Claire Braud remporte le Prix Artémisia pour "Mambo"

11 janvier 2012 15 commentaires
  • Le Prix Artémisia 2012 de la bande dessinée féminine est décerné à Claire Braud, pour Mambo (L’Association). Une œuvre ébouriffante, surréaliste, moderne et d'une grande subtilité.

Claire Braud remporte le Prix Artémisia pour "Mambo" Tous les prix n’ont pas la même valeur : l’avantage du Prix Artémisia est qu’il nous donne à lire chaque année un ouvrage qui apporte un regard féminin sur le 9e Art.

Cette diversité fondamentale nous entraîne à lire différemment les livres et, chose non négligeable, à intéresser davantage les lectrices à la bande dessinée. Outre la légitimité d’une représentation nécessaire de la création féminine, cet argument devrait sensibiliser les libraires à la mise en avant d’un prix qui en est à sa cinquième édition. Claire Braud succède en effet à Johanna Schipper, Tankxxx & Lisa Mandel, Laureline Mattiussi et Ulli Lust, respectivement lauréates en 2008, 2009, 2010 et 2011, un palmarès qui propose des univers singuliers et de qualité.

Quand on regarde de près l’album de cette nouvelle lauréate, on s’aperçoit d’ailleurs que le choix du jury échappe à la caricature d’une militance féministe castratrice. On parle bien ici d’une danse entre partenaires, un homme et une femme, au rythme du Mambo, avec cette question de fond : avec qui danser ?

Nous sommes dans une belle fable surréaliste à la Buñuel où l’on croise un tigre apprivoisé gardant la maison de la belle, un percepteur qui n’en revient pas d’être accueilli avec une poêle à frire, un danseur bodybuildé aux dents pointues qui l’empêchent d’embrasser... Toutes figures symboliques qui décryptent simplement la relation de la femme au monde.

" Dans ce premier album plein de fantaisie et d’humour subtilement subversif, l’auteure porte un regard original sur les relations hommes-femmes et fait appel, de rebondissement en rebondissement, à ce que l’imaginaire féminin peut avoir de plus singulier, chose toujours trop rare dans le monde si masculin de la bande dessinée" nous dit le jury du Prix Artémisia.

Rythme et grâce caractérisent en effet cet album aux qualités rares paru à L’Association.

Claire Braud, entre la présidente de l’Association Artémisia, Valérie de Saint-Do et sa vice-présidente, Chantal Montellier

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos : Thierry Lemaire

Le site de L’Association Artemisia

 
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15 Messages :
  • Très bon choix. Claire Braud mérite ce prix.

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  • Claire Braud remporte le Prix Artémisia pour "Mambo"
    11 janvier 2012 14:39, par Phil C

    Snif ! j’avais un faible pour Marine Blandin (Fables nautiques) et Marion Montaigne (Tu mourras moins bête). J’ai trouvé Mambo un peu "hermétique". Bravo quand même à la gagnante.

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  • Si tout les prix n’ont pas la même valeur,ils sont surtout représentatifs de ceux qui les donnent et de ceux qui les reçoivent:très rarement d’un média ou d’un art. La diversité souhaitée au départ,se retrouve rarement dans les faits.Et ça n’a rien d’un hasard...

    les libraires ont intérêt à mettre en avant ce genre d’ouvrage ? Oui évidemment !Elles savent bien que huit lecteurs/acheteurs (généralistes)sur dix sont des lectrices.

    Pour le reste les sélections et les prix -Angoulême en est devenue la caricature éclatante- ne favorisent que "la BD -LES LIVRES-de librairie" au détriment du reste, flattant le goût de la classe économico-sociale favorisée.Le bourgeois .Et son pendant servile :le conformisme scolaire et bourgeois.

    A ce titre,il est intéressant de voir le classement des pratiques culturelles par les six grandes catégories socioprofessionnelles.Par ordre décroissant des plus pratiquants aux moins(classement Insee et ministère de la culture.Alors :

    Cadres supérieurs.
    Cadres moyens.

    C’est la classe supérieure.

    Professions intermédiaires(agents de maîtrises ,enseignants,techniciens,journalistes)

    Employés(vendeurs ,secrétaires...-75% de femmes-)

    Artisans.

