Les dédicaces de bande dessinée… Qui va payer ?

18 juillet 2019 16 commentaires
  • L’affaire tourne en boucle dans les réseaux sociaux depuis que représentants des auteurs, le SNAC BD et l’ADABD ont enfourché leur nouvel objectif : faire payer le temps passé par les auteurs dans les festivals et les librairies, un temps qui est très souvent loin d'être profitable aux créateurs…

Dans le viseur, la dédicace, cet acte gratuit offert au lecteur avec cette analyse relayée dans un communiqué du SNAC BD : «  Passer un weekend loin de chez soi, accueilli dans des conditions souvent confortables mais parfois discutables, beaucoup d’auteurs commencent à y rechigner. Certes, il y a le plaisir de retrouver les camarades du métier, parfois les organisateurs devenus des amis, et bien sûr les lecteurs. Mais il y a aussi la fatigue accumulée, le temps passé et le manque à gagner qui va avec. Pour bon nombre d’auteurs-trices dont la situation est extrêmement précaire, ce coût n’est plus envisageable. La limite est atteinte, et la bonne volonté des auteurs, qui a permis à nombre de festivals et salons de se développer, ne saurait persister encore bien longtemps. »

Et le SNAC BD d’ajouter : «  Ne pas reconnaître que cette présence régulière, assidue, de ces auteurs et autrices permette aussi aux éditeurs en place de vendre des milliers d’albums à un public venu uniquement rencontrer ces mêmes auteurs, voilà ce qui serait contre nature. Albums sur lesquels, puisque les droits générés viendront très souvent juste compenser leurs avances, la plupart des auteurs et autrices ne retoucheront pas un centime. »

Les dédicaces de bande dessinée… Qui va payer ?

Un vrai problème

Il est vrai que l‘on dénombre plus de 300 festivals de BD en Francophonie et plusieurs milliers de séances de signature en librairie. Il est vrai qu’elles sont le plus souvent assorties de dessins qui se retrouvent parfois dès le lendemain sur Ebay, sur Catawiki ou au Bon coin. Il est vrai que ces festivals trouvent grâce à cela le moyen de vendre leur ticket d’entrée plus ou moins cher, qu’ils obtiennent quelquefois des subventions, surtout les plus organisés d’entre eux, et que les libraires ont ce point d’appui pour booster leurs ventes. Mais la grande majorité de ces acteurs (festivals, libraires...) ne sont pas moins précaires ni moins généreux que les auteurs qu’ils invitent...

Cette revendication -parfaitement légitime- rencontre des réserves chez certains auteurs : « Voilà une polémique que j’ai du mal à comprendre, écrit Marc Bourgne sur sa page Facebook : les dédicaces payantes. Nous n’avons aucune obligation à nous rendre dans des salons, des festivals ou des librairies. D’ailleurs, nombreux sont les auteurs qui ne dédicacent jamais. Alors quel est le problème ? Nous sommes libres de faire ce que nous voulons : dédicacer gratuitement, faire payer les dédicaces, ne pas dédicacer... Il y a quelques années j’avais décidé de faire payer mes dédicaces ; je prévenais les organisateurs de festivals et les libraires pour qu’ils préviennent à leur tour les lecteurs, et voilà. Je suis finalement revenu rapidement à la gratuité parce que ça me gênait de faire payer à des gens qui avaient fait la queue pendant plusieurs heures et qui avait acheté mon album un dessin qui me prenait dix minutes. »

Des dédicaces que l’on revoit ensuite sur les plateformes de vente, parfois très chères...

