Lady Snowblood T3 : épilogue – Par Kazuo Koïke et Kazuo Kamimura – Kana Senseï

16 août 2008 0 commentaire
  • Où l’on découvre Lady Snowblood en promotrice de la gymnastique suédoise et Kazuo Koïke défendant des idées anti-militaristes et quasi-socialisantes. Remarquable.

On ne se lasse pas de lire les aventures de Lady Snowblood de Kazuo Koïke et Kazuo Kamimura (3 volumes, avec coffret, chez Kana Senseï), et en particulier le dernier tome publié de ses aventures Lady Snowblood – Épilogue.

Lady Snowblood T3 : épilogue – Par Kazuo Koïke et Kazuo Kamimura – Kana Senseï
Le coffret des 3 volumes de Lady Snowblood.
Ed. Kana / Sensei

On y découvre la belle tueuse professeur d’éducation physique, attachée à promouvoir la gymnastique suédoise pour aider les Japonaises à paraître aussi belles que les Occidentales (sic). Avec comme point de départ cette drôle d’idée, Koïke écrit un scénario sur fond de rivalité entre le ministère de l’éducation et celui de l’armée, critiquant un nationalisme de l’ère Meiji devenu fascisant et une éducation qui se mettait au service des possédants plutôt que du Bien Public.

Le choix de la gymnastique suédoise n’est pas fortuit : c’est le modèle de société suédois et son état-providence qui est ainsi mis en référence au travers du personnage de Noe Itô (1895-1923), une anarchiste féministe qui a vraiment existé et qui est représentée dans ce volume. Le nationalisme japonais, sa dérive militariste qui fut celle de l’avant-guerre, sont vertement mis en accusation, instruments, selon l’auteur, d’un pouvoir antidémocratique.

Avec son érotisme élégant et désuet, ses combats épiques, ses propos féministes et démocrates assumés et ses représentations soucieuses de perpétuer la culture japonaise traditionnelle, Lady Snowblood est une œuvre marquante, élégante et intelligente et, ce qui ne gâche rien, d’une grande beauté plastique.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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