60% de croissance pour la BD en 2021 : le triomphe de la jeunesse

  • On n’avait jamais vu cela. Même Gilles Ratier dans ses années les plus enthousiastes n’avait osé espérer un tel succès. La BD a atteint en 2021, en France et en Belgique, un niveau de croissance inouï tant en termes de chiffre d’affaires (889 millions €, +49% par rapport à 2020, une année déjà en progrès de 6% avant la crise du Covid) qu’en volume (85,1 millions d’exemplaires, +59%), ce qui lui permet d’accéder à la deuxième place du marché du livre en France : 24% contre 25% du marché pour la littérature générale. La BD est N°1 en Belgique (+45%). Les moteurs de la croissance ? Le manga (+107%), la jeunesse, avec "Astérix" et "Mortelle Adèle" (+34%), la BD de genre avec "Blake et Mortimer" et "Le Jeune Acteur" (romans graphiques, SF, Polar, documentaire, etc. : +20%), voire le comics (+18%). Mieux : le marché a recruté 1,5 millions d’acheteurs de plus qu’en 2020, soit 7,2 millions de bédéphiles. Une croissance continue depuis 2016. Les raisons ? C’est précisément ce que l’on va vous expliquer.

Il s’est vendu en 2021 en France en moyenne plus d’un million de BD par semaine avec une saisonnalité reccord avec les autres années, sauf en fin d‘année qui affiche un pic de 4 millions d’exemplaires vendus par semaine, soit 1,5 millions de plus que l’année d’avant, ce qui explique partiellement que les distributeurs aient eu des soucis logistiques durant les fêtes…

60% de croissance pour la BD en 2021 : le triomphe de la jeunesse

La belle saison des mangas

Ce sont évidemment les mangas qui remportent la palme avec une croissance extraordinaire de +107% (+55% en volume), alors qu’ils croissaient de +18% l’année d’avant (+6% en volume.) Plusieurs raisons à ce « boom ».

D’abord l’arrivée en masse des nouvelles plateformes de diffusion des animes, dopées par le confinement des familles en télétravail. Impossible de résister dès lors à l’achat d’un abonnement pour accéder aux plateformes ADN, Wakanim ou encore Crunchyroll, pour des tarifs entre 50 et 65€ par an, mais aussi Disney+ avec ses créations familiales et intergénérationnelles (Disney, Pixar, Marvel, Star Wars…), Netflix et Amazon Prime Video.

Les mangas. Un marché désormais trangénérationnel.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

C’est un public jeune qui a davantage l’habitude que ses aînés d’une consommation en ligne, laquelle a encore de beaux jours devant elle quand on pense aux webtoons (déjà plus d’un million de consommateurs en France et 15 millions aux USA) ou à de nouveaux acteurs comme Mangas.Io qui propose une offre d’abonnement à moins de 8€. À titre de comparaison, le e-commerce en Chine touche 50% des jeunes contre seulement 13% en France.

La jeunesse constitue 80% des ventes
Chiffres FIBD/GfK

Et puis il y a le Pass Culture qui a, comme on le sait, massivement profité aux mangas. « Du moment que les jeunes lisent… » dit la Ministre de la Culture. Ben oui…

Il y a enfin le tarif des mangas qui maintiennent le prix de la BD à un seuil abordable pour les jeunes, tandis qu’en dix ans, le prix moyen des romans graphiques, qui ont progressé sur cette période de +24%, a cru, selon GfK, que de 3%. Cela reste très modeste.

Cela dit, la hausse de l’inflation sur les matières premières (papier, encre…) et sur les transports devrait avoir un impact sur le prix des mangas et des albums dans un terme assez court, ce qui devrait freiner cette incroyable croissance.

Une hausse continue depuis plus de dix ans.
Chiffres FIBD/GfK

Duel entre Astérix et Mortelle Adèle

Et puis il y a "le phénomène Mortelle Adèle" (qu’attend L’Express pour en faire une Une ?) dont les ventes en cumul dépassent les 2 millions d’exemplaires vendus en 2021, plaçant 13 titres dans le top 50 des ventes.

Astérix est dépassé ? Pas encore puisque, selon Céleste Surugue, son éditeur, Astérix et le griffon est le troisième titre en croissance de la série depuis le fléchissement d’Astérix et la transitalique avec un total de 2,4 millions d’albums vendus tous réseaux confondus (GfK passe à côté de certains secteurs de vente touchés par Astérix), si l’on tient compte du fonds dont les ventes progressent de 12% en 2021 (862 000), avec une vente moyenne au titre qui oscille entre 30 et 45 000 exemplaires. En Allemagne, la nouveauté d’Astérix a progressé de 7% par rapport à 2020 et le fonds de même, tandis que le Parc Astérix, quand il était ouvert, a affiché des entrées records. L’arrivée prochaine de nouveaux dessins animés d’Astérix sur Netflix devrait encore donner des couleurs à cette licence, qui est loin de baisser la garde. Xavier Guilbert, l’éminent commentateur du site Du9, qui guette depuis des années le déclin d’Astérix devra encore attendre…

Ce qui frappe dans le Top 50, c’est le N°1 de Mortelle Adèle qui date de 2012 (il y a depuis 18 albums parus...) et qui vend cette année plus de 200 000 exemplaires, ce qui laisse augurer quelques records à venir.

