Intégrales et beaux livres sous le sapin (2/4) : Gir et Moebius, en intégrales, les deux faces d’un génie

27 décembre 2016 2 commentaires
  • Avec une qualité des intégrales qui continue de progresser, l'auteur qui aura été le mieux valorisé en cette fin d'année 2016 par ce genre de publications reste Jean Giraud - Moebius, qui ajoute à son catalogue un nouveau recueil de "Blueberry", ainsi que deux grands formats de la même série. Mais enfin et surtout l'intégrale d' "Inside Moebius" !

On ne présente plus Blueberry, LA référence de la bande dessinée en matière de western, scénarisée par un Jean-Michel Charlier mature, et magistralement dessinée pendant plus de quarante ans par Jean Giraud – Moebius, dit Gir.

Après plusieurs tentatives avortées, Dargaud avait relancé une intégrale de Blueberry avec un premier recueil en 2012, suivi par un deuxième en 2013, avant que cette parution ne s’interrompe à nouveau, peut-être faute de rédacteur pour ses dossiers. On craignait qu’une malédiction ne pèse sur cette publication, avant que deux volumes ne sortent conjointement fin 2015.

Même si la maquette du dossier change une nouvelle fois, ce cinquième volume renoue heureusement avec l’annualité, tout en introduisant l’un des plus intenses et long cycle de la bande dessinée réaliste, celui dit du « Trésor des Confédérés ». En effet, les lecteurs qui n’auraient jamais lu Blueberry (nobody’s perfect) et auraient fait l’impasse sur le début de cette intégrale, sans accrocher au graphisme en devenir de Jean Giraud, ceux-là pourront très certainement débuter avec ce cinquième volume pour profiter de ce qui constitue la quintessence de Blueberry.

Un classique indémodable

Intégrales et beaux livres sous le sapin (2/4) : Gir et Moebius, en intégrales, les deux faces d'un génieRappelons qu’après le diptyque des Monts de la Superstition constitué de La Mine de l’Allemand perdu et du Spectre aux balles d’or, le treizième tome de Blueberry intitulé Chihuahua Pearl s’ouvrait sur notre héros patrouillant en solitaire non loin de la frontière mexicaine. Après quelques déboires, notre lieutenant découvrait un courrier adressé au Président des États-Unis, rien de moins ! Une missive qui l’embarque dans une quête bien éloignée d’une fonction dont les derniers lambeaux de l’uniforme lui collaient de moins en moins à la peau. Le voilà qui s’engage dans une saga se situant des deux côtés de la frontière, dans une errance qui n’allait se terminer que dix albums plus tard. Pour autant, les trois premiers tomes de cette saga en marge de l’armée et des lois forment un récit à part entière de plus de cent-cinquante pages qui représentent certainement la meilleure portée d’entrée pour cette série incontournable.

D’entrée de jeu, Charlier repositionne le caractère de son héros, comme il avait pu le faire dès le premier tome de la série, mais tout en renforçant encore le caractère psychologique de Blueberry : insubordonné, le lieutenant ne se sent chez lui que seul au milieu du désert. Homme rude au sang-froid impressionnant, il tient tête et repousse seul onze soldats mexicains, des exploits qu’il fête dignement avant de se retrouver en prison pour avoir détruit la moitié d’un saloon et corrigé trois tricheurs de poker. Du crachoir partagé avec le shérif à ses exploits devant un général, ces huit premières pages entraînent le lecteur dans un feuilleton picaresque haut en couleurs !

Cette réussite tient autant au scénario habile de Charlier qu’au graphisme maintenant pleinement maîtrisé par Giraud. Après le cycle du Cheval de fer où il avait perfectionné sa mise en page, le diptyque des Monts de la Superstition lui ont permis de travailler le mouvement et les matières de chaque case, l’efficacité de ses cadrages et la parfaite maîtrise de ses décors. Le retour à la vie civile au début de ce nouveau cycle lui permet d’appliquer tour-à-tour ces différentes techniques, non sans oublier de jouer sur les clairs obscurs, qui vont devenir la marque de Chihuahua Pearl et des prochains albums.

Une héroïne charmeuse et machiavélique

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Un visuel utilisé pour la promotion de "Ballade pour un cercueil"

La rédaction du dossier de ce cinquième recueil se démarque encore des précédents. Après les deux premiers volumes signés par l’expérimenté José-Louis Bocquet, puis les deux suivants réalisés par Hugo Cassavetti, un éditeur bien anonyme ré-introduit les deux auteurs, le contexte de réalisation de ces trois albums, les inspirations cinématographiques, sans oublier de souligner la création de la mémorable Chihuahua Pearl !

