"Mode et bande dessinée", l’expo-événement du Musée de la BD d’Angoulême

2 juillet 2019 1 commentaire
  • Le mardi 25 juin dernier, s’est tenu le vernissage de l’exposition "Mode et bande dessinée" au Musée de la bande dessinée d’Angoulême. Parrainé par un comité prestigieux composé de Frédéric Mitterrand, Dominique Issermann, Adrien Goetz, Garance Primat, Laure Adler, David Caméo, Priti Paul ou encore Lorenzo Mattoti, l’exposition entend explorer les différentes relations entre la mode et le 9e art.

Qu’il s’agisse de dessiner une planche ou bien une pièce vestimentaire, un point commun subsiste, le dessin. L’exposition Mode et bande dessinée souhaite montrer à son visiteur que cette similitude est bien plus importante qu’il n’y paraît et que de réelles relations existent entre ces deux pratiques artistiques.

Vous aurez ainsi jusqu’au 5 janvier 2020 pour aller découvrir les quelque 200 planches et pièces misent en scène à l’occasion de cette exposition comptant parmi les quinze ayant reçu le label d’intérêt national par le Ministère de la Culture. Comme le déclarait Pierre Lungheretti, le Directeur Général de la Cité de la bande dessinée et de l’image à Angoulême , cette exposition est unique, car à l’exception du Metropolitan Museum of Art de New York avec son exposition Superheroes : Fantasy and Fashion en 2008, aucune autre institution, a fortiori en France, n’a jamais exploré les relations liant mode et bande dessinée.

"Mode et bande dessinée", l'expo-événement du Musée de la BD d'Angoulême
Crayonné de La Vilaine Lulu par Yves Saint Laurent
© Yves Saint Laurent

Thierry Groensteen, commissaire invité, et Anne Hélène Hoog, directrice du musée de la bande dessinée, sont parvenus à réunir des pièces issues de la collection du Musée de la bande dessinée, mais également de collections publiques et privés, de musées, maisons de couture, de galeries et d’artistes des quatre coins de la planète. Une impressionnante performance !

Parmi ces pièces d’exception, on compte notamment des planches de Winsor McCay, Moebius ou encore Yves Saint Laurent, dont cinq planches extraites de La Vilaine Lulu, mais également, du côté de la création pour la Couture, une série de dessins de mode d’Edgar P. Jacob, Lorenzo Mattoti ou F’loch ainsi que la robe de Bécassine relookée par la styliste Sonia Rykiel.

Robe de Bécassine revisitée par Sonia Rykiel

Également sur les murs, les planches des dessinateurs John Buscema, Cabu, Caza, Nicolas de Crécy, Milo Manara, Will, Georges Wolinski, Yuichi Yokoyama et bien d’autres encore qui rythmeront votre visite avec leurs images élégantes.

Le parcours du visiteur est divisé en six étapes. La première explore le rapport entre le coup de crayon du dessinateur de bande dessinée et celui du créateur de mode. Les rencontres entre ces deux univers font l’objet des étapes suivantes, où vous découvrez des créations, bijoux et accessoires de mode nspirés par la bande dessinée, ou lors de la troisième où vous découvrirez le traitement du monde de la mode dans la bande dessinée.

Quand la bande dessinée inspire les créateurs de mode comme Castelbajac

L’étape suivante s’attache à traiter l’impact de la mode dans la constitution de l’identité d’un personnage, notamment en traitant l’inaltérabilité de certains costumes et accoutrements, mais également en montrant la typologie des looks qu’a créée la bande dessinée afin d’aisément identifier ses différents personnages.

Eau de toilette Jean-Paul Gaultier, édition limitée inspirée par Wonder Woman et Superman
© Jean-Paul Gaultier

La cinquième partie de l’exposition est, quant à elle, dédiée aux paper dolls. Il est intéressant de noter que cette dernière étape, intitulée « Plus près du corp »s, est présentée cachée derrière des rideaux de cabines d’essayage. Cette section s’intéresse à la bande dessinée érotique et fétichiste. Un procédé scénographique fort intéressant mis en place par Marc Vallet.

Le visiteur peut également retrouver plusieurs séquences cinématographiques illustrant le propos avec deux documentaires signés Loïc Prigent s’intéressant respectivement aux dessins de Yves Saint Laurent et de Christian Dior, mais également un film publicitaire de 1998 de Luc Besson storyboardé par Milo Manara (que l’on peut voir ci-dessous).

En complément de la visite, les plus curieux pourront se procurer le livre Mode et bande dessinée, propre à l’évènement, disponible à la librairie de la Cité au prix de six euros. Écrit par Thierry Groensteen et agrémenté d’un avant-propos de Frédéric Mitterrand, le titre en question a été réalisé en partenariat avec les éditions Robert Laffont et comporte un petit cahier hors-texte de huit pages couleurs. Il est également possible, pour ceux habitant à une distance trop grande de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, de vous introduire au thème Mode et bande dessinée via le dossier à retrouver en ligne sur le site NeuviemeArt2.0, avec des contributions de Christophe Bier, Domitille Eblé, Thierry Groensteen, Catherine Örmen, Annie Renonciat et Sandrine Tinturier.

Voilà une excellente initiative et une incontournable destination pour cet été.

De g. à dr. : Anne-Hélène Hoog, directrice du Musée de la BD, Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, David Caméo, président de Paris-Ateliers, Priti Paul, figure de la librairie en Inde, l’ancien ministre Frédéric Mitterrand, Pierre Lungheretti et Samuel Cazenave, respectivement DG et président de la Cité Internationale de la BD et de l’Image.
Photo : Cité Internationale de la BD et de l’Image.
Anne-Hélène Hoog, Pierre Lungheretti et Frédéric Mitterrand.
Photo : Cité Internationale de la BD et de l’Image.

(par Thomas FIGUERES)

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EXPOSITION MODE & BANDE DESSINÉE
Miusée de la Bande Dessinée, à Angoulême.
du 26 juin 2019 au 5 janvier 2020

Billetterie de l’exposition

 
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