Damien Marie : "Toutes les intolérances doivent être combattues d’une façon ou d’une autre."

15 mars 2013 0 commentaire
  • Damien Marie, scénariste chez Vents d'Ouest, Bamboo dans la collection Grand Angle, Soleil, ou encore Dupuis, participe au troisième tome du collectif {En chemin elle rencontre...} sur l'égalité femme - homme, aux éditions Des ronds dans l'O.

Pourquoi avoir participé à ce collectif ?

Damien Marie : "Toutes les intolérances doivent être combattues d'une façon ou d'une autre."D’abord parce que Marie [1] me l’a proposé et que l’ambition de ce collectif me parle. La parité homme/femme est une évidence que l’intelligence humaine devrait pouvoir appliquer sans même avoir à y réfléchir ; elle est naturelle.
Mais force est de constater que ce n’est pas le cas. Les injustices, dans les petites phrases du machisme quotidien aux inégalités professionnelles profondément ancrées, sont des violences qui devraient être d’un tout autre siècle.
Et toutes les lies d’intolérance doivent être combattues d’une façon ou d’une autre. La démarche de Marie m’interpelle. Elle nous propose de donner visage à des maux sociétaux, un travail qui nous permet de réfléchir sur la question de savoir comment naissent, grandissent et se pérennisent ces travers.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour parler de la violence économique dans le couple ? Vous êtes-vous basé sur des histoires réelles ?

Marie devait me proposer des témoignages de violence économique dans le couple, mais n’a pas trouvé de femmes acceptant de s’exprimer.

À la différence de la violence physique, cette violence est lancinante, assez difficile à reconnaître. Elle est intellectuelle et stratégique ; il est difficile de définir quand elle commence, quels sont ses fondements et à quel moment on en devient esclave.

J’ai donc fait appel à ma propre analyse du principe de soumission financière et inventé l’histoire de Nadia et Édouard. Je n’ai pas cherché à construire une histoire fantastique. Je l’ai voulue la plus factuelle possible : exposer les faits, les étapes avec une exactitude métronomique la plus réaliste possible et poser le cadre dans un contexte familial plutôt aisé et instruit.

Je n’ai pas cherché à faire un exercice d’écriture « d’auteur », mais j’ai tenté de permettre à ces personnes qui n’ont pas voulu témoigner de se voir, de se reconnaître dans une situation qu’elles n’ont peut-être pas réussi à définir parce que notre société a normalisé cet état.

Extrait de "Cage", par Damien Marie et Marc-Renier
© Des ronds dans l’O

Pensez-vous que ce récit puisse être utile ?

Les personnes à qui j’ai raconté ce récit, les amies à qui je l’ai fait lire, ont presque toutes eu une histoire à me raconter juste après – une histoire propre ou la mésaventure d’une amie . Ce récit me semble utile dès lors qu’il permet de reconnaître et de visualiser une situation anormale, c’est en tout cas dans ce but que je me suis appliqué.

Extrait de "Cage", par Damien Marie et Marc-Renier
© Des ronds dans l’O

Votre complice Damien Vanders (Back to Perdition, Welcome to Hope, Parce que le Paradis n’existe pas) fait également partie des auteurs présents dans ce collectif...

Damien fait partie de ce collectif depuis le tome 1 et nous partageons les mêmes valeurs. La démarche de En chemin elle rencontre... ressemble à celle des albums que nous avons développés ensemble : nous avons tenté de décrypter des visages odieux pour appréhender les mécanismes de l’intolérance (racisme, violence, cupidité, etc.).

Quels sont vos prochains projets ?

J’ai participé à une expérience d’écriture à huit mains (Galandon, Félix, Berlion et moi) initiées par Hervé Richez – Grand Angle : l’histoire d’une famille sur quatre générations dont l’aîné meurt systématiquement l’année de ses 33 ans. Le dénouement de La Lignée 33 arrive enfin avec le tome 4 – Diane et David 1994 - prévu dans les bacs le 24 Avril prochain.

Je travaille, avec Karl T., sur l’histoire de Thérèse Figueur, la seule femme dragon de l’armée napoléonienne – Thèrèse, Dragon à paraître chez Vents d’Ouest, début 2014.

Dans mes veines tome 2 continue de s’encrer sous la plume de Sébastien Goethals et devrait aussi voir le jour, chez Grand Angle, début 2014.

Après une année sans quasiment plus écrire pour des raisons qui me sont propres, le clavier me démange à nouveau et je finalise un nouveau projet qui me tient à cœur… Dont je ne peux pas parler encore ici.

(par François Boudet)

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