Harry Cover - L’ensorcelante Parodie - par Veys & Baka - Delcourt

2 novembre 2005 0 commentaire
  • Les grands succès, qu'ils soient littéraires ou cinématographiques, appellent souvent à la parodie. Harry Potter ne pouvait pas échapper à cette tendance. Avec {Baker Street} et {Philip et Francis}, Pierre Veys a démontré son talent de scénariste pasticheur. Mais cette fois-ci, et malgré son titre, la parodie n'est pas très ensorcelante...

Harry Cover a tendance à abuser un peu trop de sa baguette magique dans le monde des "malodorus" c’est-à-dire des humains. En fait, ce n’est pas un garçon comme les autres... Avec son ami Pron, il fréquente Poudrozieu, une école de sorcellerie. Mais dans l’ombre, l’infâme Boldemorve, ennemi juré de Harry Cover, fomente un terrible complot pour la fête d’Halloween. Averti par une lettre anonyme, Harry, épaulé par Pron et leur amie Hormone, décide de détruire tout le stock de citrouilles, pour empêcher les fêtes d’Halloween d’avoir lieu.

Avec Harry Cover, Pierre Veys ne fait pas dans la dentelle : le Quidditch consiste à devoir attraper le "roulodpékitch" assis sur des "turbochiottes", Hermione est renommée Hormone et ne cesse d’avoir des bouffées de chaleur. Bref, le scénariste se cantonne dans un humour "pipi-caca" décevant au vu de ses précédentes parodies. D’autant plus, que du coup, sans vouloir jouer les prudes, l’album n’est manifestement pas destiné au plus jeune public, la cible naturelle.

Baka semble très à l’aise dans cette ambiance un peu "trash". Hormone est provocante à souhait, Doryphore (Dumbledore) se retrouve en professeur "rasta", Boldemorve bave de partout... Son dessin fourmille de clins d’œil à des héros de séries Delcourt (amusez-vous à dénicher les personnages bien connus de Sillage, Donjon, Petit Vampire, Aquablue...) et de petits gags dans des détails du décor (titres des livres sur les étagères, affiches au second plan, etc.). Malgré tout, l’ensemble reste bien en-dessous des possibilités que peut offrir une parodie sur une telle histoire.

La parution de cet album est parfaitement programmée entre le tome n°6 et le quatrième film de Harry Potter. C’est aussi là le problème. Le lecteur a rapidement l’impression que les auteurs ont plus misé sur un nom vendeur que sur un comique maîtrisé et achevé.

(par Laurent Boileau)

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