Il ajoute aussitôt : « Par contre, lorsqu’on me demande une dédicace plus sophistiquée (par exemple en couleur) je la fais chez moi et je la fais payer. Un dessinateur avec qui je travaille propose en festival une dédicace simple (une tête au crayon) et si ses lecteurs veulent une dédicace plus sophistiquée (tête encrée, personnage en pied) ils payent. Toutes les formules sont possibles et il n’existe aucune obligation. Si un auteur veut faire payer ses dédicaces dans un festival et que l’organisateur refuse, et bien il n’y va pas et puis c’est tout. Encore une fois, je ne comprends pas le problème. »

Une déclaration polémique

À l’origine de cette montée de fièvre, il y a cette déclaration de Jacques Glénat, fondateur et PDG des éditions Glénat, montée en épingle par le site Actualitté aux Rencontres nationales de la librairie, à Marseille : « L’auteur qui fait une conférence, cela me parait normal qu’il soit rémunéré, mais celui qui vient faire la promotion de son livre, rencontrer des gens, je ne vois pas pourquoi on le payerait, c’est déjà une opportunité. Qu’on soit payé pour signer un livre, je trouve cela presque contre nature, car l’auteur est content de partager son travail avec les gens, d’entendre des questions, des commentaires... Ce serait un rapport un peu bizarre… »

Déclaration qui fait hurler le SNAC BD, d’autant qu’il ajoute, faisant probablement allusion à une déclaration récente de François Schuiten sur ActuaBD : « Que tout le monde n’arrive pas à en vivre, c’est un peu comme si un sculpteur ou un peintre expliquait qu’il arrêtait parce qu’il n’arrive pas à vendre ses œuvres. Oui, c’est embêtant, mais malheureusement, c’est le succès qui fait la différence. ».

Sur ce dernier point, le SNAC BD se fait cinglant : «  Il appuie donc cette regrettable hypocrisie qui veut faire peser sur l’auteur seul la responsabilité du succès de son œuvre. Comme si l’éditeur n’avait rien à y voir. Or, rappelons-le encore une fois : la vente n’est pas le travail de l’auteur, mais bien celui de l’éditeur, c’est même principalement pour ça qu’on lui cède les droits d’exploitation de nos œuvres ! Le fait que deux éditeurs majeurs du secteur partagent cette vision des choses nous semble en soit aussi révélateur que problématique. »

Jean-Pierre Dionnet, pourtant, auteur devenu éditeur puis redevenu auteur, rejoint cependant sur sa page Facebook le point de vue de Jacques Glénat : « Non, ce n’est pas naturel… Ça dépend. C’est comme faire payer les petits festivals pour les signatures. Il faut une géométrie variable : suivant les budgets des festivals, suivant les envies des auteurs, et leurs besoins propres. […] Et je pense au cauchemar de San Diego, aux tickets achetés d’avance, à la queue de gens qu’on refuse : l’auteur avait une demie-heure. Je pense à Margerin qui adorait comme Moebius y aller tous les week-ends un temps, et chiader des dessins : LEUR SUCCÈS S’EST AUSSI FAIT AINSI…  » [1]

Qui va payer ?

Reste la question de savoir qui va payer ? « Les auteurs de BD se tirent une balle dans le pied, nous dit un organisateur de salons du livre. S’ils veulent être payés, nous ne les inviterons plus, c’est simple, ou seulement les plus grandes stars. »

Jacques Glénat, dans son intervention à Marseille va dans ce sens : « Comme l’a montré une étude présentée ce matin, un des freins des libraires à faire venir les auteurs, ce sont les coûts  » Il rappelle que l’éditeur finance bon nombre de ces événements en intervenant dans les frais de déplacement des auteurs. Il est vrai qu’à Angoulême, les auteurs invités par l’éditeur reçoivent chez Glénat le gite et le couvert et que la seule présence d’un stand (souvent déléguée à un libraire) signifie des coûts de location de matériel et du personnel sur place (responsables éditoriaux, communicants, agents commerciaux…) Et Glénat d’ajouter : «  Si ces salons doivent en plus payer les auteurs pour leur temps de présence, je ne sais pas comment ils vont réussir à équilibrer leurs comptes. Finalement, c’est l’État qui va se retrouver à payer… »

Or l’état, c’est nous. Alors que la dédicace soit payante pour le consommateur ou que ce soit finalement le contribuable qui paie, qu’est-ce qui est le plus juste ? La réponse nous semble évidente, mais on peut se demander où tout cela va nous mener…

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos ; D. Pasamonik (L’Agence BD)

[1Nous nous sommes permis, pour des raisons de lisibilité, de corriger l’orthographe de ces posts rédigés parfois à la va-vite. NDLR.