Un secteur tonique

Ce que nous disent encore les chiffres GfK, c’est qu’il a plus d’éditeurs de BD qu’il y a dix ans (+33% depuis 2011), que les séries à succès ont encore plus de succès (x3 depuis 2011) et que le fonds tourne à fond, comme on a pu le voir avec Mortelle Adèle et les mangas.

C’est aussi, avec les mangas, Mortelle Adèle, Les Légendaires, mais aussi un roman graphique comme Le Jeune Acteur de Riad Sattouf, un album qui parle aux jeunes, le triomphe des jeunes consommateurs, au détriment des « vieilles » séries franco-belges bien que le Blake et Mortimer de Jean Van Hamme a très bien tenu la route (autant que One Piece, pour un prix bien plus cher). C’est bien la preuve que les vieilles carnes (je ne parlais par de Jean Van Hamme dont on ne doit pas oublier qu’en ventes cumulées il rivalisait certaines années avec Uderzo, mais de ces personnages qui approchent des 80 ans) en ont encore sous le pied.

Jusqu’à 4 millions d’exemplaires par semaine !
Chiffres FIBD/GfK

On ne peut que redescendre ?

Mais oui, bien que les mangas et la BD jeunesse (c’est la même chose) n’ont aucune raison de baisser la garde : avec les comics, c’est 80% du marché. Le premier Mortelle Adèle avait comme titre : « Tout cela finira mal… » Mais pour l’espiègle gamine, jusqu’ici, tout va bien. La raison nous indique que toute progression a une fin, en principe. Mais il va du succès de la BD comme de cette pandémie, on n’en voit pas le bout.

Derrière "Astérix" Impérator, "Mortelle Adèle", phénomène du Top 50 des ventes
Chiffres Livres Hebdo/GfK

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Source : Datalib
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60 Messages :
  • C’est des super-chiffres ! Ça prouve la vitalité de notre moyen d’expression. Pour ma part, j’ai publié 2 albums en 2021. Le premier est un roman graphique que j’ai dessiné en collaboration avec un scénariste. On a vendu 10 000 exemplaires. Le second est un nouveau tome d’une série que je scénarise. Cette série marche assez bien. Les meilleurs tomes ont franchi le cap des 15000 exemplaires. J’adore mon métier. Je suis heureux de m’exprimer par des moyens artistiques. Sur toute l’année, j’ai gagné à peu près 500 euros par mois.

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    • Répondu par Je me demande le 31 janvier à  15:56 :

      10 000 exemplaires plus 15 000 exemplaires ça fait 25 000 exemplaires, si les bouquins sont à 12 euros ça fait 1 euro par exemplaire vendu (pour 8% de droits d’auteurs), soit 25 000 euros. 500 euros par mois ça ne fait que 6 000 euros sur l’année, même si vous partagez les 25 000 euros avec votre co-auteur, il vous reste 12 500 euros. Si vous ne touchez que 6 000 euros sur les 12 500 euros vous vous faites arnaquer quelque part.

      (par ailleurs je n’ai trouvé aucun bouquin sous votre nom)

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      • Répondu par kyle william le 31 janvier à  17:24 :

        Je tiens à ma vie privée et à continuer à travailler. Je touche des avances pour faire mes livres. Je ne touche jamais davantage que le montant de l’avance car je ne vends pas assez, Un roman graphique c’est 150 pages. Je touche une avance de 15000 euros. Il me faut 2 ans pour dessiner les pages. Ce qui me fait un fixe de 625 euros. Pour les scénarios, ce que je suis payé est inférieur au montant annuel de mes charges Urssaf et de mes impôts. Par ailleurs, entre les deux romans graphiques, je suis resté 6 mois sans contrat et je ne gagnais donc rien, car pas le droit au chômage. Ces 500 euros par mois sont donc une moyenne haute. Je ne témoigne pas pour me plaindre. Simplement pour informer de la réalité. Il faut vendre bien plus que ce que je fais pour vivre bien,

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        • Répondu par Je me demande le 1er février à  13:48 :

          Je touche des avances pour faire mes livres. Un roman graphique c’est 150 pages. Je touche une avance de 15000 euros.

          100 euros par page c’est un prix ridiculement bas, vous vous faites avoir.
          2 ans pour faire 150 pages c’est bien trop, si vous en faites une en deux jours ça ne prend qu’un an et c’est très faisable. Par pure curiosité (et puisque vous restez anonyme, ça n’engage à rien), combien d’heures de travail compte une journée pour vous ?

