Seven Miles a Second – Par David Wojnarowicz, James Romberger & Marguerite Van Cook – Éditions Laurence Viallet & Çà et Là

5 novembre 2011 4
  • L'auto-fiction de David Wojnarowicz, artiste protéiforme mort du sida en 1992. Un dessin et une trame qui fomentent l'envie de vagabondage et d'errance parmi les vivants.

New-York, les années soixante-dix. Un jeune garçon se prostitue avec des cadres dynamiques, des hommes installés dans leur vie, pour manger et simplement continuer à vivre. Il fréquente les déshérités de la société qui l’a renié et conduit là. Un jeune homme lutte contre la maladie et se révolte contre l’hypocrisie. Un combat pour la vie puis une lutte à mort pour survivre.

Des souvenirs dictés au terme d’un passage dans la vie. Un portrait en marge, un voyage du côté des vagabonds. Récit d’un road trip à perpétuité à travers la caducité d’un monde.

Seven Miles a Second – Par David Wojnarowicz, James Romberger & Marguerite Van Cook – Éditions Laurence Viallet & Çà et Là
Seven Miles a second
David Wojnarowicz, James Romberger & Marguerite Van Cook – Éditions Laurence Viallet & Çà et Là ©

Wojnarowicz et ses deux acolytes choisissent l’explosion radicale dans le texte, le dessin, les couleurs pour faire ressurgir celle qu’elle a été dans la vie d’un héros « lost in the city ». Une existence à la Don Quichotte défavorisé mais les moulins ne tomberont pas, leurs pales sont trop fortes et repoussent toutes tentatives d’espoir.

David Wojnarowicz
DR


Au travers le récit fantasmé, passent les décors d’une existence menée contre l’injuste. En révolte contre les représentants d’une société de la peur qui veut le repousser au plus loin, plus profondément encore. L’activiste de l’East Village entame sans choix une vie radicale.

La beauté de l’album, même pour qui ne connaît pas la fin tragique, tient dans sa façon de nous conduire au terme d’une route qui ne peut être qu’une impasse. La découverte de la mort prochaine n’empêche pas de conduire le chemin qui y mène. On assiste comme aspiré à un conte qui nous emmène à la rencontre d’un monde de perpétuel agonie, du crime pour la vie. Rien n’est épargné et la prose magnifique nous soumet à l’inquiétude du futur trépassé qui connaît son heure. À la limite de la perdition et de sombrer dans le néant.

Ce roman graphique publié par les éditions Laurence Viallet et Çà et Là quinze ans après sa publication posthume aux États-Unis est l’unique incursion de David Wojnarowicz dans l’univers de la Bande Dessinée. Servie et terminée après sa mort par James Romberger et Marguerite Van Cook, dessinateur et coloriste. Un album au dessin surréaliste et aux couleurs foudroyantes pour éclairer des zones d’ombre perdues pour la lucidité.

(par Vincent GAUTHIER)

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4 Messages :
  • Ça à l’air d’être un livre interressant, mais bon sang que cet article s’écoute écrire ! Un peu de simplicité ne ferai pas de mal...

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    • Répondu par JC le 6 novembre 2011 à  15:55 :

      Pourquoi se plaindre qu’un article soit bien écrit, c’est tellement rare sur le net (rien de dans votre intervention il y a au moins 3 fautes, en plus de la faute de goût).

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      • Répondu le 6 novembre 2011 à  21:37 :

        J’ai en effet commis trois fautes, et je vous prie de m’en excuser. J’ai posté, erreur fatale, dans la précipitation et n’ai pas pris le temps de me relire (ceci n’est pas une excuse, mais une explication). Le texte en question en contient également, ceci dit !
        Concernant la quatrième faute, celle de goût, on dit qu’ils sont tous dans la nature, donc le débat sera sans doute impossible à résoudre. Je trouve cependant réellement ce texte trop (et non pas bien) écrit, la surenchère de vocabulaire n’empêchant pas certaines phrases de sembler littéralement n’avoir aucun sens. J’en citerai une à titre d’exemple :
        "Wojnarowicz et ses deux acolytes choisissent l’explosion radicale dans le texte, le dessin, les couleurs pour faire ressurgir celle qu’elle a été dans la vie d’un héros « lost in the city »."
        Mais ne voyez rien là-dedans d’acrimonieux, juste un avis personnel...

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        • Répondu par JC le 7 novembre 2011 à  00:24 :

          J’y vois de l’emphase, l’envie de transmettre un lyrisme que l’auteur de l’article a trouvé dans le livre.

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