Jeunauteur - T.1 : « Souffrir pour écrire » - Québec-Amérique

21 novembre 2008 0
  • Avec {Jeunauteur}, les Éditions Québec-Amérique inaugurent Code Bar, une nouvelle collection de bande dessinée qui vient concurrencer le marché québécois détenu par La Pastèque et Mécanique Générale.

Elles ont choisi de confier cette mission à Stéphane Dompierre, un romancier qui nous livre ici son premier scénario, et à Pascal Girard, un illustrateur qui a déjà fait ses preuves dans le milieu de la BDQ ( Nicolas, Mécanique Générale ; Paresse, La Pastèque). Le résultat ? Au Québec, le succès commercial est inespéré : pour le deuxième mois consécutif, l’album est déclaré meilleur vendeur par l’Association des libraires du Québec, parvenant même à devancer Titeuf T.12 : Le sens de la vie. Regard critique sur le phénomène.

Comment décrire Jeunauteur ? On ne connaît ni son nom, ni son âge, ni sa profession, mais ce Jeunauteur a tout abandonné pour se lancer dans l’écriture d’un premier roman. Ce projet lui fait découvrir les supplices (dérisoires) du métier : les ravages d’un virus informatiques, l’importance de choisir la bonne chaise ergonomique, les joies de faire affaire avec un centre d’appels téléphoniques, etc. De temps à autre, sa copine, qu’on ne voit jamais, intervient pour se moquer de lui, donnant ainsi ce ton délicieusement cynique à l’œuvre.

Jeunauteur est avant tout un album conceptuel qui repose autant sur la forme que sur le contenu. Les auteurs nous proposent un jeu formel réussi : chaque planche est composée de quatre cases symétriques avec chute à la fin, le personnage est presque toujours dans la même position et les décors restent pareils : Jeunauteur est devant son ordinateur, occasionnellement dans sa bibliothèque et, exceptionnellement, aux W.C. Or, Dompierre et Girard parviennent aisément à surmonter l’ennui qu’aurait pu occasionner le choix d’un graphisme aussi statique.

Quant à l’humour mis en œuvre, il s’agit majoritairement d’un comique de répétition où s’enchaînent une série de running gags. Fait notable : la chute ne s’apprécie réellement que si on prend la peine de lire le titre de chacune des planches.

Du reste, même si Jeunauteur ne présente rien de bien nouveau, cet album sans prétention reste drôle et léger ; on nous propose ici une lecture fluide et comique, sans plus.

(par Marianne St-Jacques)

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