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          • Répondu le 1er février à  14:41 :

            Je me fais moins avoir que pas mal de mes jeunes collègues qui acceptent de dessiner des romans graphiques de 200 pages et plus pour 10000 euros, et pour rien du tout quand ils travaillent chez des indépendants. Pour ma part, 100 euros la page noir et blanc (et sans faire le scénario) est le prix en dessous duquel je refuse de baisser. Eh oui 2 ans pour dessiner 150 pages ça parait long et lent mais il faut comprendre qu’on fait d’abord un découpage, voire un story-board assez précis qui doit être validé par le scénariste et par l’éditeur, qu’il y a toujours des corrections à faire dessus et donc recommencer les pages, et même parfois refaire des pages définitives parce que le résultat n’est pas bon ou qu’on a changé d’avis après relecture etc… il faut aussi inclure les semaines passées à chercher de la documentation, parfois les voyages (non-défrayés) pour faire des repérages-photos, rencontrer des gens etc. Un livre c’est tout une aventure, pas seulement s’assoir et descendre des pages. Il y a enfin une exigence de qualité à avoir : si je dessine 5 pages par semaine, c’est moins bon, je fais des conneries et il faudra recommencer. Quand je suis bien lancé sur un découpage validé, j’essaye de faire 3 ou 4 pages par semaine. Dessiner bien 8 heures par jour m’est impossible. Je dessine en général 3 h le matin, je fais une sieste d’une heure l’après-midi, parfois deux ! Et je retravaille 3 ou 4 h le soir, parfois assez tard. Je travaille moins le week-end, je dirais 4-5 heures le samedi et 3h le dimanche.

            Répondre à ce message

        • Répondu par Auteur en action le 3 février à  10:54 :

          Je tiens à ma vie privée et à continuer à travailler.

          En quoi révéler que vous gagnez 500 € par mois vous empêcherait de continuer de travailler dans la bande dessinée ?

          Répondre à ce message

          • Répondu le 3 février à  15:01 :

            Vous vous vanteriez à visage découvert de ne gagner que 500 euros par mois, vous ?

            Répondre à ce message

            • Répondu le 4 février à  13:59 :

              Je ne vois pas la honte, d’autant que vous avez d’autres sources de revenus.

              Répondre à ce message

              • Répondu le 5 février à  14:56 :

                Je ne parle pas à la place de Kyle William mais il raconte qu’il gagne 500 euros dans la BD et 500 euros de loyers. Il est donc en dessous du seuil de pauvreté. On peut comprendre qu’il préfère l’anonymat. Il a d’ailleurs raison quand on voit qu’ici son témoignage déclenche plus de mépris que d’empathie.

                Répondre à ce message

                • Répondu par Auteur en action le 7 février à  13:34 :

                  S’il est vraiment en dessous du seuil de pauvreté en vendant 25 000 livres par an, il y a de quoi avoir la honte, parce qu’il se fait carrément avoir par son éditeur.

                  Répondre à ce message

                  • Répondu le 7 février à  15:58 :

                    Il n’a pas dit qu’il vendait 25000 albums par an, pas du tout même. Il a dit que son dernier a atteint les 10000, et que quelques uns des précédents sur lesquels il est scénariste ont fait 15000. Il dit enfin qu’il est obligé de changer d’éditeur après chaque album et qu’il reste parfois des mois sans contrat. Il décrit qu’il galère un peu quoi !

                    Répondre à ce message

                    • Répondu par Ted le 7 février à  17:14 :

                      Oui et en plus il est à moitié scénariste. Dessinateur c’est déjà mal payé mais alors scénariste… c’est peanuts si vous n’êtes pas un grand nom.

                      Répondre à ce message

    • Répondu le 31 janvier à  16:13 :

      Changez d’éditeur ! Visiblement, celui-ci est un escroc qui ne vous reverse pas vos droits d’auteur ou qui paie vos planches au lance-pierre. Un roman graphique vendu à 10 000 exemplaires aurait dû vous rapporter environ 6000 € (4% d’un prix de vente public de 15 €). Un album de 46 planches c’est environ une avance sur droits de 13 800 € pour le dessinateur (300 € la planche). Calculez, ces deux seuls albums auraient dû vous rapporter 19 800 €, soit 1650 € brut par mois. Auxquels vous pourriez ajouter la vente d’originaux, les commissions, les interventions scolaires... Il est impossible de ne gagner que 500 € par mois quand on est un dessinateur dont les BD se vendent correctement.

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      • Répondu par kyle william le 31 janvier à  17:30 :

        En dehors de ma série comme scénariste, je change d’éditeur à chaque bouquin puisque je ne vends pas assez pour qu’on me garde. Il me faut donc chaque fois convaincre un nouvel éditeur. Je les ai presque tous fait sauf les indépendants qui ne paient rien du tout. Les autres me paient à peu près pareil, tous moins bien qu’il y a 15 ans. L’album était mieux payé à la page que le roman graphique.