 
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16 Messages :
  • Les dédicaces de bande dessinée… Qui va payer ?
    18 juillet 12:36, par JC Lebourdais

    Dans la plupart des autres pays, les salons de BD sont des entreprises, pas des associations, dont les budgets de promotion incluent les défraiements des auteurs invités, dont les dédicaces sont payantes (tarif variable selon le temps passé et la cote de l’artiste). Pendant des décennies, Stan Lee a fait payer $10 pour sa signature. Pourquoi pas en France ? Pourquoi cette hypocrisie, la BD est une marchandise comme les autres, dont le travail mérite salaire.

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  • Pauvres lecteurs et pauvres contribuables ! Mon dieu, que les auteurs sont des rats !!! Bientôt, il faudra taper dans les aides publiques qui sont attribuées et redistribuer l’argent issu des droits au prêt Sofia pour financer leur folie !!... Oh wait ???

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    • Répondu par Nico le 18 juillet à  15:27 :

      Pourquoi "pauvre lecteur" ?
      Un livre n’a pas besoin de dédicace pour être lu et apprécié.

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      • Répondu par Mig le 19 juillet à  13:17 :

        C’était ironique, la conclusion de l’article donne à penser que les autrices et auteurs ne pensent qu’à eux sans aucune réflexion sur le sujet et leur métier

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        • Répondu par nico le 19 juillet à  16:26 :

          Cet article n’a pas été écrit par un auteur.

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  • Mais pourquoi dans un tel article ne figure-t-il pas une mention du vrai problème ? Tout cela ne ferait pas polémique si les conditions, les contrats, n’étaient pas revus à la baisse depuis des années. Alors au lieu de monter les lecteurs, les librairies, les festivaliers, les organisateurs, asso’, auteurs et cie les uns contre les autres...

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  • Faux débat tout ça.
    Ca ne concerne que les auteurs qui n’arrivent pas à vivre de leur art.
    Les autres dédicacent si ils veulent, quand ils veulent et à leurs conditions, dans des festivals, des librairies ou directement sur facebook, gratuitement ou faisant payer.

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    • Répondu le 18 juillet à  21:22 :

      Ca ne concerne que les auteurs qui n’arrivent pas à vivre de leur art.

      C’est à dire aujourd’hui la grande majorité des auteurs, y compris les grands noms que tout le monde connait et dont le talent ne fait pas débat, c’est bien là le problème, la paupérisation des auteurs, donc Vrai débat tout ça.