Les héroïnes de bande dessinée ont peu à peu pris leur indépendance dans les années 1960. Sortant de leur rôle de faire-valoir, elles ont emprunté diverses voies pour se faire une légitime place aux côtés des héros (Calamity Jane, La Castafiore, Seccotine), les affronter (Lady X), voire prendre les rênes de leur propre série (Natacha, Sophie). Mais avec la création de Chihuahua Pearl, Charlier et Giraud franchissent un pas décisif. Au contraire des précédentes, le caractère de leur héroïne n’est pas aussi clairement limité : tantôt enjôleuse, tantôt revêche, tantôt partenaire, tantôt machiavélique, sa personnalité va rapidement la placer au top des attentions de Blueberry… et dans l’esprit des lecteurs !

Documents d’époque

Le dossier revient également sur un article du Monde rédigé en 1971, dans lequel le journaliste accusait la rédaction de Pilote d’être récupérée par le pouvoir. Les auteurs usèrent de leur droit de réponse avec leurs propres armes : le dessin, de faux reportages, de la bande dessinée, et surtout un humour au second degré que l’on peut apprécier en relisant les documents reproduits dans le dossier.

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L’illustration d’un puzzle

Celui-ci comporte également une série d’illustrations de cette époque réalisées par Gir et liées au western : planche humoristique, dessin promotionnel, couverture de Pilote, illustration pour un superbe et rare puzzle, dessins pour des posters dont le premier au sein de l’éphémère magazine Lucky Luke et qui représentait John Wayne. Le mélange des techniques de points et de hachures pour cette dernière réalisation est impressionnant.

Tous ces documents représentent de nouvelles preuves du talent polymorphe de Jean Giraud, qui passe d’un style humoristique à des représentations bien plus réalistes. Comprenant qu’il eut fallu doubler le dossier pour reprendre tous les travaux de Gir liés au western et réalisés à cette époque, nous n’allons pas re-lister une nouvelle fois tout ce que nous aurions également souhaité retrouver dans cette intégrale grand public. Présentons néanmoins la superbe adaptation réalisée en 1972 d’une planche du Pied-Tendre réalisée en hommage à Morris, et qui y aurait trouvé une place toute légitime pour clôturer cette année des 70 ans de Lucky Luke :

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L’hommage de Gir à Morris, Pilote n°631 page 16 et 17
Photo : Charles-Louis Detournay

Des remords et des couleurs

En début de volume, une courte introduction explique que l’éditeur a « scanné les mises en couleurs originales des albums, qui avaient été validées ou refaites par Jean Giraud ». Cette question des couleurs n’est pas si anodine que cela, car tantôt l’éditeur reprend les couleurs de Pilote pour apporter un cachet vintage, tantôt il reprend les couleurs des premières éditions, ou il opte parfois pour les couleurs refaites en 1994 pour apporter une uniformité de ton à la série (lire à ce propos notre analyse plus détaillée des couleurs pour le premier volume de cette intégrale).

Pour ces trois albums, l’éditeur a globalement opté pour les couleurs que l’on retrouve dans les albums originaux encore disponibles, même si certaines nuances pastel ont été abandonnées pour leur préférer une atmosphère réaliste, plus conforme au style actuel. Pour proposer des couleurs un peu moins criardes ou psychédéliques, l’éditeur a diminué la force des couleurs, ce qui assombrit globalement l’ensemble. Mais cet apport en homogénéité s’accompagne d’une perte de lisibilité dans les scènes sombres ou de nuit : le trait de Giraud s’estompe, et la finesse de son trait se dilue parfois dans les aplats... Dommage.

Le dossier présente par contre une intéressante analyse des premières couleurs réalisées dans Pilote, que Giraud choisissait parfois de garder, ou décidait de refaire complètement. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à la fin de l’album Chihuahua Pearl, une atmosphère dominée par les tons jaunes dans les pages du magazine et qui ne permettait pas de saisir complètement le détail des planches.

Le dessinateur les a donc retravaillées pour rendre ces ambiances de saloons devenues depuis lors si caractéristiques, tout en renforçant la tension dans cette fin du récit par l’usage d’éclairages adéquats plus nuancés. Le dossier présente les planches respectives en vis-à-vis, ce qui met particulièrement en valeur les intentions de l’artiste. Notons toutefois une petite coquille, lorsque l’éditeur date l’arrivée de Chihuahua Pearl dans Pilote n°621 du 21 octobre 1971, alors qu’il s’agit le numéro 585 du magazine (janvier 1971).

Cette comparaison de publication entre Pilote et les albums ne se limite pas aux couleurs. Le dossier reproduit des pages du magazine où des cases ont été supprimées, sans doute par Giraud lui-même, et dont l’auteur a modifié la mise en page ou le cadrage pour la version en album. Pour l’une d’entre elles, la première planche de Ballade pour un cercueil, l’éditeur a choisi de préserver la présentation de Pilote, plutôt que le cadre resserré de l’album. Un choix que nous ne pouvons que saluer !