    C’est la classe moyenne.

    Ouvriers.

    Agriculteurs.

    C’est la classe populaire.

    Comme par hasard,c’est aussi celui du classement
    des inégalités économiques...On voit comme les sélections et les prix rejettent ,par le même hasard,tout ce qui a des accents populaires.

    Les prix reflètent les goûts issus du paradigme -ce rail de la pensée- de la caste socialement dominante :le bourgeois !tout un système insidieux(parce que souvent inconscient)s’est mis en place(en France,mais il est certainement valable ,hélas,pour la francophonie ;et on aimerait entendre plus la voix divergente des autre pays) pour ça.Le pire est qu’il est apparemment naturel,(mais comme toujours,on peut faire confiance à certains pour avoir parfaitement compris la musique.

    On parle donc bien ici de domination.

    Les classes supérieures et moyennes (par imitation ,désir de grimper l’échelle sociale et, refus de ses origines populaires pour les classes moyennes.Classes moyennes intimement convaincues que la bourgeoisie possède la"vision légitime du monde" )imposent leurs valeurs au reste de la société.Bien loin de la mixité égalitariste brandie en étendard.La classe moyenne est la subordonnée de la classe supérieure.Pourtant:elle vote souvent à gauche.Phénomène encore accentué par la peur du "déclassement social"amené par la crise.

    La bourgeoisie-la caste dominante,groupe social minoritaire qui se trouve au sommet de la hiérarchie sociale : c’est la classe possédante( du patrimoine ,du pouvoir et du tissus relationnel)-la bourgeoisie donc,elle,est toujours mobilisée.

    Elle pratique la ségrégation(vis-vis des autres groupes sociaux)cultive l’entre-soi,les réseaux,la "sociabilité mondaine",dans des espaces qu’ils apprécient réservés,le tout avec une forte conscience de classe-de caste ?-et une belle opinion d"eux mêmes.

    La bourgeoisie collectionne-les titres scolaires prestigieux,fréquente assidument le marché de l’art,collectionne,aime connaître une "vedette" ;autant de signes de valorisation symbolique qui imposent une certaine reconnaissance sociale et une estime de soi.

    La bourgeoisie donc,se mobilise:POUR DÉFENDRE SES INTÉRÊTS et perpétuer sa domination et sa vision !Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot l’on très bien démontré.

    On l’attend toujours la révolution culturelle de velours !Alors, à qui profite la culture ?La démocratisation de la culture a-t-elle eu lieu ?Y a t-il une culture institutionnelle ?Est-elle "orientée" ?

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    • Répondu le 11 janvier 2012 à  18:37 :

      assez d’accord avec pas mal de choses que vous énoncez.
      il est vrai qu’on n’est pas loin du lieu commun.
      et il me semble que vous faites un raccourci coupable en omettant de dire quelle type de bande dessinée aujourd’hui évite ce piège(?).
      la bande dessinée dite populaire ? pas plus qu’une autre, à coup sûr.

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      • Répondu par la plume occulte le 12 janvier 2012 à  12:34 :

        Ce n’est pas parce que c’est un lieu commun que tout doit rester en l’état.Trop d’artistes ,d’une qualité extrême ,restent sur le carreau médiatique ou de la consécration parce que pas dans les clous !Ou pas adoubés par la noblesse aristocratique culturelle.

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    • Répondu par Sergio Salma le 11 janvier 2012 à  19:00 :

      Et sinon ? Vous avez passé de bonnes fêtes ? Euh...vous parlez de quoi là ? J’aime aussi blablater mais là j’arrive pas à voir ni savoir en quoi le prix Artémisia peut vous inspirer ce discours digne de ...je sais pas quelle époque. Vous devez être un des 3 ou 4 derniers au monde à utiliser le mot "bourgeois". Bref, votre point de vue concernant ce prix est très curieux.

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      • Répondu par la plume occulte le 12 janvier 2012 à  12:55 :

        Monsieur Salma,vous devez être un des 3 ou 4 derniers au monde à utiliser le mot bourgeois sous son terme marxiste.Là c’est sous son sens sociologique.Donc...

