Clandestine (première partie)- Par Virginie Cady & Marc-Rénier - Futuropolis

26 mai 2009 0
  • Une enfance isolée, dans une famille de substitution. Pour grandir, pour se construire, l'imagination permet à la petite Virginie de s'évader tout en résistance futée. Un récit très personnel à la fois intimiste, fantaisiste et mélancolique.

Non désirée par sa mère, pas reconnue par le père, Virginie se retrouve dans une famille totalement féminine, composée d’une jeune grand-mère et de sa mère (une arrière-grand-mère donc). À la campagne, sans aller à l’école, la jeune fille rêve toute éveillée, dessine, pose des centaines de questions à ses nounous. La souffrance, elle, se cache dans des rêves sombres et des moments d’angoisse et de déprime.

L’auteure Virginie Cady ne cache pas la part d’autobiographie de cet album, dont la première partie s’étend sur 200 pages. Le personnage de la fille adoptée, cette "clandestine" du titre, occupe une place énorme, entre ses états d’âme et son univers incroyablement inventif.

Pour illustrer ces situations, Marc-Renier a réussi un coup de maître : son dessin est totalement neuf, différent de ses œuvres précédentes. On retrouve beaucoup de la part de délire d’auteurs comme Bess, Alexis et Rabaté, dans le désordre. Des influences venant de décennies différentes, pas un hasard étant donné le contexte de l’histoire : les années 70.

Tout en négligeant volontairement les décors, Marc-Rénier, avec une économie graphique notable, soigne les expressions, et surtout les nombreuses scènes oniriques, qui fleurent bon, justement, la BD des années Pilote et Métal Hurlant.

Malgré quelques longueurs, Clandestine convainc par la force du portrait de notre jeune fille espiègle, et la richesse des relations dans cette communauté de femmes qui chacune à sa manière, résiste à des vies abimées.

(par David TAUGIS)

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