Bamboo, naissance d’un groupe

4 novembre 2016 3 commentaires
  • 1993, Olivier Sulpice et le dessinateur Henri Jeanfaivre -dit plus tard Jenfaivre- créent à Macon l’Agence de publicité Bamboo Graphics. Les deux amis se sont connus pendant leur service militaire qu’ils ont effectué dans la gendarmerie. En parallèle de leurs activités, ils publient des gags en une page pour les mensuels VTT Mag et Échappement. J’t’enrhume, un recueil des planches pour Échappement est publié aux éditions Kraken-La Sirène ce qui donne l’idée à Olivier Sulpice de créer sa propre maison d’édition, Bamboo, en 1997.

Leur premier album, Le Grand bêtisier des compagnies d’assurances, toujours signé Jeanfèvre et Sulpice est tiré à 10 000 ex. Il est principalement diffusé en cadeau pour les employés d’une compagnie d’assurance, le deuxième les Footmaniacs Tome 1 est diffusé chez Décathlon. La méthode Sulpice consiste souvent à trouver plusieurs canaux de ventes, grands publics et professionnels pour des séries d’humour à double vocation. C’est également le cas des Gendarmes dont le premier recueil paraît en 1998.

Olivier Sulpice qui se décrit alors comme « le Forest Gump de l’édition » du fait de sa naïveté qui lui donne le culot de frapper à toutes les portes, a l’ambition de passer du statut d’auto-éditeur à éditeur tout court. À partir de 1999, il publie des albums signés Bélom, Michel Janvier, Achdé et Monster Hôtel par François Corteggiani et Pierre Tranchand, dessinateur pour lequel il entretient une réelle admiration.

Bamboo, naissance d'un groupe

À la même époque, en manque de reconnaissance publique, celui-ci a pris le pseudonyme Pika pour dessiner les gags de Tohu-Bahut publiés dans le Journal de Mickey sur scénario d’Erroc. Olivier Sulpice est probablement le seul éditeur à croire au potentiel commercial de cette série en milieu lycéen. Pour la publier en recueil en 2000, il rebaptise simplement la série Les Profs. On connait la suite. Les Profs devient le moteur de Bamboo avec d’autres séries spécialisées dans les métiers, les Pompiers, les Toubibs, … ou les sports, les Rugbymen, Basket Dunk, etc… Autant de titres qui trouvent des lecteurs à foison, jusque dans les supermarchés, recueillant le mépris des gardiens du bon goût en 9e art.

Dès 2002, Bamboo se diversifie avec un label d’aventure réaliste pour adultes, Grand Angle. Après des premiers thrillers fantastique comme Sam Lawry , Grand Angle connaît plus de réussite dans le domaine historique et notamment l’Envolée Sauvage d’Arno Monin et Laurent Galandon ; une première œuvre qui ose évoquer la Shoah pour tous publics. Plus récemment encore des récits romantiques dans la lignée des romans de Musso ou Levy ont ouvert une nouvelle voie des succès au Label.

Yan Lindingre et Olivier Sulpice, timoniers de l’humour
Photo : DR

Toujours pour sa diversification en 2006, Bamboo inaugure une collection de mangas Doki-Doki qui a depuis trouvé sa place dans le paysage éditorial. La même année est lancée Angle Comics pour la bande dessinée américaine. Cette autre collection connaîtra moins de succès, et s’arrêtera après deux ans d’existence.
Après avoir célébré en fanfare ses dix ans, Bamboo semblait suivre son bonhomme de chemin. De nouveaux succès éditoriaux notamment dans le secteur jeunesse les Sisters ou l’étonnant Boule à zéro de Zidrou et Ernst à propos d’enfants hospitalisés sont venus prendre le relais des collections dédiées aux métiers en bout de souffle.

Par ailleurs, le succès cinématographique des Profs a revivifié la série au moment où Pierre Tranchant victime d’un accident vasculaire cérébrale a dû passer la main. Les choses ont commencé à re-bouger cette année pour l’éditeur de Macon avec l’annonce de la création de sa propre structure de diffusion. Une équipe de représentants s’est donc constituée pour proposer les productions maison sur tous les secteurs du livre. Un catalogue certes large, mais pas suffisant face aux quatre poids lourds du marché Média-Participations, Delcourt, Glénat et Galimard. La prise de participation dans Fluide Glacial n’est sans doute qu’une première étape dans la constitution de ce que l’on peut appeler aujourd’hui le groupe Bamboo.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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3 Messages :
  • Bamboo, naissance d’un groupe
    4 novembre 2016 15:24, par Fred

    Bonne ou mauvaise nouvelle ? En tous cas ça n’améliorera pas la qualité de ce pauvre Fluide qui n’a plus rien de ce qu’il était, ni beau, ni drôle, ni impertinent, ni intelligent, c’est d’ailleurs une honte qu’il crédite encore le génial Alexis en « directeur de conscience » pour le funeste torchon que c’est devenu.

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    • Répondu par GraficPhil le 12 novembre 2016 à  08:39 :

      Je ne partage pas ce rejet de Fluide Glacial. Certes c’est différent, cependant, beaucoup d’auteurs de qualité sont présents et Fluide devait se renouveler. Je suis le journal depuis plus de 300 numéros et j’ai toujours autant de plaisir chaque mois.
      Quant aux éditions Bamboo, les créateurs savent prendre des risques. Angle Comics n’a pas fonctionné, ils étaient trop en avance sur les autres maisons d’édition. Bamboo s’est bâtie sur du grand public très large mais ne s’est jamais contentée d’y rester. Ils prennent des risques et je les en remercie.

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      • Répondu le 13 novembre 2016 à  11:02 :

        Ils ne prennent pas plus ou moins de risques que n’importe quel autre éditeur. Tout entrepreneur est obligé de prendre des risques. C’est même la condition nécessaire pour entreprendre. Ils ont d’abord tablé sur le grand public avec des formules qui marchaient déjà ailleurs (Dupuis). Ce qui n’est pas si risqué que ça. Ils n’ont pas commencé par de l’avant-garde que je sache.

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