Au Ritz des fritz - Par Nathalie Bodin - La boîte à bulles

30 octobre 2015 13 commentaires
  • Itinéraire d'un prisonnier de guerre allemand opposé à Hitler, dans un vaste camp aux USA. Un épisode peu connu de cette période mis en lumière avec soin en noir et blanc.

Avec le débarquement allié en Normandie, la fin de la seconde guerre mondiale se rapproche. Les prisonniers allemands s’entassent dans de gigantesques camps, en Amérique du Nord. Situation ubuesque pour Dan : allemand opposé à Hitler, militant de gauche, il côtoie contre son gré des fidèles d’Hitler. Sans que cela gêne le moins du monde les geôliers américains. Il va vite devoir trouver une stratégie pour s’éloigner de ces nazis croyant encore à une revanche. Évasion ? Coopération avec la police militaire ? Choix d’autant plus difficile que Dan espère aussi retrouver sa fiancée en Allemagne, après la guerre.

Au Ritz des fritz - Par Nathalie Bodin - La boîte à bulles
© la boîte à bulles 2015

Nathalie Bodin a déployé d’énormes efforts pour se documenter sur un thème rarement abordé : la vie des prisonniers de guerre des USA entre 1944 et 1945. Non seulement ils étaient regroupés loin de l’Europe, mais on pouvait y trouver des ennemis dans les mêmes baraquements : des Juifs, des socialistes, des soldats de l’Africa Korps ou de la Wehrmacht... En racontant le périple d’un soldat opposant à Hitler, l’auteure raconte en détail l’organisation du camp et le pouvoir incroyable exercé par des nazis à l’intérieur même de celui-ci. Un état dans l’état qui organisait des procès et des assassinats.

Utilisant le crayon, le pastel et la gouache, Nathalie Bodin, habituée aux travaux pour la jeunesse, a souhaité apporter une touche réaliste à son graphisme. Les contrastes subtils des niveaux de gris conviennent bien à cette trame mais pour les personnages, le dessin apparaît un peu trop doux. Reste que la somme de révélations apportée par l’album marquera tout lecteur intéressé par cette période.

(par David TAUGIS)

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- Visionner le documentaire Nathalie à l’ombre du Ritz des fritz réalisé par Marie Laurence DELAUNAY, la soeur de l’auteure

 
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13 Messages :
  • Je ne comprends pas pourquoi, sur la couverture, on trouve toujours et toujours cette croix gammée ?
    Dans certains pays, la chose est très claire : elle est tout simplement interdite.
    Cela me rappelle un des numéros du journal Pilote, du temps qu’il était encore hebdo et "qui s’amusait à réfléchir". Le thème en était justement cette croix gammée, et la conclusion de l’article était " que vous vendrez nettement mieux en apposant une croix gammée sur votre produit ". C’était de l’humour, bien sûr.
    Mais là, sur une image de couverture en N&B ! On ne voit que ce symbole des nazis bien rouge sur le dessin façon lavis N&B. Était-ce bien nécessaire ? Sûr que l’ouvrage risque de bien mieux se vendre ainsi.

    Allez, une polémique, une.

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    • Répondu par MD le 30 octobre 2015 à  20:20 :

      Pourquoi ? Peut-être parce qu’il est étonnant, pour ne pas dire sidérant que les nazis prisonniers aient pu continuer à faire leur sinistre loi dans des camps de prisonniers aux Etats-Unis ! Cette couverture peut représenter la stupéfaction du personnage principal, Allemand pacifiste non-nazi !

      Et la boite à bulles est le contraire d’un éditeur populiste surfant sur les mouvances de la peur que suscite l’extrême-droite ! On ne peut les suspecter de connivence avec ce mouvement.

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      • Répondu par Liaan le 31 octobre 2015 à  09:27 :

        Je trouve tout de même le procédé comme racoleur.

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    • Répondu le 31 octobre 2015 à  14:04 :

      Pourquoi ? Parce que c’est le sujet de ce livre : l’organisation intérieure de camps de prisonniers aux USA, laissée par les ricains non aux allemands mais aux nazis. Qu’ auriez-vous fait comme couverture sur un sujet pareil ? (Allez, je vous le concède, on aurait pu avoir AUSSI un petit drapeau américain dans le fond pour situer le lieu de cette histoire véridique...)

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      • Répondu le 31 octobre 2015 à  17:24 :

        Au temps pour moi, le drapeau ricain y est. Pas facile de bien lire les détails sur un écran d’iPhone...

