Retour sur les Monstres Géants "Kaiju Eiga" dans un contexte carcéral.

17 juillet 2019 0 commentaire
  • Les amateurs de monstres du genre "Kaiju Eiga" seront aux anges. En dépit d'un trait enfantin, la trame signée Zander Cannon marquera longtemps les esprits. De quoi susciter l'envie de replonger dans les films tels que "Gojira", "Gamera" & "King Kong".

Une prison de haute sécurité sur l’île de Kaijumax, voilà ce qui attend Electrogor, condamné pour avoir simplement voulu préserver ses enfants de la faim. Il devra s’armer de patience et s’entourer des meilleurs alliés afin d’espérer s’évader d’un endroit où règne la loi du plus fort. L’île de Kaijumax comporte un amas de monstres géants, issus des profondeurs abyssales ou venus de l’espace...

Un OVNI ! Voilà ce qui vous attend à la lecture de Kaijumax, une œuvre désopilante, poignante, triste par moments et recommandée par la crème des auteurs anglophones, tels que les célébrissimes Alan Moore et Ed Brubaker, pour ne citer qu’eux. Kaijumax interpelle, et suscite l’enthoussiasme à l’unanimité.

Pourtant, lorsqu’on feuillette cette brique de plus de 350 pages, on ne peut prétendre être ébloui par la qualité graphique qui, de prime abord, propose un trait pour une audience relativement juvénile. Comment expliquer l’engouement d’artistes internationaux ainsi que des plateformes médiatiques face à ce comics déjanté ?

Pour deux raisons qui nous apparaissent essentielles.

Premièrement, ce titre opère la fusion de deux genres : celui des monstres géants Kaiju, associé à la thématique de la prison. Ces sujets ont certes été maintes fois proposés, mais sont ici parfaitement élaborés par l’auteur Zander Cannon.

La seconde explication de ce succès provient de sa construction et de la très réussie caractérisation de chacun de ses nombreux protagonistes : les monstres, hideux en apparence, s’avèrent parfois pourvus d’un cœur tendre, ressentant des sentiments comparables à ceux des humains. Nous ne pouvons qu’admirer l’évolution d’une trame en béton, mais abordée avec beaucoup de finesse, d’autant que l’apparence repoussante des héros du récit offre un spectacle sidérant.

Ces éléments réunis parviennent à capter l’attention du lecteur, et ce, en dépit d’un graphisme peu attractif, voire indigeste. À l’exception de l’assistance de Jason Fischer pour la colorisation, Zander Cannon travaille d’amont en aval sur Kaijumax : il en est le créateur,le scénariste, le dessinateur et le coloriste, c’est dire ! Cet artiste s’est fait connaître durant les années 1990 grâce à sa collaboration avec Alan Moore sur la série Top 10, œuvre-culte à l’atmosphère pétillante, alliant enquêtes policières et super-pouvoirs.

Ce comics s’adresse toutefois à un public mature, capable de saisir toutes les subtilités et sujets traités par le récit. Des thèmes choquants tels que le viol, le trafic des gangs et les rivalités violentes entre détenus y sont explicitement abordés.

Notons le lexique en fin d’album, reprenant les références de l’auteur sur les grands films du genre. Des titres provenant essentiellement des années 1960 et 1970 tels que : "Godzilla vs. Megallon" ou "Gamera vs. Viras". L’occasion de (re-)découvrir certains classiques et films plus rares.

Vous l’aurez donc compris : Kaijumax est une valeur sûre pour tout amateur de Comics moderne déjanté et désopilant. Les éditions Bliss Comics prouvent qu’ils peuvent étendre leur statut, et cela même en dehors de leurs héros-phares de l’univers Valiant.

Retour sur les Monstres Géants "Kaiju Eiga" dans un contexte carcéral.
©Zander Cannon / Bliss Comics

(par Marc Vandermeer)

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Kaijumax Livre T. 1. Auteur : Zander Cannon. Éditeur : Bliss Comics. 360 pages. Sortie : le 21 juin 2019. Prix : 35 euros.

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