        Mon "discours "sur le prix Artémisia concerne la première partie du texte.L’éditeur,le sujet,le style,le contexte de l’ouvrage primé conduit au commentaire qui suit après.En bref,tout ces prix ne sont absolument pas représentatifs de la (richesse)BD !La mainmise d’un festival comme Angoulême par "certains"n’est peut être plus acceptable.La BD vaut beaucoup mieux que ça !

        Pour le reste,ce commentaire est un édifiant constat,qui mériterait d’être affiné encore c’est vrai.Sur cette base,chacun est libre-ou pas-de définir et de se faire une opinion sur qui est qui ,et qui fait quoi ,dans le paysage de la BD.BD qui gagnerait a s’épargner les travers des autres ...Sinon vous voulez des noms ?

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        • Répondu par Sergio Salma le 13 janvier 2012 à  00:19 :

          En tout cas pour commenter votre CQFD, je voudrais d’abord commencer par une évidence : vous ne devez pas être un rigolo. Et c’est ça qui fait que le dialogue sera difficile.

          Echangeons néanmoins quelques idées, c’est inutile, dérisoire mais après tout pendant qu’on écrit on n’est pas au bistrot.

          Les prix, les nominations, les médias etc…Cinéma, bande dessinée, théâtre. Même les journalistes-auto désignent la voiture de l’année et il y a des prix dans plein de domaines, la recherche, les nouvelles technologies, le concours Lépine, les Nobel, les maths, les sciences…qu’est-ce qu’on se congratule c’est fou.

          Pourquoi d’abord voulez-vous que les sélections (Artémisia , Angoulême ou autre ) soient représentatives ? D’abord comment faire ? Parce qu’à ce compte-là pour que ce soit représentatif et complet, il faudrait nominer les 4500 albums ( les nouveautés). Donc on schématise, on réduit. Donc forcément on écarte des choses, des genres, des auteurs. C’est le jeu. C’est un jeu. C’est pas une question de vie ou de mort c’est une espèce de fête voyez-vous. Tout le monde n’est pas invité, faut le carton.

          Ce sont des gens qui se sont donné rendez-vous, qui ont organisé des réunions comme il s’en passe des milliers partout et qui sont sortis de cette réunion en pensant sincèrement que ces livres-là avaient de l’intérêt. Où est le problème ? Jusque là on est d’accord j’espère . Ce que je ne comprends pas c’est votre manque de recul et que tout cela vous amène à démontrer que les puissants écrasent les faibles. Si on était partis de l’étude des légumes en conserve ou des progrès dans le pneumatique on en serait venus à la même conclusion. Et les puissants donc se tiennent entre eux. Heureusement que le jury d’Artémisia existe pour qu’éclate enfin l’ignoble vérité.

          Vous n’êtes pas d’accord du tout avec ces choix, sans doute même sur le principe et là, restez calme, je suis de votre avis. Parce que cette année, je ne suis pas nominé et c’est franchement n’importe quoi. Moi ça ne me vexe pas outre –mesure , ça ne me heurte pas parce que je sais qu’il y a du bonheur dans quelques coeurs. Les 50 ou 60 personnes dont on met le travail en avant le temps d’une exposition médiatique je sais qu’ils sont heureux, qu’ils ont eu les mêmes rêves que moi etc… et que même si début février tout cela sera retombé, les attaché(e)s de presse, les directeurs de collections etc… se seront soutenus dans un élan de fraternité créative.

          Les concours, les sports, les examens beaucoup de gens sont contre, certaines philosophies les récusent parce que dans le fond ce sont des fabriques de perdants ; bé oui, s’il y a des “gagnants” il y a ceux qui ne le sont pas ; forcément derrière ça fait la grimace. Mais je me répète c’est un jeu.
          L’auteur qui a du travail assuré ne râle pas plus que ça, il avance, rend des pages, fait son job dans la meilleure humeur possible ; s’il y a des manifestations en plus où son nom est cité, on va pas cracher dessus, tout le monde aime se faire caresser l’ego.