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        • Répondu par kyle william le 31 janvier à  17:47 :

          Vendre mes originaux ? Je n’y avais pas pensé. En fait si j’ai vendu une planche 200 euros à mon beau-frère. Défense de rire…

          Répondre à ce message

      • Répondu par Onomatopée le 31 janvier à  21:54 :

        Petite rectification... le pourcentage pour un auteur ne se fait pas sur le prix de vente public TTC d’un album, mais sur le prix de vente public HT d’un album. C’est dans tous les contrats d’édition. Et c’est encore pire lorsque l’on est payé au forfait, usage traditionnel dans le roman-graphique. Donc, un auteur ne perçoit pas l’équivalent de 1 euros par album vendu, mais plutôt entre 40 et 70 centimes. Il faut vraiment en vendre des wagons et des wagons pour toucher de confortables dividendes. Comme le marché est en surproduction, les ventes moyennes pour un album ont terriblement chutées, ce qui fait que même à 10% (ce qui n’est pas le cas car nous sommes à 8%) sur la vente d’un album, un auteur n’est pas prêt de voir la couleur de son chèque sur les ventes de son album. Il ne suffit donc pas de changer d’éditeur ou de négocier au mieux son contrat pour que la situation s’améliore. La BD, c’est manger des nouilles à tous les repas en trimant comme un malade.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 1er février à  08:34 :

          Et avant de toucher un centime par livre il faut d’abord rembourser son avance sur droits. Nous ne sommes pas payés pour notre travail mais sur nos ventes de livres. En touchant 10 000 euros sur la création d’un album en avance sur droits, et en touchant 8 %, au mieux, sur le prix HT de l’album créé, calculez le nombre d’exemplaires à vendre avant de toucher le moindre droit d’auteur.

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          • Répondu par Moi je sais le 1er février à  17:13 :

            calculez le nombre d’exemplaires à vendre avant de toucher le moindre droit d’auteur.

            Bah il faut en vendre 10 000 justement, ce qui dit vendre Kyle William (si c’est vraiment un auteur, il est tellement caricatural qu’on en doute).

            Vous savez quand même que l’éditeur lui se rembourse votre avance bien avant ce seuil, et que c’est tout bénéf après, avant de vous verser d’autres droits d’auteur (avec joie d’ailleurs, ça veut dire que votre livre est très rentable pour lui).

            Heureusement qu’il y a plein d’auteurs qui touchent chaque année des droits d’auteurs sur les ventes de leurs livres précédents, car ce n’est pas en gagnant 500 euros par mois (si Kyle William existe et dit vrai) qu’on peut se loger, payer des factures, élever et nourrir ses enfants, et faire des "voyages (non-défrayés) pour faire des repérages-photos" (c’est un peu gros, c’est pour ça que je doute fort du témoignage de Kyle William).

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            • Répondu par kyle william le 1er février à  18:10 :

              Peu importe que je sois cru ou pas ici. Au passage, je ne vois pas bien quel intérêt je pourrais avoir à perdre mon temps à inventer ce que je raconte. Si je pouvais, je dirais mon vrai nom, voire je revendiquerais un peu, même comme l’a fait Moynot, mais je suis encore moins connu que Moynot et je n’aimerais pas qu’on se souvienne d’abord de moi dans le milieu BD parce que j’ai rendu public mes revenus. Je n’ai posté ce témoignage qu’à l’intention des jeunes auteurs. Simplement pour les avertir que pour bien vivre de ce métier, il faut vraiment avoir du succès. Je ne suis pas aigri. Comme je le disais, j’adore ce job, c’est 1000 fois préférable à avoir un patron sur le dos pour commencer. J’ai commencé la BD assez tard, après 35 ans et j’ai eu une autre vie avant, ce qui m’a permis de garder une autre source de revenus, modestes mais bien utiles. 500 euros par mois, c’est en effet mes revenus issus de la BD en 2021. J’espère faire mieux en 2022, qui sait ? Je parle bien du métier de la BD, pas de revenus que je pourrais tirer en faisant des interventions scolaires (que je ne fais pas) ou même de l’enseignement du dessin. Par ailleurs, je vis en couple et ma compagne gagne bien mieux sa vie que moi. Je ne suis pas spécialement macho ou réac donc ça ne me dérange pas d’être moins riche qu’elle même si la vérité m’oblige à dire que je ne trouve pas ça très glorieux non plus.

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              • Répondu le 1er février à  20:35 :

                garder une autre source de revenus, modestes mais bien utiles. 500 euros par mois, c’est en effet mes revenus issus de la BD en 2021.

                Ah ok, c’est un boulot à temps partiel, je comprends pourquoi vous mettez 2 ans pour faire un album, parce que vivre avec 500€ c’est peu. A temps plein vous pourriez en vivre, peut-être chichement, mais en vivre.

