Transmetropolitan -T 3 :« Seul dans la ville » - Par Warren Ellis & Darick Roberston – Panini Comics

1er février 2009 0 commentaire
  • Nouvel opus de la série créée par Warren Ellis qui ne perd rien de son mordant ni de sa rage. Une bande dessinée surréaliste qui prend beaucoup de plaisir à zigzaguer entre violence, humour noir et dénonciation.

Dans une New York futuriste et complètement déjantée, Spider Jérusalem, le célèbre journaliste misanthrope, s’attaque à tous ceux qui s’acharnent de près ou de loin à museler la vérité. À la suite d’un crime raciste couvert par la police et d’une manifestation écrasée dans un bain de sang, notre anti-héros tout courroucé montre les griffes.

Lâchant un article fumant, il se fait censurer comme un malpropre. La bouderie n’étant pas son fort, sa réaction sera un entêtement maladif pour faire éclater LA vérité et trainer dans la boue tous les responsables.

La télévision, les hauts pouvoirs politiques et les manipulations policières nous sont montrés sous leurs plus vilains profils. Tout en pimentant les scandales d’une bonne dose de perversion et de fascisme, le duo Ellis/Robertson joue avec leur création et leur média en essayant de temps en temps des modes de narration différents.

Transmetropolitan -T 3 :« Seul dans la ville » - Par Warren Ellis & Darick Roberston – Panini Comics

C’est ainsi que le temps d’un numéro (#26 - « 21 jours dans la ville »), l’histoire est mise en parenthèse pour suivre l’intimité de la ville à partir de planches sous forme de tableaux. Plus loin, (#31 - « Personne ne m’aime ») nous découvrons les adaptations télévisuelles délirantes du personnage de Spider Jérusalem avec un dessinateur différent par émission.

La liberté des auteurs se ressent à chaque page, à travers chaque phrase débordante d’insanités, chaque violence gratuite, chaque personnage libidineux ou tout simplement par le pistolet du journaliste sociopathe provocant des débordements intestinaux gargantuesques.

Cette bande dessinée sauvage à l’humour noir et au ton si cinglant est à l’image de son personnage principal, inspiré du journaliste anticonformiste et autodestructeur Hunter S. Thompson (popularisé sous les traits de Johnny Depp dans Las Vegas Parano) : délirante, parfois écœurante, mais tellement inspirée qu’on ne peut que la saluer.

(par Mathieu Drouot)

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