L’Amant - Par Kan Takahama - Editions Rue de Sèvres

4 février 2020 0 commentaire
  • Avec cette version manga du best-seller de Marguerite Duras, Rue de Sèvres poursuit sa politique d'adaptation de grands succès littéraires.
L'Amant - Par Kan Takahama - Editions Rue de Sèvres
Kan Takahama est reconnue en Europe depuis les années 2000.
Photo ; DR - Rue de Sèvres.

Après Retour à Killybegs de Sorj Chalandon, Bonjour Tristesse d’après Françoise Sagan et plus récemment Couleur d’incendie de Pierre Lemaître, c’est au tour du célèbre prix Goncourt 1984 de rejoindre le rayon BD.

L’intrigue se résume à un récit d’autofiction, dans lequel la narratrice raconte son idylle avec un jeune homme bien plus riche qu’elle. Âgée de quinze ans, elle vit avec sa mère et ses deux frères et rêve de devenir... écrivaine ! Sur le bac qui l’emmène au lycée où elle est pensionnaire, elle rencontre ce jeune Chinois qui la fascine.

S’engage alors entre les deux jeunes gens une relation intense dans laquelle la passion, l’argent, mais aussi les différences sociales exercent une pression très forte. Le jeune homme est issu d’une famille particulièrement aisée, on lui a choisi une femme de son rang, qu’il doit épouser dans quelques temps.

L’Amant - Par Kan Takahama
© Editions Rue de Sèvres

La narratrice, elle, évolue dans un milieu plus modeste ; les relations y sont difficiles et parfois conflictuelles. Ce premier amour signifiera pour la jeune femme l’expérience du doute, de la jalousie et de la peur, autant d’épreuves qui la marqueront jusqu’à la fin de sa vie.

À partir de ce pitch assez simple, tout l’enjeu de l’adaptation consiste à restituer l’ambiance et l’émotion ressenties par les deux millions de lecteurs du roman. Les tons, les lumières et le rythme du découpage épousent l’atmosphère si particulière de l’Indochine des années 1930, élément essentiel et central de la narration.

L’Amant - Par Kan Takahama
© Éditions Rue de Sèvres
Avez-vous lu les classiques de la littérature ? © Rue de Sèvres

Profondément impressionnée à la lecture du livre découvert à 16 ans, l’âge de l’héroïne, Kan Takahama a su demeurer au plus près du texte par ses choix graphiques et narratifs. Souple et fluide, son trait traduit avec autant de force que d’émotion l’atmosphère et les couleurs locales sans négliger pour autant de s’attarder avec subtilité sur les états d’âme des deux personnages.

N’hésitant pas à s’imprégner des lieux fréquentés par Duras dans sa jeunesse, la mangaka parvient à articuler la narration à l’évolution psychologique des deux amants. Cela aboutit à une chronique lumineuse mais désenchantée, une idylle singulière qui ne cessera de poursuivre la narratrice jusqu’à la fin de sa vie.

Cette adaptation plaisante et d’une lecture agréable s’avère finalement plutôt réussie et devrait autant séduire les amateurs de littérature que les bédéphiles exigeants. Si vous n’avez pas lu le roman, vous pouvez en découvrir l’essentiel dans le livre de Soledad Bravi et Pascale Frey, chez le même éditeur.

© Soledad Bravi et Pascale Frey - Rue de Sèvres

(par Patrice Gentilhomme)

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