          Alors maintenant nos points de discorde. D’abord positionnez-vous et on saura mieux comment accueillir votre discours. Parce que vous semblez oublier les règles et alors que certainement vous râlez de voir certains religieux couvrir les femmes de voiles noirs ou bleus, vous vous réfugiez par on ne sait quelle pudeur sous un pseudo douteux. Votre point de vue est respectable mais il le serait pleinement si on savait qui et ce que vous êtes et votre raison sociale. Je vous entends déjà “ non, je…mais enfin , je ne vous ai pas interrompu.” Soit. Mais sachez que pour moi, la teneur-même d’un discours dépend grandement de l’émetteur. Par exemple quand dans un embouteillage un quidam à qui j’ai grillé une priorité par inadvertance( je l’jure) me crie ” Va donc hé enculé ! ” je le prends beaucoup plus mal que si un ami en jouant au babyfoot me crie en riant la même invective. Ce principe que je ne me lasse pas de rappeler sur le seul forum que je fréquente vous vous asseyez dessus OK. Pourtant votre identité nous apprendrait beaucoup sur votre ambition véritable. Vous aimez classer en reprenant des tableaux savants mais vous n’apparaissez nulle part, vous êtes sur votre chaise-haute d’arbitre, ça va là-haut ?

          Etes –vous un penseur fortuné ?
          Etes-vous un auteur masqué ?
          Un plasticien qui commet des happenings en intervenant anonymement ?
          Un oisif ? Un amateur ?

          Alors là ça m’étonnerait. Un amateur. Parce que la racine vient du mot amour. Et il me semble que vous n’êtes pas mû par l’amour mais plutôt par la hargne. Généralement on prend plus facilement la plume ou le clavier pour critiquer. Du coup , ce n’est pas souvent aimable.

          Votre discours, à mon tour d’essayer de bien l’envisager et surtout pour votre gouverne de ne pas le mépriser, juste le comprendre, je suis bien élévé, et vous exposer pourquoi je ne suis pas d’accord . Si vous avez si bien retenu le classement que vous nous infli… que vous nous restituez c’est que ça doit donc correspondre à votre façon d’envisager l’existence. Votre vie est donc un combat. J’ai assez bien horreur des gens qui négligent les 6 milliards 500 millions de gens qui ont pour seul souci de savoir ce qu’ils vont manger et boire demain . De plus, votre classement qui vaut ce qu’il vaut ne tient pas plus de 3 heures, le monde est trop mouvant.

          Pour rire et s’instruire, il suffit de prendre les 100 dernières années ( allez c’est facile tout est désormais répertorié) pour voir quels films, quelles oeuvres , quelles personnes ont suscité l’enthousiasme et de comparer avec de prétendues données objectives ; tout ça est un fameux bordel où rien ne tient. Votre sentiment de non –représentativité sera avéré. Qui a d’ailleurs parlé de vérité ? Rien de plus subjectif qu’un choix, une sélection. Vous cherchez la vérité. La Vérité. C’est horrible.

          Mais si on réfléchit, les livres édités sont déjà une fameuse sélection, il y a eu un écrémage d’une violence inouïe et déjà à ce stade peut-on affirmer que ce qui est publié soit représentatif de ce qui se fait ?

          Classes dominantes. Ah ben oui. C’est-à-dire que là aussi faut remonter à la source. Les éditeurs ne sont pas des paysans ou des cantonniers. Ils ont des lettres, des diplômes d’universités qui sont souvent dans les villes vous avez remarqué ? Pas trop à la campagne. Et donc ils ont fait des études pour apprendre pendant que les autres ne pensaient qu’à gagner leur vie ; après quoi ils fréquentent d’autres lettrés et donc ils se tiennent parce que sinon les bouseux risquent de leur piquer la place maintenant que l’école est obligatoire. Donc là encore vous avez raison vous voyez, j’essaie de vous contredire mais j’y arrive pas. Une institution sacralise son propre statut. En revanche les castes sont de tous niveaux et rien de plus réactionnaire qu’un ouvrier ( ‘vous énervez pas, je rigole je vais pas mettre des smileys partout non plus) ; les corporations sont connues pour former bloc face à l’adversité comme dans le règne animal où l’on est , qu’on le veuille ou non , soit prédateur soit proie voire les deux. Parlons-en de l’instinct de conservation tiens . Comme pour les machines à concours, dans le règne animal on suivra celui qu’on considère comme le plus fort. On se trompera peut-être mais voilà, c’est inscrit dans les gènes. L’animal se trompe, la preuve depuis des millénaires, des milliers d’espèces se sont éteintes ( et me parlez pas du CO2 ). Non, la nature fait le tri. Constamment. On est bêtement des animaux.

