Petites Histoires viriles – Par Jeromeuh – Editions Delcourt

17 mai 2011 9 commentaires
  • Tirées de son blog, les « histoires viriles » de Jeromeuh réunies en album égrènent la chronique pétillante d’un jeune dessinateur parisien insouciant et gay sans complexe. Un premier titre d’une collection qui s’apprête à publier les meilleurs talents de la blogosphère.
Petites Histoires viriles – Par Jeromeuh – Editions Delcourt
Photo : DR

Souvent, les blogueurs meurent d’ennui et leurs lecteurs avec eux. Leur numéro d’égotisme pétri de fausse ironie, ça va bien cinq minutes, mais quand cela dure des plombes, cela prend un côté pathétique. Il faut tout le talent d’un Boulet, d’une Pénélope Bagieu ou même, eh oui, d’un Trondheim, qui arrivent à développer un véritable univers ou tout simplement un ton unique pour qu’on aie envie de revenir tous les jours sur leurs pages ou, comme c’est le cas ici, sur leur version papier.

Jeromeuh ne se la pète pas. Point de pathos de créateur tourmenté quémandant la reconnaissance : juste de la légèreté, de l’inconséquence, une verve et un trait charismatiques. C’est un dessinateur débutant et qui le sait. C’est pourquoi il a redessiné complètement l’album pour sa mise en librairie, avec modestie. Car Jeromeuh n’est pas un pur produit numérique. Son dessin, il le fait à la main, l’encre consciencieusement, le scanne et le met en couleurs à la tablette graphique.

Chez lui, l’usage du blog prend tout son sens : son humour, ses dessins, il les teste en direct sur sa page consultée chaque jour par 10.000 lecteurs (il pense que ce n’est pas beaucoup, le fou). Comme il raconte sa vie, celle d’un gay parisien sans complexe ironisant sur sa « virilité » et volontiers langue de pute, il suscite forcément une curiosité amusée dont il se dépêtre avec brio grâce au personnage qu’il construit, jour à près jour, capable de grimaces ahurissantes.

Son premier album est accueilli par une toute nouvelle collection dirigée par Yannick Lejeune chez Delcourt. Le co-fondateur du Festiblog offre ainsi un espace en librairie à tous les créateurs qui cultivent leurs pixels. Et dire qu’il y a encore des gens pour penser que l’Internet n’est pas l’avenir de la BD !

Les incroyables grimaces de Jeromeuh
DR

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire l’interview de Jeromeuh sur ActuaBD

Jeromeuh expose ses dessins à la Galerie Napoléon. Vernissage le mercredi 18 mai 2011 à partir de 19h00, en présence de l’animal. Galerie Napoléon - 23 rue Charles V, 75004 Paris, à deux pas du Marais évidemment.

Le lien pour devenir le 10.001ème fan de Jeromeuh

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9 Messages :
  • Ce sont les nouvelles politiques éditoriales ça, pour être édité il faut être une femme ou gay (et blogueur c’est encore mieux, ça montre qu’on est prêt à bosser gratuitement).

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    • Répondu par Narvaal le 16 mai 2011 à  23:20 :

      Et être une femme ou être gay, c’est pas bien ?
      Mince, c’est dommage, parce que souvent les gens, ils font pas exprès.
      On ne peut pas tous naître homme et hétéro comme il se doit quand on veut faire de la bd, même avec la meilleure volonté du monde.
      Je vous contredis pas au sujet des gens qui bossent gratos (ou peu s’en faut), hein, ça c’est dommageable à toute la profession et c’est un VRAI problème.
      Mais une partie de votre commentaire à tout de même des relents biens nauséabonds…

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      • Répondu par PizzaHunt le 17 mai 2011 à  02:31 :

        J’ai jamais dit que c’est pas bien, mais que ça devient un élément du choix (discriminant pour ceux qui n’y entrent pas).

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        • Répondu le 17 mai 2011 à  09:22 :

          Cela m’étonnerait que la proportion de gays ou de femmes soit encore majoritaire dans la BD... Il y a encore de la marge, vous pouvez être rassuré et dormir tranquille...

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        • Répondu par Narvaal le 17 mai 2011 à  09:40 :

          Ouais, enfin statistiquement et sauf erreur de ma part, il me semble que la majorité des auteurs édités reste constituée de mâles,(hétérosexuels ou non, on ne peut le savoir, tout le monde ne parle pas de sa vie sexuelle), tous thèmes confondus. Je ne pense vraiment pas qu’il y ait ce que l’on peut appeler une discrimination liée au genre, en tous cas pas dans ce sens là.
          En revanche, l’auto-fiction sur des citadin(e)s un peu (franchement) bobos, est un thème qui a le vent en poupe auprès de certains éditeurs, en effet. Et beaucoup des auteurs de cette vague sont des femmes (pour les gays, franchement je ne sais pas), c’est un fait.
          Mais bon, il y a toujours eu des modes…
          Il y a suffisamment d’autres thèmes qui marchent ,selon moi, pour que ceux qui n’entrent pas dans la catégorie que vous voulez créer aient leur chance de se faire éditer. Y a de la place pour tout le monde. :)
          (surtout pour ceux qui acceptent de se faire payer des clopinettes ¬__¬)

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        • Répondu par Narvaal le 17 mai 2011 à  13:13 :

          Mouais… parler de discrimination, c’est peut-être un poil disproportionné.

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  • Ce titre est nul, il laisserait entendre par son ironie qu’on ne peut pas être viril si on est homosexuel, bonjour les clichés !

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    • Répondu par Qui a des a priori ? le 21 mai 2011 à  10:12 :

      Ou alors ça veut dire exactement l’inverse... Et dans ce cas là, c’est assez intelligent au contraire. Mais il faut que ça s’adresse au bon public.
      Vu que l’auteur est homosexuel (et plutôt viril dans le genre poilu costaud) on peut raisonnablement penser qu’il ne voit pas d’incompatibilité entre virilité et homosexualité.

      En revanche, l’ironie est plutôt entre "petites" et "viriles" qu’on a pas l’habitude de voir juxtaposées.

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  • Merci pour cet article. Une toute petite correction tout de même, dans les albums à venir chez moi, il y aura certes des blogueurs mais également (le prochain) Marc-Antoine Mathieu ou Jean-Phillipe Peyraud qui ne le sont pas !

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