« Ric Hochet : Le Collectionneur de Crimes » d’A-P. Duchâteau et Tibet - Lombard.

25 février 2004 0 commentaire
  • Quand Stanislas André Steeman, dirigeant une collection de romans de détective durant la guerre, préfaça le premier opus du lycéen André Duchâteau, il remarqua que celui-ci « {s'était ajouté un deuxième prénom pour se faire un nom} ».

L’auteur de « L’Assassin habite au 21 » se doutait-il que ce romancier en herbe serait devenu, cinquante ans plus tard, dans le monde de la BD, le champion toutes catégories du light suspense ? Rien que l’idée d’imaginer que la série Ric Hochet en est à son 68ème volume a quelque chose d’aberrant. On se demande si une telle persévérance ne relève pas de l’obstination. L’éditeur de la série n’est pas spécialement connu pour être un philanthrope. Si la série est encore là depuis si longtemps, c’est qu’elle se vend. Ce n’est d’ailleurs que dans cinquante ans que l’on pourra apprécier vraiment l’éternité d’un tel modèle.

En menant jusqu’au bout la réflexion, on en arrive à une évidence : la pérennité de la série tient sur la seule fidélité. Au sens étymologique du mot qui signifie « la confiance » : fidélité des lecteurs, chaque année et par deux fois au rendez-vous ; fidélité des auteurs qui offrent à leurs admirateurs une qualité constante, des personnages récurrents (on retrouve ici le Bourreau qui nous avait tant amusé à sa création à cause de sa ressemblance avec le rédacteur en chef de Spirou, Thierry Martens) et une intrigue ingénieuse qui ne verse jamais dans la violence gratuite, ni dans le sordide ; fidélité aux modèles enfin, ces maîtres du roman policier que sont Conan Doyle, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Agatha Christie, John Dickson Carr et bien d’autres, piliers de la collection Le Masque dans laquelle figure ce Steeman auquel Duchâteau livra son premier manuscrit, à l’aube de l’âge adulte.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?