                Répondre à ce message

                • Répondu par Kyle William le 1er février à  23:00 :

                  Non, je fais bien de la BD à plein temps. Ou davantage car j’y passe bien plus de 40 heures par semaine. Comme je le disais, j’ai d’autres petits revenus en effet, issus de placements immobiliers. Je faisais effectivement un album en un an quand je faisais des albums. Mais aujourd’hui, je fais des romans graphiques, il y a 3 fois plus de pages. 150 pages en 2 ans, avec le travail préparatoire dont je parlais (trouver la doc, élaborer un story-board de 150 pages en collaboration avec un scénariste et un éditeur peut facilement prendre des mois), ça vous paraît peut-être très lent, mais pas à moi ! Je ne suis probablement pas assez virtuose, mais surtout aller plus vite, ce serait bâcler. J’essaye de respecter mon travail, et je pense aussi au lecteur, voyez-vous.

                  Répondre à ce message

                  • Répondu le 2 février à  11:30 :

                    Vous êtes donc rentier. Ce n’est pas donné à tout le monde. Les auteurs BD qui ont eu le temps de s’installer sont la plupart du temps des enfants de bourgeois et de classe moyenne, ils ont pu faire des études et compter sur la solidarité familiale.

                    Répondre à ce message

                    • Répondu par kyle william le 2 février à  13:22 :

                      Rentier voilà. Je touche à peu près 500 euros par mois de commissions sur des loyers après avoir investi dans l’immobilier quand je travaillais dans la pub dans les années 90. Avec 500 euros en moyenne issus de la Bd, je gagne 1000 euros par mois. Enfant de bourgeois, non, plutôt de petite classe moyenne instruite, en l’occurrence plusieurs générations d’instituteurs et institutrices. Mes parents m’ont bien aidé, oui, dans la mesure où ils m’ont poussé à faire des études supérieures, mais ils ne m’ont pas encouragé du tout à faire de la BD. Et ils n’avaient pas tort, mais voilà j’ai fait ce que je voulais. Quand vous parlez de solidarité familiale, il ne faut pas oublier qu’elle existe dans tous les milieux.

                      Répondre à ce message

                    • Répondu par Laurent Gély le 2 février à  19:47 :

                      Mais que ce passe-t-il sur Actua bd ?
                      Qu’est-ce que c’est que ces messages idiots, remettant en cause et en doute le témoignage et la parole d’un auteur ?

                      Je ne m’adresse pas forcément à vous en particulier, mais il y a un malaise à mon avis avec ces lecteurs qui prétendent aimer la bd mais qui ne soutiennent pas ceux qui l’a font.

                      Je ne comprends pas, qu’est-ce qui vous gêne dans tous les témoignages d’auteurs qui vous disent que ce n’est plus tenable ?
                      N’oubliez pas que ceux le marché de la bd, c’est vous, les lecteurs.
                      Mais bon, pour une fois sur Actua, nous évitons le traditionnel débat sur le roman graphique qui n’est pas de la vrai bd comme on en faisait jadis en France, ou sur le péril nippon... c’est déjà ça.

                      Je précise que je suis également auteur.

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                      • Répondu le 3 février à  08:27 :

                        Je trouve surtout que les commentaires sont à côté de la plaque Le sujet, c’est cette croissance historique et le triomphe des ventes de mangas et de la jeunesse. C’est cette analyse qu’il faut commenter. Parce qu’il y a un décalage entre bon nombre de discours sur la bande dessinée et les ventes réelles. On parle de la BD du réel, de roman graphique, de Bd reportage, d’auto-fiction, d’alternatif mais en réalité, l’arbre cache la forêt/La bande dessinée reste majoritairement un art destiné à la jeunesse. C’est ce que je retiens de l’article de Didier Pasamonik. Il parle du succès énorme de Mortelle Adèle mais personne ne cherche à comprendre et expliquer ce succès. Qu’est-ce qu’il y a dans ce personnage de si contemporain et addictif pour qu’il rencontre un tel succès populaire ? Succès qui est en train de dépasser les ventes d’Astérix et qui fait disparaître celui de Titeuf.

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                        • Répondu le 3 février à  09:51 :

                          Bien sûr, vous avez raison, c’est ça le vrai sujet. Mais je pense qu’une partie croissante des auteurs en a un peu assez de lire des articles triomphalistes sur les chiffres prodigieux du marché de la BD, alors que eux-mêmes, qui sont les principaux artisans de ces succès, puisqu’ils sont les créateurs, eux-même vivent pour beaucoup en dessous du seuil de pauvreté. C’est pour ça que le sujet de la précarité des auteurs, absent de l’article, s’impose très vite dans les commentaires.