          Angoulême depuis bientôt 40 ans a changé plusieurs fois de mode de scrutin, a inventé des prix qui ont été abandonnés , a modifié son regard sur la production parce que la production a changé, l’époque etc…Puis aussi les personnes ont changé, même si on retrouve certaines têtes puisque les nouveaux jurys sont constitués en partie d’anciens membres etc…comment échapper à une catégorie de personnes puisque nous sommes en présence de gens qui sont invités à faire partie de la danse. Et que c’est un rendez-vous annuel où l’on aime à se (re)trouver. Hou ! Les clans. On n’aime pas ça les clubs, les bandes, les copains, les compagnons, les francs-maçons etc…Surtout quand on n’est pas inscrits.

          Vous semblez reprocher à cette caste de ne pas être perméable. Tout ce qui est populaire intéresse au plus haut point ces instances justement. Mais le but du jeu est de mettre en avant des objets qui échappent un peu au mainstream . Les auteurs mis en avant ont joué sur un terrain plus inédit, moins couru. Attention, ils n’ont pas choisi un matin : “ tiens je fais quoi ? Un blockbuster potentiel ?! Non, je vais plutôt faire un truc plus radical dessiné avec un crayon rouge et qui va raconter une grave épidémie.” Non, ils ont fait avec les moyens du bord et n’ont rien choisi du tout. Puis la première chose c’est de réussir à publier pour la plupart ; avez-vous remarqué qu’une bonne proportion de ces préselectionnés et nominés est constituée de premières oeuvres ? La vocation est aussi d’encourager ces voies nouvelles ; sans être dans l’expérimentation hermétique qui elle a lieu sur d’autres chemins que ceux de la narration.

          De but en blanc, vous affirmez que ces listes excluent tout ce qui est populaire. Mais oui. Evidemment et en grande partie puisque cette liste est élaborée à partir d’objets qui sortent un peu des courants habituels donc forcément. On est presque dans une lapalissade. Cette liste est donc représentative des voies de traverse qui sont explorées par une certaine catégorie d’artistes ( + quelques pointures qui aiment une certaine aventure ). Artistes qui par ailleurs parfois “commettent” des oeuvres asservies au grand capital et qu’on retrouve parfois même dans les FNAC c’est dire si c’est vulgaire.

          Les gens qui organisent les concours, les festivals, une exposition font en effet partie d’une catégorie sociale. Ben oui. Les ouvriers organisent peu d’expositions et les maraîchers ont autre chose à foutre. Donc les choix sont doublement arbitraires, triplement même puisque non seulement on défriche une première fois en excluant les titres qui bénéficient déjà d’une exposition médiatique mais en plus on essaiera d’affiner le choix pour qu’il ne subsiste aucune chance que l’objet finaliste présente autre chose que les caractéristiques de l’objet choisi pour sa radicalité, vous suivez ?

          Un jury étant de plus constitué de personnes, il faut donc savoir que ces sélections en aval dépendent de ces regroupements en amont. Vous devez trouver ça tragique. Je vous imagine en train de vous arracher le cheveu( je ne sais pas pourquoi je vous vois chauve).

          Ce qui est aussi intéressant de noter c’est qu’il y a une série de prix attribués ( Prix RTL, ACBD, etc…donc chacun de ces prix a une certaine vocation ; il y a donc une espèce d’entente tacite , on ne va pas récompenser toujours le même livre même si Bastien Vivès a le chic d’être dans chacune des préselections, un cas celui-là.
          Ces prix sont donc donnés avec des intentions différentes, on mettra en avant ici le néo-classicisme, là la profondeur du sujet, là encore le traitement sensible etc…

          Il me semble avoir vu passer dans ces listes pas mal de livres qui basculeraient pourtant vite de l’autre côté de la barrière. Un livre un peu radical qui devient un best-seller change d’étiquette( Maus de prime abord...) mais vous avez raison c’est pas la majorité. Méfions-nous quand même des jugements arbitraires. Les films qui marchent ne sont pas tous pareils . La liste des 20 meilleures ventes n’est pas faite de 20 clones n’est-ce pas ? Je suis sûr que vous êtes éclectique sous vos dehors ronchons.