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  • Regardez les ventes RÉUSSIES de dédicaces BD et vous verrez que seul une poignée de 10 auteurs à tout casser voient leurs œuvres dédicacées VENDUES.
    Le reste ne trouve pas acquéreur.
    Ne pas oublier que beaucoup de ces albums dédicacés tombent entre les mains de bouquinistes spécialisés livres d’occasion et pour qui tout prétexte est bon (et c’est normal) pour soutirer une plus-value et que pour eux un album dédicacé ça doit valoir plus. C’est leur vision des choses à ces bouquinistes, mais le public (le grand) ne tombe pas dans le piège. Car regardez les ventes réussies (j’y reviens).
    On peut proposer n’importe quoi à la vente. A n’importe quel prix. Chacun est libre.
    Mais vendre c’est autre chose... Proposer à la vente et vendre (échange commercial avec de l’argent) c’est 2 choses tout à fait différentes.
    On dit dans cet article que les auteurs ne sont pas responsables de leur succès. Ok.
    Et si maintenant on dit qu’ils ont les clés en main pour faire payer les dédicaces... pourra-t-on du coup mesurer leur succès (commercial vu que c’est une vente) ? Est-ce que ce sera un baromètre valable ? Et qu’est-ce qui fera la valeur ? La taille de la file ou le prix (au plus élevé au mieux ?) que les gens seront prêts à payer ?
    Si on dit que la dédicace c’est de l’art et qu’on vend cet art, est-ce que si l’auteur n’arrive pas à vendre ses dédicaces ou très peu ou très peu chères, on pourra parler d’insuccès ? D’échec ?
    Et si ça rentrait en ligne de compte après dans la négociation avec les éditeurs ? L’éditeur pourrait dire : Vous ne vendez pas des dédicaces, comment pouvez-vous croire que les gens vont acheter votre livre ? Attention aux dérives. On y viendra. Dire que ça ne se vend pas de la faute des éditeurs mais après aller vers un échec (ou des difficultés) avec la vente de dédicaces, ça va créer des réputations. Il y aura des premiers et des derniers. Rien ne changera. On aura juste mis l’argent sur la table. Ce fameux argent que les auteurs n’arrivent pas à faire cracher aux éditeurs. Du coup plan B. Nouvel El Dorado. J’imagine déjà les auteurs qui font des calculs dans les marges de leurs planches en rêvant : chérie, j’ai compté, l’année passée j’ai dédicacé 300 albums. Si j’avais fait payer 10 euros la dédicace on n’aurait pas dû revendre la chevalière de mamy pour réparer la voiture.
    Je ne souhaite manquer de respect à personne mais c’est de ce genre de montants dont on parle pour l’immense majorité (95% des auteurs). Sortir de la misère c’est faire cracher les éditeurs. Portez vos couilles et faites une grève des albums. Plus aucune nouveauté. Mais pas une grève de la dédicace. Vous voulez des vrais gros sous ou l’aumône ? Vous voulez manger le reste de votre vie ou juste demain ? Vous voulez changer les choses ? Vous dites que l’éditeur a besoin de vous, qu’il n’est rien sans vous mais vous vendez à vil prix votre art de peur de manquer de quelque chose demain. Pensez autrement. Pensez à après-demain. Serrez-vous la ceinture un an. En front commun et parfaite alliance. Plus aucune nouveauté. Plus aucune bd franco-belge. Stop intégral à la création. Et demain on repart sur de nouvelles bases. Mais ça qui osera ? Avoir du pouvoir c’est imposer sa vision du futur. La dédicace payante si c’est un futur ce serait une dystopie. Croyez en l’utopie. Vivez et changez les choses en mieux. Pas en moins bien. Courage et bonne chance amis auteurs. On se revoit dans les librairies en 2021. Si tout va bien.

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    • Répondu le 18 juillet à  21:26 :

      Serrez-vous la ceinture un an.

      Pauvre naïf, la plupart des auteurs se serrent la ceinture depuis10, 20, 30 ans.

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      • Répondu par burp le 19 juillet à  09:13 :

        Faut savoir ce que l’on veut.
        Soit on lutte en mettant effectivement la pression sur les employeurs avec une grève générale de la production d’oeuvre. Tout en étant intransigeant avec les jaunes parce qu’ils bénéficieront aussi des avantages acquis. Une bonne occasion pour remettre à plat droit social, contrat etc, etc.
        Soit on ferme sa gueule, on arrête de chialer et on se soigne avec un tube de vaseline tout en remerciant son patron, les libraires et tous les intermédiaires de la chaine du livre qui vous conchie comme vous le faite depuis10, 20, 30 ans

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  • " un des freins des libraires à faire venir les auteurs, ce sont les coûts "
    rappelez moi le % que prennent ses pauvres commerçants sur un livre pour le mettre en rayon. Sacré picsou il prend toujours les auteurs pour des c...

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  • Les dédicaces de bande dessinée… Qui va payer ?
    19 juillet 12:31, par Marc Bourgne