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                          • Répondu par Auteur en action le 3 février à  10:52 :

                            Et oui, ces 2 années de Covid ont vu une embellie sur les ventes de livres, les éditeurs, même les petits ont profité de cette manne, surtout que leurs frais de fonctionnement ont beaucoup baissé (plus de festivals, de rencontres, de resto, de transport,télétravail généralisé) alors que le niveau de vie des auteurs s’est totalement dégradé : plus de festivals, de rencontres scolaire, des contrats annulés ou repoussés, pas droits aux aides de l’état qui ne tient pas compte de la spécificité de nos revenus avec un décalage dans le temps, c’est l’année prochaine et les années à venir que le coût de cette crise sanitaire va être prégnante pour les auteurs.

                            On peut ajouter que les éditeurs ont reçu une avalanche de proposition de livres dans cette période, au point qu’ils demandaient de ne plus en envoyer, c’est le cas en littérature mais également (dans une moindre mesure mais quand même significative) en Bande dessinée. Difficile de s’investir dans un projet quand les éditeurs ne le font pas, c’est le risque de travailler pour rien, de ne jamais voir rémunérer ces jours, semaines et mois de travail, alors que les loyers et autres factures du quotidien elles doivent toujours être payées. Ce sont également des trimestres de travail qui ne comptent pas pour la retraite, comme s’ils n’étaient pas travaillés du tout. Pour beaucoup d’auteurs l’année 2020 sera une année sans aucun trimestre comptabilisé pour leur retraite.

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                            • Répondu le 3 février à  11:36 :

                              Assez d’accord avec votre constat sauf sur un point : non les petits éditeurs n’ont pas profité du Covid dans la même mesure que les grands, loin de là. Beaucoup ont fait faillite ou sont sur le point de le faire. Beaucoup, qui sont mal diffusés, misent énormément sur les festivals pour vendre des livres, et ceux-là ont énormément souffert.

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                              • Répondu par Auteur en action le 3 février à  11:58 :

                                Comme petits éditeurs je faisais référence Au Diable Vauvert et aux éditions de la Gouttière qui se sont exprimé dessus.

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                        • Répondu par Onomatopée le 3 février à  10:29 :

                          Le problème est beaucoup plus profond. Le succès de Mortelle adèle ou du Manga, ne sont que des totems. Comme pour Titeuf, une fois la génération passée parce qu’elle aura grandie, Mortelle Adèle ne sera plus à la mode. Il y a trop de clans et de copinage dans la BD. Nous avons des équipes éditoriales, blasées, qui ne sont plus en capacité de choisir des projets, surtout si vous n’êtes pas d’un certain courant graphique ou scénaristique. Le manque d’initiatives éditoriale ou de prise de risque est désastreux. La rentabilité a supplanté la créativité. On se regarde trop le nombril avec notre particularité culturelle, alors que la francophonie est en recul partout dans le monde, même en Algérie et au Mali, pourtant, fervents défenseurs de notre langue. J’ai encore de la chance de faire des albums, alors que des camarades sont sur le carreaux ou ont quittés le métier, écœurés des conditions précaires des contrats. J’ai de la chance, mais pour combien de temps encore ?

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                          • Répondu le 3 février à  11:37 :

                            Le recul de la francophonie en Algérie et au Mali n’a rien à voir avec le sujet. Vous pensez que les algériens et les maliens ont les moyens d’acheter des livres comme les français le peuvent ?

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                            • Répondu par Chris le 3 février à  12:01 :

                              En Algérie comme au Mali il y a des classes aisées et des classes moyennes comme partout ailleurs. Vous avez un drôle de vision de l’Afrique, une vision misérabiliste je dirais.

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                              • Répondu le 3 février à  12:51 :

                                Misérabiliste si vous voulez. Je ne connais pas Bamako. Mais j’ai passé du temps à Alger. J’ai même participé au FIBDA. La classe moyenne dont vous parlez ne s’est pas beaucoup manifesté pour venir acheter nos albums…

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                            • Répondu le 3 février à  13:31 :

                              Il y a plus de gens pauvre en France qui ne peuvent pas s’acheter un album de BD, qu’on ne le croit. Pas besoin d’aller en Afrique. Il y a déjà pas mal de boulot ici pour virer la misère sociale et amener certains publics à lire de la BD.

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                              • Répondu le 3 février à  15:02 :

                                Eh bien oui il y a 9 millions de pauvres en France. Près de 15% de la population. C’est beaucoup moins que dans la plupart des pays d’Afrique, mais c’est plus que préoccupant, vous avez raison.

