Manhattan Beach 1957 - Hermann et Yves H. - Lombard

28 novembre 2002 0
  • John Haig est un policier taciturne, qui n'a jamais réussi à cicatriser une déchirure d'il y a vingt ans, lorsque, parti plein d'ambition pour Las Vegas, son chemin croisa celui d'une jeune fille en fuite, Daisy. Une rencontre qui allait tourner au drame et il n'allait jamais s'en remettre. Mais le passé, tout à coup, lui resurgit au visage. Avec son nouveau lot de drames.

1976. John Haig promène sa quarantaine mélancolique et désabusée. Son métier de flic ne le passionne plus et c’est un peu en fonctionnaire qu’il veille sur son patelin perdu au fin fond du Missouri où, de toute manière, il ne se passe pas grand-chose.

Lorsque l’on retrouve le corps d’une adolescente assassinée dans une forêt voisine, Haig enquête avec rigueur et précision sur cette macabre découverte. Même fonctionnaire, il n’en reste pas moins pro.

Mais chez lui, quelque chose est resté bloqué vingt ans plus tôt. 1957. John se promettait de conquérir Las Vegas, d’y ouvrir un hôtel et d’y inviter Elvis Presley, le King. Sa route a croisé celle de Daisy. Elle rêvait de rejoindre ses parents dans une station balnéaire sur la côte californienne, Manhattan Beach. Ils ont fait un bout de chemin ensemble.

Mais, c’était sans compter sur le drame que vivait Daisy et qui se transforme en tragédie sous les yeux de John. Même après vingt ans, il est des souvenirs qui ne s’effacent pas et qui rejaillissent régulièrement comme des flashs. John en a gardé des « dialogues » solitaires avec le fantôme d’Elvis.

Les événements de cet automne 1976 vont lui permettre de sortir de sa prison psychologique. Mais pas exactement de la manière souhaitée...

(par Patrick Albray)

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L’époustouflant Hermann parvient à habiller le gris de couleurs, dans des scènes de flash-back réalisées presque intégralement en noir et blanc (à l’exception de l’une ou l’autre touche de couleur sur un élément, habile transition avec les scènes du présent), avec une richesse de nuances et une lumière pourtant exceptionnelles. Ses mises en page témoignent une nouvelle fois de sa maîtrise exceptionnelle de la bande dessinée, dont il est désormais l’un des maîtres absolus. L’histoire, complexe, mêle trois récits qui ne cessent de se croiser, une prouesse scénaristique qui montre le chemin parcouru par son fils Yves H. depuis leur première collaboration sur l’indigent "Les Hommes-Chiens". La fin, trop mélo, est pardonnée par une dernière page très romantique, de grande beauté.

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