ALGÉRIE : Un an de prison dont trois mois ferme pour le dessinateur de BD Nime.

12 décembre 2019 2 commentaires
  • La liberté de la presse est un combat. Alors qu’en janvier prochain on se commémorera les cinq ans de l’assassinat de la rédaction de "Charlie Hebdo", on apprend que l’Algérie, en pleine campagne électorale, a condamné le dessinateur de BD Nime à un an de prison. Pourquoi ? Pour un dessin...

Arrêté le 26 novembre 2019 dans son agence publicitaire, tout son matériel informatique se trouvant embarqué, Benabdelhamid Amine, dit Nime a été inculpé pour « offense au président de la République », « outrage à fonctionnaire de l’État » et « distribution de documents de nature à nuire à l’intérêt national ».

Dessinateur de BD et journaliste spécialisé BD pour le quotidien algérien El Watan, Nime est passé par une résidence de plusieurs mois à la Maison des Auteurs à Angoulême en 2012.

Né à Oran, la ville où il s’est fait arrêter, en 1985, il a fait ses études aux Beaux-Arts, en option sculpture, et a vu sa première publication paraître en 2007 dans la revue de bande dessinée Faynouk. Depuis, il auto-publie ses ouvrages et a publié des dizaines de pages de BD, spirituelles et bien dessinées, sur son blog « Dans ma Bulle ». Il fonde bientôt son agence, Créature, où il réalise des travaux de graphisme et d’illustration.

ALGÉRIE : Un an de prison dont trois mois ferme pour le dessinateur de BD Nime.
Un exemple des BD de Nime
© Nime - Agence Créature

C’est un dessin publié sur son blog qui lui a valu l’ire des autorités algériennes. Il représentait les différents candidats à la présidence de la République algérienne essayant la chaussure de vair tendue par le chef d’état-major de l’armée qui, selon les commentateurs, est le vrai détenteur du pouvoir de l’État algérien. Une façon de dire que les élections ne changeront pas les fondamentaux du pays. Une caricature bien anodine qui a déplu au pouvoir et qui coûte à son auteur une peine d’un an de prison.

Le dessin incriminé. Où est l’offense ?
© Nime - Agence Créature

Dans le domaine de la liberté d’expression, l’Algérie a encore du chemin à parcourir…

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • A quand un printemps arabe en Algérie ? Et à quand une réaction de la diplomatie française et européenne sur ce scandale ?

    Répondre à ce message

    • Répondu par Picard le 22 décembre 2019 à  18:50 :

      Euh, je crois que le Printemps Arabe vient de commencer en Algérie, depuis déjà plusieurs semaines.
      En fait, on pourrait même dire que l’arrestation de Nime est une réaction du pouvoir face à ce mouvement.
      Malheureusement, Nime n’est que l’une des personnes les plus "médiatiques" arrêtées et condamnées en ce moment en Algérie : beaucoup d’autres sont arrêtées et détenues depuis juin (voir la liste mise à jour par le Comité national pour la libération des détenus)

      Répondre à ce message