Les Fleury-Nadal T2 : Benjamin - Par Giroud & Hulet - Glénat

24 juillet 2007 0 commentaire
  • Explorant les personnages secondaires du {Décalogue}, les {Fleury-Nadal} prolongent de belle façon cette série mère. Nouvel intervenant, Hulet remplit magnifiquement son contrat, dans une très belle mise en image d’un conte romantique et aventureux de Giroud.

Les Fleury-Nadal T2 : Benjamin - Par Giroud & Hulet - GlénatJuillet 1830. Sur les barricades qui se dressent contre Charles X, Benjamin, fils de Ninon et élève ingénieur polytechnique, sauve un peintre de la mort. Ce dernier lui fait découvrir le portrait d’une jeune femme qui ne va cesser de le hanter. Obnubilé également par les aquarelles de Fernand Desnouettes, il s’embarque quelques années plus tard pour collaborer à la modernisation de l’Égypte, quand un jour, au milieu de la foule, il lui semble reconnaître la mystérieuse jeune femme de la peinture.

Comme à son habitude, Frank Giroud explore les méandres de l’Histoire pour y nicher ses scénarios. Propulsé dans les heurts de la Restauration, ce second tome des Fleury-Nadal quitte rapidement le Paris de Ninon et de Nahik pour nous entraîner dans la mystérieuse Égypte. On y découvre le rôle prépondérant des anciens officiers de l’Empire et des Saint-Simoniens dans la conduite des grands travaux publics égyptiens, mais également l’implantation des Français suite à la campagne napoléonienne. Le décor solidement planté, le cadre romantique prend le dessus, pour dessiner tout en tendresse et discussion culturelles les amours naissantes d’un jeune couple. Cette première partie de ce diptyque se clôt par un inattendu moment de tension, et il y a fort à parier que la suite sera autant mouvementée qu’aventureuse. Après Ninon, très statique et axée sur les relations interpersonnelles comme Nahik, Benjamin renoue avec les grands moments exotiques du Décalogue, tel le Papyrus de Kôm-Ombo, le romantisme en sus.

Dans la galerie des dessinateurs invités dans cette série qui a déjà gagné ses lettres de noblesses, tels J.F. Charles, Béhé, Gillon ou Faure, Daniel Hulet paraît comme un poisson dans l’eau. Si le Paris des salons semble un exercice un peu lassant pour l’auteur d’Immondys et d’Extra-Muros, il prend toute sa dimension dès le premier tiers de l’album avec l’arrivée au pays des pyramides : le dessinateur de Pharaon, qui avait déjà pu aborder ce pays mystérieux dans cette dernière série, rend merveilleusement les ambiances locales et les architectures musulmanes. De plus, les passages oniriques dont il a le secret pimentent savamment l’intrigue. Cette plongée talentueuse dans ce pays haut en couleurs ravissent les yeux, et permettent de profiter pleinement autant de l’intrigue que du chassé-croisé amoureux. Seul bémol : ses minois atypiques heurtent parfois l’œil et donc le rythme de lecture, même le Sphinx semble défiguré par le regard cauchemardesque de l’auteur fantastique.

Un grand moment de bande dessinée que les fans du Décalogue ne pourront pas manquer et qui est aussi un des plus beaux albums graphiques de la série, au service d’une tendre histoire romantique, accompagnée de passionnantes discussions de société. Une plongée réaliste et divertissante de toute beauté.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?