Tout s’allume - Fiction encéphalo-politique - Par Gébé - Éditions Wombat

4 mars 2012 5 commentaires
  • Nous sommes en France en 1979, Mai 68 est déjà loin, mais la droite est fourbue. Elle mettra bientôt le genou à terre. Mais pour quel changement de société? Gébé et l'équipe de Charlie Hebdo sentent venir le temps de la désillusion et rappellent leur urgence : "D'abord éviter aux conscients de crever de rage impuissante." Tel est le propos de "Tout s'allume", une prise de conscience allumée.

Passons la récupération politique de Raoul Vaneigem en préface, c’est de bonne guerre après tout : les branches de l’opportunisme sont là pour s’y raccrocher et la corde qui doit pendre les bourgeois doit leur être vendue.

Oublions la postface de Pacôme Thiellement, tentative de naturalisation de la pensée harakirienne assoiffée de reconnaissance universitaire qui n’apporte rien si ce n’est de faire la leçon aux jeunes idiots incapables de manier Wikipédia et de fouiller dans les bonnes librairies, et examinons cet album de Gébé, présenté à nous entre ces deux béquilles.

Nous sommes dans la fine pochade qui, sous ses airs de farce mouchetée, distille une poésie subversive qui ne se laisse jamais figer dans le glacis du jargon politique.

C’est l’époque où, en coulisse, vieux et jeunes communistes s’égorgent au nom de la dictature du prolétariat tout en engrangeant les bénéfices de Pif Gadget, vocable qui trahit son abdication à l’abjection consumériste.

Même l’esprit Charlie est à sa fin. Le titre est racheté en 1981 par Georges Dargaud de Neuilly, fusionnant ensuite avec Pilote Mensuel. Choron squatte avec subtilité des locaux en indivision rue des 3 portes et son porte-cigarette porte encore le feu ; Dionnet repousse avec vaillance ses traites de fin de mois auprès de ses imprimeurs tout en faisant le plus beau journal de SF du monde ; (À Suivre) ambitionne de devenir la NRF de la bande dessinée... La BD subversive sent le sapin.

Tout s'allume - Fiction encéphalo-politique - Par Gébé - Éditions Wombat
Tout s’allume - Fiction encéphalo-politique - Par Gébé
(c) Éditions Wombat

Arrive le recueil de Tout s’allume (pré-publié dans Politique-hebdo en 1970) que l’on redécouvre aujourd’hui comme une œuvre "essentielle", "visionnaire". À l’époque, elle ne l’était pas. Mais elle peut l’être aujourd’hui : avant que les Surréalistes ne les sanctifient en "poètes maudits", Lautréamont était un écrivain pour initiés et Rimbaud un grand littérateur catholique typiquement ardennais...

Notre époque est en recherche de sens. Gébé peut encore faire œuvre utile...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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5 Messages :
  • Oublions la postface de Pacôme Thiellement, tentative de naturalisation de la pensée harakirienne assoiffée de reconnaissance universitaire qui n’apporte rien si ce n’est de faire la leçon aux jeunes idiots incapables de manier Wikipédia et de fouiller dans les bonnes librairies, et examinons cet album de Gébé, présenté à nous entre ces deux béquilles.

    J’ai vu cet individu à la télé dans l’émission de Frédéric Taddéi. Une phrase m’est venu à l’esprit "Entartons, entartons, les pompeux cornichons !", car j’ai rarement entendu quelqu’un se la péter autant en sortant une grossière erreur toutes les deux phrases. Ce monsieur se considère comme un spécialiste de l’humour (quoi de plus triste) et n’en a aucun, et assène péremptoirement des inepties que quiconque ayant vécu l’époque et la parution des Charlie et HaraKiri dément immédiatement. Il me semble que Pacôme Thiellement est un compagnon de route de l’Association, décidemment, les protopunks underground vieillissent bien mal.

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    • Répondu par Oncle Francois le 4 mars 2012 à  23:30 :

      Oui,cher J-Jacques, vous avez thiellement raison, c’est un universitaire intello pédant, son blabla soporifique ne peut rien apporter de nouveau (ni surtout de drôle)à la lecture des oeuvres des géniaux Fred et Reiser, Cavanna et Choron.

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  • Je veux bien être assoiffé de reconnaissance, être un pompeux cornichon, me la péter, ne dire que des choses fausses, être un intello soporifique, voire même me considérer comme un spécialiste de... l’humour (je ne sais vraiment pas où vous avez réussi à inventer ça), mais ce que je refuse, par contre, c’est qu’on me taxe d’universitaire. Je ne suis pas universitaire et je ne l’ai jamais été ! Je suis un self-made pédant !

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    • Répondu par OW le 11 mars 2012 à  00:43 :

      Il faudra mieux lire la prochaine fois, à aucun moment on ne vous taxe d’universitaire, on vous dit "assoiffé de reconnaissance universitaire", ce qui est fort différent et se révèle très pertinent quand on voit avec quelle force vous dîtes "Je ne suis pas universitaire et je ne l’ai jamais été !"

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      • Répondu par Pacôme Thiellement le 11 mars 2012 à  06:57 :

        Pour le même prix, j’ai droit à une psychanalyse ? Votre malhonnêteté vous honore.

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