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                          • Répondu le 3 février à  11:52 :

                            Ou bien vous faites le livre qui vous fait plaisir et c’est comme un billet de loterie, vous avez plus de chance de ne pas toucher le pactole que de devenir millionnaire.
                            Ou bien vous analysez le marché (ce que tente souvent de faire Didier Pasamonik dans ses articles sur les chiffres) et vous tirez des leçons des réalités économiques : quels sont les publics et qu’est-ce qui les intéresse et vous proposez un projet qui vous ne permettra peut-être pas de toucher le pactole ou d’être millionnaire mais de vivre correctement.
                            Grogner ne changera rien. L’édition est un système capitaliste basé sur le succès des ventes. Le paradoxe étant que les idées qui marchent ne sont pas toujours les plus nouvelles et les plus intelligentes. La qualité est rarement compatible avec la quantité. Ça arrive mais c’est rare. Mais, c’est ce système qui permet aussi de faire émerger de nouvelles idées.
                            La longévité d’Astérix, le cas pas analysé du tout de Mortelle Adèle et le succès des mangas m’intéressent pour comprendre le paysage de la bande dessinée aujourd’hui. Ce paysage n’est pas celui que nous vend les médias et le FIBD. L’une des clés des échecs de nombreux auteurs qui veulent faire des romans graphiques ou trucs à la mode qui ne sont que des niches est dans cette analyse des chiffres.

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                            • Répondu le 4 février à  10:16 :

                              Je suis tout à fait d’accord avec vous, entre la vitrine des médias, la vitrine du FIBD et la réalité du marché il y a un monde. Et beaucoup d’auteurs en ont marre d’être pris pour des imbéciles. Quand on voit ce qu’on veut nous vendre, nous faire lire, et quand on voit ce qui marche vraiment, c’est la nuit et le jour. Il y a des bds à faire pour faire bien, et dans le dernier podcast des libraires sur ActuaBd ont en a un bel exemple ;" lisez ceci, lisez cela, moi j’ai adoré en tant que libraire, mais je n’ai pas réussi à en vendre un seul dans ma librairie...", c’est la même chose avec les médias prescripteurs bds à de rares exceptions près. Et beaucoup tombent dans le panneau, passent deux ans à faire un roman graphique, dont un sur dix va bien se vendre.

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                              • Répondu le 4 février à  16:23 :

                                C’est important aussi que les médias et les libraires fassent la promotion de livres vers lesquels la majorité des lecteurs n’iraient pas spontanément. Leur mission pédagogique n’est pas à rejeter, au contraire, c’est même leur devoir. Ce qui est dommage, c’est que la proposition ne soit pas plus large, plus polémique, plus contradictoire. Que les médias généralistes et le FIBD se focalisent toujours sur les mêmes auteurs. France Culture, France Inter, RTL, Télérama, etc. invitent toujours les mêmes auteurs qui répètent inlassablement le même discours et comme par hasard, ces discours vont tous dans le même sens : la Bd doit être comme ça et pas autrement, ceux qui n’entrent pas dans ce moule n’ont le droit qu’au silence. C’est stérile. Comme si le panorama bande dessinée se réduisait à quelques exemples de réussites commerciales. Les chiffres exposés dans cet article démontrent qu’il y a un décalage entre la bande dessinée qu’on veut nous vendre et celle qui se vend et donc se lit vraiment.

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  • "le triomphe de la jeunesse" mais les médias généralistes mettent surtout en avant les bandes dessinées pour adultes…

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  • incroyable le succès de mortelle adèle, alors qu’elle n’a rien inventé, puisque largement inspirée de calvin et hobbes, mafalda, titeuf et autres garnements de la bd déjà existants

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    • Répondu par kyle William le 30 janvier à  20:19 :

      A ce compte-là personne n’invente jamais rien. Y a eu des cowboys avant Lucky Luke et des gaulois avant Astérix.

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      • Répondu par sestdingue le 31 janvier à  14:30 :

        voilà, il n’y a pas de génération spontanée.

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    • Répondu le 31 janvier à  11:14 :

      "Et puis il y a "le phénomène Mortelle Adèle" (qu’attend L’Express pour en faire une Une ?)"

      La question de Didier Pasamonik est pertinente !

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  • Quid des auteurs et autrices, dont le niveau de vie à rétréci comme peau de chagrin ? Visiblement, le ruissèlement des premiers de cordée n’a pas bénéficié à la masse des petites mains...

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    • Répondu le 30 janvier à  23:57 :

      Bravo pour votre sollicitude, mais ce que vous appelez les "petites mains" sont les créateurs de ces livres qui se vendent si bien.

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  • On en parle des auteurs qui ont vu depuis 2 ans leur contrat annulé ou repoussé à on ne sait quand ? Où est cette manne financière ? Aucun droit ne tombe, aucune aide car jamais dans les critères délirants exigés, aucun horizon, ni à court ni à long terme... Pénurie de papier et de carton, alors on imprime ce qu’on sait pouvoir vendre, aucun risque vers la nouveauté, vers l’original. La BD va crever de ça. (Même la prime énergie de 100€ va passer sous le nez de la plupart des auteurs, car censée être versée par l’URSSAF Limousin)

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    • Répondu le 31 janvier à  22:41 :

      Normalement tous les auteurs qui gagnent moins de 24000euros par an vont recevoir automatiquement ces 100euros de prime énergie, sans démarche à effectuer, par l’URSSAF Limousin. Sinon c’est anormal, chaque français sous ce revenu doit le toucher.

