cyril Elophe, Benoît Henken et Stéphane Taquet - éditions Vide Cocagne

21 novembre 2020 0 commentaire
  • Sorti le 22 octobre dernier, quelques jours seulement avant le confinement de novembre, Zwarthoek fait partie de ces BD à ne surtout pas oublier ! Un polar noir (voire très noir), mêlant science-fiction et humour absurde, une pépite façonnée et polie par le trio Cyril Elophe (dessin), Benoît Henken et Stéphane Taquet, à découvrir aux éditions Vide Cocagne.

Alors qu’est-ce que Zwarthoek ? Derrière ce titre à la prononciation compliquée (qui signifie : « Le coin noir ou sombre » en néerlandais), se tient un objet littéraire non-identifié où l’on apprend qu’un détective privé se définit par son chapeau, qu’il suffit d’une soucoupe volante pour instaurer une ère de chaos, et même que le monochrome de Klein recouvre probablement une vision des abîmes sous-marins de l’artiste.

Sacré programme me direz-vous ! Mais n’ayez crainte la bande d’énergumènes peuplant l’album est là pour vous guider. Tout d’abord, Louis, l’homme au chapeau quelque peu niais et surtout pas détective pour un sou, toujours accompagné de son ami Raymond. Ce dernier a pour principale qualité d’arriver à tirer profit de n’importe quelle situation. Quelqu’un a dit opportuniste ?

Zwarthoek - Par Cyril Elophe, Benoît Henken et Stéphane Taquet - éditions Vide Cocagne
Gus, son grand œuvre et Bart, son ami galeriste
© éditions Vide Cocagne
Louis, simili-détective chapeauté et son partenaire Raymond
© éditions Vide Cocagne

Les deux compères, attablés en terrasse d’un café, sont abordés par la belle Olive. Ils doivent partir à la recherche de la sœur de la mystérieuse jeune femme, Prune, récemment disparue dans le Zwarthoek, zone citadine de non-droit où plus aucune machine ne fonctionne depuis l’apparition d’une soucoupe volante au-dessus de la ville quatre ans plus tôt.

Ni une ni deux, voilà nos deux apprentis détectives en route. Débute un périple qui les mène jusqu’à Gus, artiste en peignoir façon The Dude, et son ami et galeriste, Bart. Comment ce second duo peut-il être bien lié à l’affaire qui nous intéresse ? Si vous pensez que le mystère s’épaissit, préparez-vous… À chaque recoin du Zwarthoek son trublion ! Des fanas de vélo aux pillards, en passant par une drôle d’équipe à la recherche de la lumière. Une expédition en soi !

Si Zwarthoek est riche de personnages hauts en couleurs et bien caractérisés, les constructions de pages de Cyril Elophe le sont tout autant. En effet, l’artiste, pour rendre visuellement toute la saveur des dialogues et situations, opte pour un gaufrier extrêmement malléable qu’il va tordre et retordre pour notre plus grand plaisir (sans oublier quelques pleines pages très réussies servant la rythmique du récit).

© éditions Vide Cocagne
© éditions Vide Cocagne

Si nous cherchions à interpréter et sur-interpréter Zwarthoek, nous pourrions y voir l’évidente critique d’une hyper-technologie reine. Pourquoi pas même un questionnement face au "first contact", thème si cher à la SF, à la façon du Dead Dead Demon’s DeDeDeDe Destruction d’Inio Asano ou encore la novella Story of your life de Ted Chiang portée au cinéma par Denis Villeneuve en 2016.

Problème, cela placerait d’office l’excellent récit que nous chroniquons ici dans un ou des courants très actuels de la science-fiction. Ce serait dommage car réducteur : Zwarthoek est avant tout un récit rafraîchissant qui se joue des codes du genre pour mieux se les approprier sans jamais perdre le fil de son propos. Vous l’aurez compris, c’est une lecture hautement recommandée en ces temps troublés !

(par Thomas FIGUERES)

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Zwarthoek - Par Cyril Elophe, Benoît Henken et Stéphane Taquet - éditions Vide Cocagne - 96 pages couleur - 18x24cm - Couverture cartonnée - Sorti le 22 octobre 2020 - Prix : 19 euros

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