          Vous êtes chagrin parce que ce qui n’est pas mis en avant c’est le choix des masses populaires . Vous devez autant pester devant les listes de la mostra de Venise, de Berlin…là encore ce sont des bourgeois qui font et défont les listes.

          Une solution : rassembler quelques amis et créer votre prix.
          Mais bon, c’est un métier. Faut un local, le loyer etc...ça fait des frais.

          Ce qui est triste c’est que vous recherchiez une légimité selon votre définition de la vie , vos sentiments, votre situation dans cette “société”. Vous pourrez nous sortir 150 théories sur une espèce de complot perpétuel avec schémas et chiffres à l’appui puisque vous avez étudié les bibles qui appuient votre personnalité en oubliant que ce sont ces bibles qui ont formé votre personnalité ; enfin, on est tous pareils, on se cherche perpétuellement et on essaie de se défendre chacun avec nos armes.

          Vous pensez que ces gens qui choisissent mal selon vous sont de mauvaises personnes qui trompent leur monde dans le but d’asseoir leur pouvoir. Vous parlez de masse , de peuple, de social donc a priori vous êtes une personne généreuse. Mais vous avez vos pauvres.

          C’est passionnant chez vous cette capacité à dénoncer les mains mises, les complots, les lobbies . C’est marrant aussi de vous imaginer en grosse tête à qui on ne la fait pas. Vous semblez avoir oublié le côté dérisoire de tout cela pour pouvoir déballer vos théories un peu effrayantes, anxyogènes même. Vous vous faites un sang d’encre c’est fou. Attention de ne pas virer paranoïaque quand même, la vie est courte.

          Artémisia est donc une opération machiavélique montée par des diablesses qui ont compris hierk hierk que 80 % du lectorat ce sont des femmes. Ah ben oui, ça se voit dans les listes des best-sellers ça. Houlà ! Qu’est-ce que c’est pertinent votre remarque. Elles adorent Lanfeust et XIII et raffolent de Titeuf et des blondes car elles ont de l’humour bien entendu. Elles se ruent sur les histoires de voitures et d’avions et Blake et Mortimer ça c’est de la chick lit.

          Ces nouvelles distinctions sont juste le fait de personnes qui ont vu que pas mal de nouveaux livres étaient écrits et dessinés par des femmes et que peut-être il serait bon de braquer un projecteur dessus. Rien de plus. Les livres mis en avant parlent de ça, l’ambition éditoriale derrière doit être dans cette ligne. Il y a sinon des dizaines d’autres auteures qui travaillent dans de multiples domaines qui ne seront pas nominées, là aussi c’est le jeu.

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          • Répondu le 13 janvier 2012 à  12:32 :

            Ouffff !Monsieur Salma,mon CQFD était de l’humour:j’avais par présupposé imaginé que vous en étiez pourvu !C’est en tout cas comme ça que j’avais pris votre commentaire.Vraiment désolé s’il vous a heurté.Il est vrai que les smileys ça manque !Ensuite....

            Re-oufff.Vous êtes un romantique monsieur Salma:c’est normal vous êtes un artiste,une épine dorsale.Romantique et fataliste...

            Ce n’est pas mon classement:c’est celui de la réalité sociale.Classement et son étude qui n’"arrangent" pas forcément ceux qui l’ont fait. On peut même se demander s’ils ont envie que ça change.

            Le problème avec les jurys d’auteurs et spécialement ceux d’Angoulême,c’est qu’ils ne connaissent de la BD -qu’ils ne lisent pas-que la leur et celles de leurs copains.Les autres(jurys) en ont une vision tronquée.Alors après.......ça nous amène directement au fait que le différent,l’inédit,la voi(e)x nouvelle ne l’est souvent que pour eux.LA BD EST UN PHÉNOMENE MONDIAL et déjà ancien !.Primer sélectionner sur cet argument là tourne vite au ridicule.Pourtant tout un système s’est construit sur ça.Et différent ne veux pas forcément dire de qualité.La différence n’est pas une qualité en soi.La recherche de la qualité tout court c’est déjà bien !

