Médaka-Box T22 - Par Nisioisin & Akira Akatsuki - Tonkam

21 mars 2016 0 commentaire
  • Fin des aventures du plus « shônen » des conseils étudiant. Médaka et ses amis tirent leur révérence dans un dernier tome charmé d'émotion et de nostalgie, qui nous rappelle combien la série a su jouer des codes et se réinventer constamment. Une petite merveille.

C’est donc fini des aventures de Médaka, héroïne « parfaite », naturellement invincible, qui avait pour unique but dans la vie de venir en aide à son prochain. Avec ses compagnons, et en particulier Zenkichi, son ami d’enfance tout ce qu’il y a plus de « ordinaire », elle a dû faire face à des menaces venant aussi bien des élèves du lycée que de sa famille toute puissante et riche.

Leurs adversaires se sont montrés toujours plus puissants, dotés de pouvoirs de plus en plus étranges, catégorisés en plusieurs types, comme dans tout shônen manga [1] qui se respecte : « anormaux », « négatifs » ou « inégaux », évoluant dans une ambiance hyperbolique et exagérée qui a engendré des situations toujours plus extravagante.

Nous l’avons déjà évoqué, Nisioisin, scénariste de la série, est un amateur de détournement de codes et de personnages ayant conscience de leur « cliché », les assumant pleinement. Ainsi chez lui si les détournements et les anti-climax se révèlent monnaie courante, son discours ne relève jamais de la critique mais au contraire de la tendresse : on s’amuse simplement avec l’extravagance naturelle des shônens mangas.

Nous retrouvons ainsi ce goût du « jeu » dans ce dernier tome qui fait ainsi office de long épilogue. En effet le dernier grand arc narratif s’est conclu dans le tome précédent, et fut consacré à la bataille contre l’ennemi final : l’ultime héros Iihiko Shishime, une sorte d’anti-Médaka, être absolu paradoxalement prisonnier de sa propre légende.

Médaka-Box T22 - Par Nisioisin & Akira Akatsuki - Tonkam
Une héroïne dure à cuire !
Medaka Box © 2009 NISIOISIN, Akira Akatsuki/Shueisha Inc.

Cette dernière aventure nous a fourni comme il se doit des révélations « finales », sur certains personnages connus, et aussi sur d’autres pas vraiment connus, nous sortant des relations familiales de dernières minutes non sans humour, et non sans oublier son lot de moments touchants autour des destinées d’Ajimu et de Shiranui.

Pour l’affrontement avec Shishime, selon son habitude Nisioisin s’est joué de certaines attentes même s’il a fait cadeau au lecteur d’un combat de Médaka au « Premier degré », démontrant que notre héroïne est décidément hors du commun.

Cependant ce combat ne fut que l’acte un et la victoire finale allait venir de Zenkichi et du style « Paradoxe » que lui apprend Namanié, personnage troll que Nisioisin a rajouté depuis l’arc précédent selon le mode « suiveuse dont on se demande ce qu’elle fait là ».

Avec ce style « Paradoxe » Nisioisin s’amuse ainsi une dernière fois des codes et des motifs du shônen, « rationnalisant » la confrontation avec un être invincible et immortel, tout en ménageant une place de choix à la force de l’amitié.

Quelques uns des 100 adversaires et amis de Médaka !
Medaka Box © 2009 NISIOISIN, Akira Akatsuki/Shueisha Inc.

Puis après ce combat, nous avons eu droit à un peu de surenchère gratuite avec la lune et des formes de vie extra-terrestre dans un joyeux « n’importe quoi » elliptique dont la série a le secret, offrant un dernier détour avant d’aborder la conclusion de la série.

Le tome vingt-deux prend ainsi la forme d’un long épilogue et débute par une annonce choc : Médaka quitte le lycée pour prendre les rênes de l’entreprise familiale. Après quelques résistances Zenkichi décide de lui organiser une fête d’adieu... qui va prendre la forme d’un ultime challenge : Médaka va devoir affronter les 100 meilleurs élèves du lycée !

On ne saluera jamais assez le travail colossal que le traducteur de la série a du abattre !
Medaka Box © 2009 NISIOISIN, Akira Akatsuki/Shueisha Inc.

Nous passons ainsi en revu sur une forme d’adieu et d’hommage à l’intégralité du personnel de la série. Nous pouvons nous rendre compte ainsi une dernière fois que les auteurs se sont décidément bien amusés à créer ces « wagons » entiers de personnages tous plus farfelus les uns des autres.

Une belle façon pour dire au revoir à la série et qui se termine comme il se doit par un bon vieux troll. On notera également que les professeurs du lycée apparaissent enfin dans ce dernier tome, alors que nous ne les avons pas vus une seule fois tout le long de la série !

Enfin, nous est proposé un ultime épilogue, se déroulant dix ans plus tard : nous découvrons ce que sont devenus plusieurs personnages principaux, et évidemment les dernières pages concernent Médaka et Zenkichi.

Touchant, ce dernier moment permet de voir le chemin parcouru par notre duo : Médaka a désormais une vie bien à elle, même si elle reste concernée par l’intérêt général, tandis que Zenkichi n’a jamais arrêté de gravir des échelons pour se montrer digne de son amie.

En guise de conclusion autour de la fin de l’enfance, Nisioisin nous explique que la plupart des personnages ont perdu leur pouvoir une fois devenu adulte, signifiant que cela faisait partie intégrante de leur jeunesse, appartenant à ce moment unique et privilégié de leur existence.

Et lorsque c’est fini, il y en a encore : nous avons ainsi droit à un dernier chapitre spécial dédié à Kumagawa, celui portant le titre d’ultime loser. L’histoire s’appuie sur un des light novels [2] de la série, et en constitue un épilogue, ainsi qu’au parcours de Kumagawa. Là aussi nous disons au revoir au personnage d’une belle façon.

Avec Médaka Box, Nisioisin a revisité les codes du shônen manga avec cette façon particulière de les mettre en scène de manière très premier degré pour ensuite les désamorcer avec légèreté ! Ainsi la série a proposé un ton décalé et hyperbolique qui aura pu désarçonner les lectures, mais qui s’avéra aussi explosif que malin.

Surtout la série n’a jamais oublié l’importance et le soin à accorder à son casting, changeant, se métamorphosant et s’étendant au fur et à mesure des aventures, proposant une exubérance et des contre-pieds particulièrement savoureux, tout en restant constamment attachant et cool.

N’oublions pas le graphisme d’Akira Akatsuki, au découpage nerveux et au trait tranchant et net, qui a su créer cette abondante galerie de personnages au style tous si particuliers et différents.

Une très belle et malicieuse série, drôle, émouvante et très imaginative, à découvrir absolument !

Médaka et Zenkichi : ce n’est qu’un au revoir.
Medaka Box © 2009 NISIOISIN, Akira Akatsuki/Shueisha Inc.

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Médaka-Box T22. Par Nisioisin (scénario) & Akira Akatsuki (dessin). Traduction Fabien Nabhan. Tonkam, collection "Shônen". Sortie le 9 mars 2016. 224 pages. 6,99 euros.

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Médaka-Box sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 3,
- Lire la chronique du tome 5,
- Lire la chronique des tomes 16 & 17.

[1Shônen : désigne un type de manga ayant pour cible éditoriale les garçons adolescents.

[2Light novel : petits romans d’aventure feuilletonnants, souvent illustrés, simple formellement, très populaires au Japon, notamment auprès du jeune public.

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