Badlands, T1 : L’Enfant-Hibou - Par Corbeyran, Kowalski & Folny - Soleil

13 avril 2014 1
  • Une jeune aventurière dirige une petite équipe de gros bras pour découvrir les secrets des mystiques Anasazis. Derrière ce vernis de superficialité, se cache un récit rythmé, aussi bien dessiné que scénarisé.

À la fin du XIXe siècle, Perla Ruiz-Tenguillo sillonne le sud de l’Amérique du Nord à la tête d’un petit groupe d’aventuriers. Son objectif : marcher sur les pas de son ancêtre, l’alchimiste Hernan Ruiz-Tenguillo.

Car le monde invisible vénéré par les Indiens et décrit par son aïeul deux siècles plus tôt n’a pas disparu ! Il a été dissimulé aux yeux des blancs pour éviter que ceux-ci ne s’emparent des pouvoirs qui lui sont associés. Perla espère bien redécouvrir cet univers situé derrière l’ultime frontière, celle de la réalité…

Badlands, T1 : L'Enfant-Hibou - Par Corbeyran, Kowalski & Folny - Soleil

En bande dessinée, les femmes qui évoluent dans des westerns ne sont pas légion. Mais lorsqu’elles sont dotées d’un caractère fort, elles laissent souvent des traces dans l’imaginaire des lecteurs. On pense à Calamity Jane bien sûr, mais avant tout à Chihuahua Pearl dans Blueberry. Plus proche de nous, l’Angela de Vatine fit également sensation.

Un peu comme il avait créé Pavillon noir chez le même éditeur, c’est peut-être pour saisir ce créneau que Corbeyran s’est lancé dans la danse. Il y ajoute pourtant un fameux grain de sel en attaquant de front les anciens peuples indiens, et surtout leurs traditions occultes. Derrière la façade d’une bimbo nombril à l’air qui dégaine plus vite que son ombre, se dévoile donc, page après page, un premier récit très bien construit qui fait la part belle à la magie, aux mondes parallèles et aux premiers explorateurs de cette partie du continent américain.

Piotr Kowalski tire également fort bien son épingle du jeu. Avec un dessin qui propose plus de matière et de nuance que ce que la couverture commerciale pouvait laisser présager, il présente un western crédible, empli de détails, qui transpose avec réalisme et inventivité les créatures de l’autre monde.

De plus, si le scénario lui demande de mettre en scène un pueblo et une kiva qui ressemble furieusement à ceux du Spectre aux balles d’or (un des plus fameux épisodes de Blueberry), il parvient à tenir la référence à distance en dynamisant l’ensemble avec des cadrages innovants. La réussite graphique de l’album vaut également pour les couleurs d’Aurore Folny qui servent à la perfection le dessin de Kowalski.

Alors qu’on craignait un album commercial sans relief, ce premier tome de Badlands propose un récit vraiment intéressant, parfois drôle, mais surtout savamment construit qui propose une succession de surprises qui tiennent le lecteur en haleine jusqu’au bout.

On attend le prochain tome avec impatience. Celui-ci devra obligatoirement dévoiler la personnalité de l’héroïne principale, car si on apprécie suivre ses aventures, on ne nous intéressera pas longtemps si elle ne brise pas sa carapace.

(par Charles-Louis Detournay)

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