            Je ne cherche aucune légitimité et,aucune bible ne m’a formé :je suis un impie chronique.Ces explications ,et il en faudrait d’autres en complément, toutes aussi édifiantes et instructives ;ne visent qu’a donner à ceux qui les ignoraient des "clefs".Libre après à chacun d’en faire ce qu’il veut.Parce que tout ça n’est pas une logique mais bien une mécanique.Insidieuse comme je l’ai dit parce que le plus souvent inconsciente.Inconsciente et pavée des meilleures intentions.Le plus souvent oui !

            Cette liste des best-sellers est celle des BD pas celle des livres ,des vrais !Et si on pouvait rameuter certaines acheteuses dans les librairies spécialisées...Et pourquoi elles n’aimeraient ,et n’achèteraient pas ,les albums que vous citez,avec pour seule préférence la chik-lit:quelle misogynie !!Attention Chantal Montellier va vous tomber sur le râble !

            Il n’empêche ce sont toujours les mêmes qui sont primés et mis en avant :quel que soit la qualité de leur œuvre d’ailleurs.Un peu plus de diversité ne ferait de mal à personne.Mes commentaires ne disent rien d’autre.

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            • Répondu par J-Paul le 15 janvier 2012 à  23:51 :

              Le problème avec les jurys d’auteurs et spécialement ceux d’Angoulême,c’est qu’ils ne connaissent de la BD -qu’ils ne lisent pas-que la leur et celles de leurs copains.

              Vous prenez vraiment les auteurs pour des cons. Ils connaissent très bien la BD, ils vivent dedans depuis des années, l’ont aimé avant d’en faire, et s’intéressent au medium qui est le leur, oui ils lisent, ils connaissent.

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    • Répondu par Fred le 11 janvier 2012 à  21:51 :

      Et son pendant servile :le conformisme scolaire et bourgeois.

      Toujours votre vieille antienne contradictoire et vide de sens. De la philosophie politique déclassée à deux balles, mais vous ne signez même plus vos commentaires, remarquez que vos tics langagiers suffisent à vous reconnaitre.

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    • Répondu par la plume occulte le 12 janvier 2012 à  12:24 :

      On pourra remarquer aussi utilement ,que les prescripteurs du "bon goût"culturel (journalistes,libraires ,bibliothécaires)en même temps que relais d’opinions, font partie-et donc font parti- des classes supérieures et moyennes.La classe populaire est donc peu ou pas représentée.

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  • Claire Braud remporte le Prix Artémisia pour "Mambo"
    11 janvier 2012 19:02, par Sébastien17

    Sauf erreur, cet album fait partie de la ligne éditoriale défendue par JC Menu et du programme de publications lancé par lui avant son éviction. Il serait bon d’y faire référence, merci.

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    • Répondu par Chantal Montellier le 12 janvier 2012 à  18:33 :

      Pinçon-Charlot, que je connais personnellement, sont aussi des "bourgeois" et le CNRS n’est pas un lieu ou souffle le vent de la révolution prolétarienne, je m’en serais rendu compte en vivant pendant 17 ans avec un sociologue institutionnel. Quand au conformisme de ce milieu là, il dépasse de loin tous les autres !
      Les femmes dessinatrices sont encore pas mal les prolétaires de l’homme, même si elles ne sont pas toutes nées dans les faubourgs d’une ville ouvrière.
      Chantal Montellier

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      • Répondu le 18 janvier 2012 à  16:56 :

        quand on est travailleur indépendant, que l’on soit femme ou non, on n’est le prolétaire que de soi-même (d’ailleurs on est plutôt chef d’entreprise dans ce cas là, de micro-entreprise, certes, mais chef quand même). C’est bien de défendre les femmes qui font de la bd, mais il faudrait voir à ne pas les faire passer pour des victimes non plus.

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