    Mon message sur facebook a eu près de 150 commentaires ! Tous courtois, d’ailleurs, ce qui prouve qu’il est possible de débattre sans s’énerver ou s’insulter.
    J’en ai conclu que ce problème ne concerne pas vraiment les auteurs qui gagnent bien leur vie et/ou ont une certaine notoriété, car ils peuvent faire payer leurs dédicaces ou ne pas dédicacer. Les autres, ceux -trop nombreux- qui ont du mal à joindre les deux bouts, sont obligés de dédicacer pour se faire connaître ou vendre quelques albums et auraient besoin d’être rémunérés par les libraires et les organisateurs de festival. Parce que s’ils font d’eux-même payer leurs dédicaces, les lecteurs susceptibles d’acheter leurs albums seront moins nombreux.
    Le problème étant que les libraires sont en difficulté, et que je n’en connaît aucun qui roule sur l’or. Ceux qui opposent auteurs et libraires se fourvoient complètement. Quant aux festivals, certains sont assez gros pour rémunérer les auteurs et devraient le faire, mais la plupart sont organisés par des passionnés au budget serré.
    Et quant à faire payer les séances de dédicaces par les éditeurs, ça me paraît absurde. Ce n’est pas du tout le rôle d’un éditeur. Et puis il faut arrêter de croire que l’édition est une manne qui enrichit de gros magnats à cigare. Un album se vend en moyenne à 3000 exemplaires, ce qui n’est pas rentable. Un important éditeur m’a confié que certains de ses albums se vendent à quelques dizaines d’exemplaires. Et ça n’ira pas en s’arrangeant, la baisse constante du nombre de lecteurs ne fera que s’accentuer dans les années qui viennent, les jeunes générations ne lisant pratiquement plus de BD franco-belge.

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  • Les dédicaces de bande dessinée… Qui va payer ?
    19 juillet 15:22, par Coups de crayon

    Et pourquoi pas tout le monde ? On prélève 5% (soit 0.75€ pour une BD à 15€ ) de remise à l’éditeur, 5% au diffuseur 5% au libraire qui organise la dédicace et 5% au public (avec la loi Lang le libraire peut faire varier les prix de 5%). On reverse les 20% collectés à l’auteur soit 3€ par album dédicacé (ceci en plus de ses droits d’auteur). Pour 20ex dédicacés ça représente 60€. Il reste à chaque acteur économique une part nécessaire et suffisante et le public ne devrait pas rechigner à payer 75 centimes de plus pour avoir une dédicace.

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  • Les dédicaces de bande dessinée… Qui va payer ?
    19 juillet 18:45, par Laurent Colonnier

    La France se vante d’être un pays de culture mais maltraite ses artistes. Certains pays ont plus de bienveillance à leur égard.
    La République d’Irlande améliore le régime de protection sociale de ses artistes
    Dès septembre, les artistes sans emploi recevront 12 mois d’allocation pour pouvoir perfectionner leur pratique.
    Les artistes d’Irlande du Sud toucheront des allocations durant leur première année de chômage sans avoir à chercher d’emploi, a annoncé le gouvernement vendredi 5 juillet. Ce nouveau régime de protection sociale devrait concerner les plasticiens, photographes, musiciens, acteurs et écrivains. Il sera effectif à la rentrée prochaine.

    https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/la-republique-dirlande-ameliore-le-regime-de-protection-sociale-de-ses-artistes-145199?fbclid=IwAR3EZAT57vIx_RJNVawyTbUlVoUhNecgB1kfD_7PdDOwpAfGzmCXxxk5DKE

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  • Bonjour,

    Je viens, par ce message, présenter mon point de vue et je tiens avant tout à présenter les choses suivantes :
    - J’ai environ 1000 dédicaces (dessins et signatures), que j’ai faites dans l’ensemble des festivals du Sud-Ouest, et ce depuis l’âge de mes 18ans, j’en ai 32.
    - Je m’estime comme faisant partie du "bon public" : c’est à dire que je ne fais pas de double file, je respecte les auteurs en échangeant 2 mots avec eux et sans éterniser la conversation par respect des gens qui attendent, et je mixte mon plaisir de la BD en achetant principalement en festival.
    - Je tiens à dire clairement que je ne touche pas un gros salaire (vous comprendrez pourquoi par la suite), moins de 1400€ net/mois.
    - Je tiens aussi à dire que je travaille du lundi au samedi et que les dimanches (uniquement) de festival je me lève tôt afin de rencontrer les auteurs.
    - Enfin, je tiens à dire une chose claire : je n’ai JAMAIS revendu de dédicaces sur quelconques sites.

    Maintenant je vais donner mon point de vue, en tant que public, et mon ressenti vis-à-vis des dialogues que j’ai eu avec certains auteurs (que je ne citerai pas pour mettre personne en porte à faux).

    Il faut savoir que, en ce qui me concerne (ainsi que beaucoup d’autres « aficionados »), il m’est compliqué de payer une dédicace, je n’ai pas les moyens financiers de me le permettre.
    Un festival m’engendre les frais suivants : l’essence de voiture, d’éventuels péages, le repas du midi, l’achat des albums.

