Empress of Flame - Par Shin Araki & Takashi Minakuchi - Delcourt/Tonkam

9 mai 2017 0 commentaire
  • Nous plongeant dans une école de « héros » d’Heroïc Fantasy, un récit complet à la fibre « light novel » et « otaku » ultra-classique qui n’amusera que les plus passionnés du genre. Les autres lecteurs peuvent passer leur chemin.

Arnest, surnommée « Empress of Flame » et étudiante numéro un de l’académie des héros du royaume, se sent bien seule : aucun camarade de classe n’ose se lier d’amitié avec elle, car elle est intimidante, certes, mais surtout parce qu’elle doit porter le poids d’une malédiction familiale… qui pourrait détruire sa vie si elle baisse sa garde ne serait-ce qu’une seule fois !

C’est sur cet état de fait que débarque Blade, étudiant transféré, naïf, simple et direct, venu simplement se faire des amis, et dont l’attitude tranche totalement avec celle d‘Arnest. Blade a le don de mettre notre héroïne hors d’elle mais il possède une puissance surprenante qui pourrait rivaliser avec celle du héros de la légende qui vaincu jadis les forces du mal...

Empress of Flame est une histoire très classique, et très clichée, dont tout lecteur pourra facilement anticiper les développements et le dénouement. L’ensemble se démarque en rien et le dessin, les personnages et la narration se révèlent dans le standard du genre, ne présentant aucun défaut particulier. Ce manque d’originalité et la simplicité du propos surprennent.

A la base nous avons un light novel [1], ce qui ne devrait pas surprendre les amateurs du genre : Eiyuu Kyoushitsu, littéralement « La classe pour héros », débuté en 2015 et qui compte pour le moment sept tomes au Japon.

Empress of Flame - Par Shin Araki & Takashi Minakuchi - Delcourt/Tonkam
© 2015 Takashi Minakuchi / SHUEISHA

Une adaptation manga existe mais le tome qui nous intéresse aujourd’hui est un one-shot qui reprend l’histoire du premier tome de la série en adoptant le point de vue de l’héroïne. Un type de « produit » classique mais destiné aux lecteurs du « récit principal » qui souhaitent prolonger leur expérience de l’univers original.

Et c’est bien là tout le problème, ce type de récit s’appuie sur un prérequis essentiel : l’affection préalable du lecteur pour les personnages. Sans connaître l’œuvre originale, il apparaît très difficile pour ce type de récit de fonctionner auprès du lecteur... Ce qui est le cas ici.

Empress of Flame échoue à tous les plans car il ne dépasse jamais sa nature de « produit » pour « fan de l’œuvre originale », dont on devine même par moments les passages qui font y clin d’œil... et qui tombent fatalement à l’eau !

Alors pourquoi publier un manga de ce genre, aussi « basique » ? Est-ce une expérimentation de la part de Delcourt/Tonkam ou un livre qui faisait partie d’un « package » acheté chez l’éditeur japonais (Shueisha dans l’occurrence ici) ?

Dans tous les cas si Empress of Flame demeure un récit sympathique et amusant pour les plus férus amateurs de light novel, il se révèle surtout malheureusement oubliable.

© 2015 Takashi Minakuchi / SHUEISHA

(par Guillaume Boutet)

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Empress of Flame. Par Shin Araki (auteur original) & Takashi Minakuchi (dessin). Traduction Lilian Lebrun. Delcourt/Tonkam, collection "Seinen". Sortie le 29 mars 2017. 192 pages. 7,99 euros.

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[1Petits romans publiés en feuilleton illustrés formellement très simples et très populaires, notamment auprès du jeune public.

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