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      • Répondu par Liaan le 31 octobre 2015 à  20:32 :

        Il y a un (petit) drapeau américain sur la couverture.

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      • Répondu par Pierre le 31 octobre 2015 à  20:45 :

        Ben, y en a un de drapeau américain...

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    • Répondu par mmarvinbear le 31 octobre 2015 à  14:11 :

      Pourquoi ?

      Qu’on le veuille ou non, la croix gammée est un symbole puissant permettant d’identifier rapidement un régime politique, une époque ou un lieu.

      Une fleur de lys sur fond bleu ? On va parler des rois de France.

      Une faucille et un marteau entrecroisés ? On va parler des communistes.

      La croix gammée ? Il y a des nazis dedans.

      Un croissant ? Selon les cas, c’est boulangerie ou Islam. (^^)

      N’oubliez jamais qu’ un petit dessin est souvent plus précis qu’un long discours.

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      • Répondu par Liaan le 31 octobre 2015 à  18:15 :

        Okay, je vois que personne ne pige ce que je veux dire :
        - Dans un dessin N&B, je trouve néfaste l’apport de la couleur rouge sur un drapeau avec la croix gammée.
        - On voit aussi un drapeau américain (en couleur lui aussi) en arrière plan, très discret, ce qui peut permettre de localiser le lieu.
        Certes.

        Mais au risque de me répéter : ce drapeau nazi fait tache, et c’est une tache trop visible.
        L’illustration eut été en couleurs, cela ne me gênait pas.
        Mais là, on ne voit que lui, placé exactement où le regard porte, en haut et à gauche (n’importe quel publicitaire vous dirait que c’est un point important dans une image).
        Si l’on veut absolument mettre ce drapeau, dans un dessin en noir et blanc, il aurait fallu laisser ce drapeau en N&B.
        Cela aurait été nettement moins racoleur.

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        • Répondu le 1er novembre 2015 à  17:48 :

          Alors, puisque vous êtes si malin et êtes le gardien du bon goût, qu’auriez- vous fait, comme dessin de couverture, en parlant du sujet (authentique) à savoir l’organisation intérieure d’un camp de prisonniers allemands (qui n’étaient pas tous nazis) laissée, par les autorités américaines, aux bons soins des prisonniers nazis ? bon courage pour éviter les symboles nazis ! Répondez, s’il vous plait, qu’on voit si vous êtes si malin...

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          • Répondu le 2 novembre 2015 à  00:11 :

            moi j’aurais pas donné un titre qui fait penser à un San Antonio déjà. Il y a un album de bd par semaine au moins avec un svastika ; il y a aujourd’hui je pense un rayon nazisme comme il y a un rayon automobiles ou avions ; ce dernier rayon pouvant combiner les deux sujets. Puisqu’il s’agit de parler d’un Allemand pas nazi, il aurait été intéressant de montrer le drapeau justement amputé de la croix gammée par exemple...pas une scène générale qui semble être une case banale ou une page de titre ou de garde. En fait fallait trouver une idée. Mais c’est pas aux lecteurs de faire ça.

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          • Répondu par Liaan le 2 novembre 2015 à  08:45 :

            D’accord, je vais faire mon malin.
            L’excellent Tardi dans son ouvrage "Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB" seconde partie "Mon retour en France", album traité en Noir & Blanc (Sauf touches de couleurs au fur et à mesure que la liberté s’annonce) :
            Entre les pages 57 et 64, on peut voir accrochés aux bâtiments des drapeaux nazis : ils sont traités en N&B.
            Une exception : celui de la page 101, ou l’on a apposé la couleur rouge. Mais ce drapeau n’est plus qu’un chiffon, pour symboliser la chute des nazis.

            Mais je n’ai pas la prétention d’imaginer quelle couverture j’aurais fait pour cet album de BD. Ce n’est pas mon rôle.

            Je le dis, et je me répète : si l’on veut conserver cette couverture telle qu’elle est, il ne fallait pas mettre de couleur sur ce drapeau !
            Mettre ce drapeau honni en couleur, c’est flatter les bas instincts de certains.

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            • Répondu par Pirlouit le 2 novembre 2015 à  18:18 :

              D’accord, mais l’excellent Tardi a 45 ans de métier avec lui, et il réflechit au medium BD, ce qui n’est pas forcément le cas de Nathalie Bodin qui a sans doute privilégié la recherche de documentation dans ce fait historique peu connu ahurissant.

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