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      • Répondu le 1er février à  08:35 :

        Normalement l’Urssaf Limousin doit fonctionner correctement, normalement... On voit que vous n’êtes pas auteur.

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        • Répondu par Auteur en action le 1er février à  17:20 :

          Les dysfonctionnements de l’Urssaf Limousin sont un scandale, on méprise les artistes/auteurs. On s’est depuis des années fait enfler par l’Agessa qui ne versait pas nos cotisations retraites à la sécu (à quand une régularisation pour les artistes/auteurs lésés ? Avant leur retraite ce serait bien), et aujourd’hui c’est l’URSSAF qui réclame à des auteurs la moitié de ce qu’ils ont gagné dans l’année, en promettant de rembourser le trop perçu éventuel dans un an. Cette administration pousse les gens au désespoir.

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  • "le phénomène Mortelle Adèle" (qu’attend L’Express pour en faire une Une ?)

    La différence est qu’Astérix a amené les adultes à lire de la BD à une époque où ce n’était pas le cas, alors que Mortelle Adèle est un succès qui n’est lu que par les enfants, ce n’est pas un succès transgénérationnel comme l’était (et le reste) Astérix.

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    • Répondu le 3 février à  15:18 :

      Et qu’est-ce que ça nous dit sur les enfants de notre époque et sur le rapport que les adultes entretiennent avec les lectures de leur progéniture donc, leur éducation ?
      Creusez ! Vous allez voir à quel point le phénomène Mortelle Adèle est sociologiquement intéressant.

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      • Répondu le 3 février à  20:02 :

        Ce n’est pas Mortelle Adèle qui mérite une étude sociologique, mais l’impact du Manga sur tous les publics.

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        • Répondu le 4 février à  09:25 :

          L’un n’empêche pas l’autre. Mais les mangas sont déjà très étudiés alors que le cas Mortelle Adèle, il y a un angle mort. Autour de moi, j’ai l’impression que les adultes (parents, bibliothécaires, enseignants) ont un peu honte que leurs enfants adorent ce personnage. Ça les dérange, ils ne comprennent pas.
          J’ai lu et écouter les interviews d’Antoine Dolealias Mr Tan pour essayer de comprendre les messages qu’il voulait faire passer, sa vision de l’enfance, de la pré-adolescence, de l’éducation. Histoire d’essayer de comprendre pourquoi son personnage rencontrait une telle adhésion. Mortelle Adèle, ce n’est ni Astérix, ni Titeuf mais tout aussi intéressant à étudier.

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      • Répondu le 3 février à  22:03 :

        Oui ben, c’est pas une mauvaise BD en soi. Si vous allez par là, tous les succès sont intéressants à analyser sociologiquement. Squid Games aussi par exemple. Et il ne fait pas oublier que le succès est aussi souvent un malentendu.

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        • Répondu le 4 février à  09:32 :

          C’est facile de dire que c’est souvent un malentendu. Ça évite d’essayer de comprendre. La plupart des succès ne sont pas des malentendus mais les miroirs d’une époque. Le malentendu est que l’auteur ne peut pas s’attendre à un tel succès mais il y a quand même dans son œuvre quelque chose qui fait écho à son temps, une cristallisation d’idées à la mode, etc.
          Didier Pasamonik a raison de se demander pourquoi Mortelle Adèle ne fait pas la une de L’Express.

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          • Répondu le 4 février à  10:41 :

            Vous avez raison mais il y a toujours une part de malentendu quand même. L’Express ne fait pas sa une là-dessus parce qu’ils se contre-foutent de la BD. Ils ne font pas de une sur les mangas non plus.

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            • Répondu le 4 février à  15:03 :

              Didier Pasamonik faisait probablement rallusion à la une de L’Express du 19 septembre 1966. Astérix y occupait tout l’espace de la couverture. Très belle couverture, d’ailleurs.
              Mais Astérix a quelque chose que Mortelle Adèle n’a pas : il est une figure allégorique de la nation.

              Néanmoins, comparer Titeuf à Mortelle Adèle serait intéressant. Qu’est-ce qui a changé dans la jeunesse depuis une vingtaine d’années ?
              S’il n’y a pas de quoi faire la une de L’Express, il y a de quoi faire un dossier riche. Il ne faut pas mépriser les succès populaires car ils nous enseignent beaucoup sur la contemporanéité de nos sociétés.

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          • Répondu le 4 février à  13:45 :

            Quelqu’un a dit que Mortelle Adèle est le succès d’une génération qui va grandir et passer à autre chose. Il a raison, laissons faire le temps pour voir, avant de lancer des études du phénomène. En son temps, Titeuf (avec plus d’un millions d’exemplaires vendus) avait suscité les mêmes interrogations avec un sujet d’emission dans Envoyé Spécial sur la 2.

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      • Répondu par Karl le 4 février à  09:08 :

        Vous avez totalement raison.

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  • Je remercie vivement les auteurs qui se sont exprimés, ici.

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