Hillbilly : la nouvelle révélation créée par Eric Powell

10 février 2018 0 commentaire
  • Hillbilly arpente une Amérique de style colonial, où les armes à feu n'existent pas encore, à l'inverse des créatures fantastiques et démoniaques, et où la frontière entre la réalité et la fiction, est aussi mince que le fil du hachoir maudit de notre vagabond chasseur de sorcières.

D’entrée de jeu, le ton est donné : Hillbilly sera glauque, ou ne sera pas ! Nous pénétrons dans une vieille Amérique, près des Appalaches, où notre héros a grandi en exclu, en bâtard, rebut de la société, né sans yeux d’une fille-mère, sans mari ni argent. Rondel de son vrai nom, est un Hillbilly, un habitant des montagnes. En argot, cela peut même signifier "bouseux" ou "péquenot"...

Rien ne le prédestinait à la célébrité, pourtant ses légendes se transmettent partout et à chaque instant. Il incarne ce vagabond aveugle, dont les yeux noirs comme le néant pleurent des larmes tout aussi sombres : le porteur du hachoir des enfers, cet ustensile de cuisine que le Diable lui-même utilisait pour pourfendre les corps des âmes damnées. Est-ce cette lame qu’il nomme Lucille ? Comme la batte de baseball du personnage de Negan dans The Walking Dead ? Non, Lucille, ici est un ours gigantesque, doté de parole comme tous les animaux de ce comics. Parce que la magie est partout. Aucune frontière entre le monde des sorcières, des démons, des gobelins... et des hommes. Un trou dans la souche d’un arbre peut vous mener en enfer. Un arbre peut devenir mangeur d’hommes... Et les ensorcellements sont légions.

C’est dans cet univers complexe que Rondel traque les sorcières, afin de réaliser sa vengeance. Car, nous l’apprenons dans la première histoire de ce recueil en cinq chapitres : il a perdu sa mère par la faute d’une sorcière qui s’est joué de lui alors qu’il n’était qu’un enfant. Pour ce méfait, toutes périront de sa main... Ou plutôt de son hachoir de l’enfer !

La qualité graphique est, comme on peut l’attendre d’Eric Powell, glauque, sombre, et les visages sont marqués et creusés par l’existence. Notons la particularité des enfants qui semblent parfois atteints de progéria, tant ils ont l’air vieux. Mais l’allure de notre héros fait oublier ce détail. Rondel en impose avec ou sans Lucille à ses côtés. Un trait similaire au Père la Mort, dans Croquemitaines de Salvia et Djet, mais avec la puissance caractérisée d’Eric Powel, et l’univers qu’il retranscrit dans cette saga. Déjà flamboyant pour son titre Big Man Plans, l’auteur de The Goon nous en met une fois encore plein la vue !

À n’en pas douter, un bijou macabre et maléfique pour vos étagères, avec en bonus un carnet de croquis commenté par l’auteur en fin d’ouvrage, afin de découvrir les coulisses de cette nouvelle saga, de sa naissance à sa conception.

Hillbilly : la nouvelle révélation créée par Eric Powell
©Eric Powell / Delcourt Comics

(par Marc Vandermeer)

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- Hillbilly T1. Auteur : Eric Powell. Éditeur : Delcourt Comics. 96 pages. Sortie : le 24 janvier 2018. Prix : 15,95 euros.

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