    Pour moi, il me paraît primordial de faire vivre un festival, une asso, un libraire et les auteurs. J’achète en moyenne entre 80 et 150€ d’albums par festival. Payer une dédicace (entre 20 et 80€ selon les discussions que j’ai eu avec les auteurs), ne m’est absolument pas possible financièrement, soit j’achète 4, 5, 7 albums, soit j’achète 1 album avec UNE dédicace payante, je pense dans ce cas-là que le terme de passion n’existerai plus, car me déplacer en festival pour 1 album n’est pas possible.

    Le problème de la dédicace payante, pour des gens comme moi est que OUI nous allons reverser une somme à un auteur qui mérite sa part du gâteau MAIS c’est les libraires qui vont en payer les frais puisqu’il y aura moins d’achats d’album du fait. Et cela engendre le cercle et le problème suivant : QUI fait vivre le festival ? Est-ce le « public fan » comme moi qui achète tous ces albums, ou un « public de passage » qui vient faire un tour, achète 1 ou 2 albums et repart ? Si les dédicaces deviennent payantes, je suis certain que le chiffre d’affaire du libraire va baisser, donc moins d’affluence, donc moins de subventions et de sponsor pour l’asso, donc …

    Pourquoi est-ce que les « fans » ont ce plaisir de la dédicace ? Et bien parce qu’il y a la magie du dessin, de voir une image se construire par des gens de talent, de discuter d’une passion artistique … Si les auteurs ont des commandes de dédicaces pour des fans, il n’y a plus cette magie de voir cela, et je trouve ça dommage.

    Après je comprend tout à fait que les auteurs veulent voir les travaux récompensés, et là encore en tant que public il y a une chose qui me scandalise : il n’est pas normal qu’un auteur ne touche que 30 ou 50 centimes par albums vendus de la part de l’éditeur, sur un album qui ME coûte 15€. Je préfèrerai CLAIREMENT que la répartition de ce prix soit mieux réparti.

    Je vais tenter de donner des pistes de solution à développer, en sachant bien que tant que les lois officielles sur les éditions ne bougent pas, il sera difficile pour l’ensemble du monde la BD de faire évoluer les choses.

    - En ce qui concerne les festivals associatifs, je suis prêt à payer l’entrée dans la mesure du correct. Le problème serait que pratiquement seul le « public fan » entrera dans cette option, il est plus compliqué de faire payer un « public de passage » pour les festivals qui veulent développer la BD. De cette somme récoltés par l’organisation, pourquoi pas en verser une partie aux auteurs.

    - Je suis tout à fait pour les pass d’achat d’un album acheté par festival donnant le droit à 2 dédicaces : cela permet de faire vivre le festival, le libraire, et d’acheter des albums tout au long de l’année à son libraire pour faire vivre les auteurs que j’aime.

    - Je conseille aux auteurs de faire des dessins simples en dédicace, un crayonné avec un petit encrage éventuellement.

    - Là où les choses doivent à mon sens clairement changer, c’est dans les grosses structures comme Angoulème, où ce sont les éditions qui mettent en place leur stand. Le pourcentage qui revient normalement au libraire n’est pas pris en compte puisque les éditions sont directement sur place, donc à mon sens il faudrait prendre cette marge de TOUS les albums vendus par un éditeur, et la diviser entre le dit éditeur et les auteurs invités. Cela permettrait de « rémunérer » le travail des auteurs sur ces évènements, et éventuellement au proratas du nombre d’heures passées à dédicacer dans ces festivals (un auteur dédicaçant 4 jours aurait plus qu‘un auteur dédicaçant 2 jours). Je suis conscient aussi qu’on rentre dans un système entreprise salarié qui est contraire au principe de l’édition et de passion, mais ça peut être une piste à développer.

    Voilà, j’espère par ce message ne choquer personne et que les auteurs qui peuvent être en désaccord avec moi, ne me refuseront pas un petit croquis lors de mon passage avec mon album.

    Au plaisir de vous rencontrer et de discuter.

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