Décès de Mort Walker, le dessinateur de « Beetle Bailey »

3 février 2018 6 commentaires
  • Parce qu'il est mort un 27 janvier, à l’âge de 94 ans, en plein festival d’Angoulême qu'il visita notamment en 2010, nous n’avons pas rendu encore hommage à ce grand auteur du comic strip américain, un homme qui a grandement œuvré aussi pour la reconnaissance de la bande dessinée dans son pays.

Sa grande œuvre, c’est Beetle Bailey, une bande dessinée publiée pour la première fois le 4 septembre 1950, mettant en scène dans bidasses dans un camp d’entraînement américain au moment où l’Oncle Sam s’apprêtait à entrer dans la guerre de Corée, avant celle du Vietnam, et qui fut diffusée dans plus d’une cinquantaine de pays au travers de 1800 journaux. Beetle Bailey avait été notamment publié en France en 1971 dans Charlie Mensuel et en 1974 dans Spirou.

Addison Morton Walker, alias Mort Walker, était né le 3 septembre 1923 à El Dorado au Texas et descendait de l’un des pionniers américains du Mayflower. Son fils Brian a confirmé son décès dans sa maison de Stamford, dans le Connecticut, à l’âge de 94 ans. C’était, dans les années 1950-1980, l’un des piliers de la King Features Syndicate, l’agence de presse fondée en 1915 par le tycoon de la presse William Randolph Hearst.

Décès de Mort Walker, le dessinateur de « Beetle Bailey »
L’évolution des strips de "Beetle Baily"
© King Features Syndicate

Souvenirs de l’armée

Il fit ses classes dans l’armée américaine sur le front d’Italie en 1943 avant de finir ses études en dirigeant la revue son université dans le Missouri. Fournissant ses premiers dessins d’humour au Saturday Evening Post, il devint l’un des principaux contributeurs de KFS avec Beetle Bailey et une spin-off de cette dernière série, Hi and Loïs, dessinée par Dick Browne, le futur créateur de Hagar du Nord, au style de dessin très proche.

Beetle Bailey
© King Features Syndicate

En 1974, il ouvrit, sur la suggestion d’un journaliste, à Greenwich dans le Connecticut, l’un des premiers musées de la bande dessinée dans le monde. La collection comporta jusqu’à 200.000 planches originales venues de 50 pays, plus de 10.000 ouvrages et environ un millier d’heures de dessins animés. Le musée déménagea ensuite à Rye Brook, dans l’État de New York, puis Boca Raton en Floride en 1992 avant de fermer ses portes en 2002.

On parla un temps de le relocaliser sous un autre nom, The National Museum of Cartoon, pour l’installer à New York au pied du célèbre Empire State Building, à l’endroit même où la Marvel, sous le nom de Timely, fit ses débuts. Mais le projet ne se réalisa pas. Le fonds est semble-t-il aujourd’hui géré par le Billy Ireland Cartoon Library and Museum de l’Ohio State University.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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6 Messages :
  • Comme tu le dis si bien, Didier, Beetle Bailey fut aussi bien publié dans les pages de Spirou que dans celles de Charlie-mensuel. Cela prouve qu’il touche et fait rire les publics de tout âge. Urban Comics vient de terminer Hägar Dünor de Browne, dans une collection irréprochable, il serait temps que ce comique troupier de bon aloi (car Beetle Bailey est antimilitariste, comme le Blutch de Cauvin) débarque à nouveau dans nos librairies, au moins pour nous sauver de la morosité ambiante ! Pas forcément une intégrale, cela prendrait trop de place sur nos étagères, mais au moins quelques compils en forme de best-off !

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  • 1950, c’est la guerre de Corée et pas du Vietnam

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 février à  01:13 :

      Effectivement, en 1950, c’est la Guerre de Corée.

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    • Répondu par lartigau le 5 février à  19:45 :

      Je dirais même plus : c’est la guerre de Corée.

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  • spin-off = série dérivée, en français

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  • BB est un petit bijou du comic strip qui reste intemporel tant sa critique du militarisme est universelle.

    Il est intéressant de savoir qu’à l’origine, Bailey n’était pas du tout soldat ! La série a commencé comme étant une histoire centrée sur un jeune étudiant un peu faineant et ses amis de campus.

    Mais la série n’avait guère de succès alors : à l’époque, rare étaient les américains qui allaient en fac et les lecteurs ne s’intéressaient pas à ce milieu.

    Menacé de voir la série supprimée malgré son potentiel, Walker a donc fait en sorte de changer de milieu : Bailey s’engage dans l’armée après avoir été mis au défi de le faire par des amis mobilisés pour la guerre de Corée.

    L’ US army ne savait pas ce qui allait lui tomber dessus...

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