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La plus jolie fin du monde – Par Zviane - Mécanique générale

  • Lorsqu’on est pianiste, compositrice, enseignante de musique, dessinatrice de BD et étudiante à l’université, quelle carrière doit-on envisager?

C’est cette question que se pose Zviane dans La plus jolie fin du monde. Cet album, à mi-chemin entre le journal intime et l’autofiction, raconte les déboires de Sylvie-Anne Ménard (le véritable nom de l’auteure), une jeune femme montréalaise qui hésite entre entreprendre une maîtrise universitaire en composition musicale et retourner au CÉGEP (un collège québécois pré-universitaire) pour y étudier le dessin et l’animation. Bref, Sylvie-Anne est déchirée entre ses deux passions : la musique et la bande dessinée.

Bien que l’album gravite autour de ce dilemme académique, l’auteure ne manque pas de nous initier à son à son entourage privé, en plus de nous faire suivre ses péripéties professionnelles : les contrats de transcription musicale qu’elle décroche, les cours de pianos qu’elle donne, les concerts auxquels elle assiste ou encore le travail qu’elle effectue auprès des gens atteints d’autisme. Côté BD, Zviane met également en image les évènements littéraires auxquels elle participe (le Festival de la bande dessinée francophone de Québec et le Rendez-vous international de la bande dessinée de Gatineau) ainsi que les différents acteurs de la BD québécoise qu’elle rencontre.

Pour ce qui est du style, La plus jolie fin du monde donne l’impression d’être réalisé à l’improviste. Les cases dessinées à mains levées et le style nerveux de Zviane ressemblent à ce qu’on peut trouver sur la plupart des blogs BD : des planches réalisées rapidement et sans retouches pour une publication immédiate. (À noter que l’auteure tient d’ailleurs elle-même un blog).

Quant à l’intrigue, le début de l’ouvrage est lent et lassant mais, après quelques centaines de pages, on finit malgré tout par s’attacher au personnage de Sylvie-Anne. Du reste, à part le côté anecdotique de l’ouvrage ainsi que les dialogues où Zviane s’entretient avec son alter-ego (« le lapin rabat-joie »), le récit ne présente que des banalités du quotidien : aller à la piscine, manger au restaurant, se trouver affecté d’un rhume, prendre le métro etc.

Si rien n’est particulièrement mauvais, La plus jolie fin du monde reste décevant pour tous ceux qui ont déjà eu le plaisir de lire Zviane, une artiste dynamique, talentueuse et très active dans le milieu du neuvième art au Québec. Bref, ce one-shot est bien loin de rendre justice à son auteure.

(par Marianne St-Jacques)

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