Cette passionnante analyse complète la connaissance acquise sur les couleurs deChihuahua Pearl, ce qui permet de se rendre compte du recul opéré par Giraud qui se double par un interventionnisme de plus en plus présent par le truchement de propositions de modifications dans les dialogues qu’il proposait à Charlier depuis quelques temps. Moebius, déjà, perçait sous la carapace de Gir…

Dominique Bertail commente

Le dossier aurait pu se contenter de cette passionnante et édifiante comparaison de planches, mais il explique également l’origine de fameuse couverture de Chihuahua Pearl (inspirée par une célèbre publicité), tandis qu’il reproduit le dossier de presse de l’album-événement que fut Ballade pour un cercueil. En plus de son format hors-norme pour l’époque (62 planches), rappelons que cet album bénéficiait d’une impressionnante introduction biographique de Blueberry, réalisée par Charlier lui-même qui semblait servir de plan programmatique pour la série. Le dossier de la présente intégrale détaille d’ailleurs le contexte de cette fabuleuse imposture qui jeta le trouble auprès de milliers de lecteurs.

L’un de ces lecteurs fut justement Dominique Bertail, dessinateur entre autres de Ghost Money, qui découvrit la série à cette époque. Dargaud a choisi de lui laisser expliquer sa passion pour Blueberry, mais aussi son analyse du style graphique de Jean Giraud, et notamment les couleurs crépusculaires qui dominent Ballade pour un cercueil. Ces neuf pages sont riches en enseignements sur le style du maître. On apprécie en particulier l’utilisation des références graphiques réalisées par Bertail, qui renvoient à une double-page composée de 44 extraits de case ou de peinture. Le dessin vu par un dessinateur !

Cette analyse conclut un passionnant dossier, qui ne contient pourtant qu’une trentaine de pages. Son acuité en fait certainement l’une de plus intéressantes intégrales de cette fin d’année, surtout que l’éditeur a décidé d’insérer entre les albums, les pages d’annonce qui étaient initialement parues dans Pilote. Après les avoir découvertes, on prend une respiration en profitant pleinement des couvertures dépourvues de leurs titrailles, avant de se lancer dans une folle chevauchée dans les étendues mexicaines.

La suite des grands formats de Blueberry

L’année dernière, nous vous présentions les deux premiers très grands formats que Dargaud avait eu l’excellente initiative de publier. En effet, lorsque l’on voit la minutie et la virtuosité du trait de Giraud, le format des albums et les couleurs ne permettent pas d’en admirer toutes les finesses. Et comme les tirages de têtes restent difficiles d’accès (chers et de toute façon épuisés depuis longtemps), nous avions salué le splendide travail réalisé par les éditions Dargaud qui avaient publié des éditions brochées, en grand format noir et blanc des deux premiers albums du dernier cycle de la série, intitulé Mister Blueberry.

Après Mister Blueberry et Ombres sur Tombstone, Dargaud prolonge cette opération avec la sortie conjointe des troisième et quatrième opus de ce cycle : Geronimo l’Apache et OK Corral. Toujours proposés au prix modeste de 19,99 €, chacun de ces albums permet de réellement « s’approcher » des originaux, avec ces reproductions des planches au format de 30 sur 40 cm. On découvre quelques petits annotations au crayon çà et là, mais on peut surtout s’immerger dans les magnifiques compositions de l’auteur, à l’encre, au feutre ou au marqueur.

Ce voyage de l’autre côté du miroir profite également de quatre planches reproduites à la fin d’OK Corral. En 2002, alors qu’il avait déjà entamé son album, Jean Giraud décide de refaire totalement le début du récit, et place au rebut l’introduction de son histoire. Uniquement reproduite dans le tirage de tête de l’album, cette édition permet au grand public de découvrir cette version inédite, et de la comparer avec celle finalement choisie par l’auteur.

Soulignons encore le remarquable travail éditorial de Dargaud qui ne se contente pas de rassembler les planches en grand format. À plusieurs endroits du récit, l’éditeur marque des pauses pour agrandir une case, parfois sur une double planche. Ces arrêts sur image permettent au lecteur de mieux saisir la maîtrise graphique atteinte par Giraud, même sur une petite case qui ne tenait que sur la moitié d’un strip ! Éblouissant !

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Une des planches inédites en album

Enfin, Tout Inside Moebius !

Et de Blueberry, il est toujours question, avec la publication très attendue de l’intégrale d’une autre série où le héros joue un rôle majeur : Inside Moebius. Lors d’une interview fleuve qui débute ici, nous avions déjà présenté en détails cette série de carnets réalisés par Moebius – Jean Giraud. Initialement débutée pour coucher sur le papier ses questionnements personnels et créatifs, liée entre autres à sa décision de fumer de l’herbe, cette réalisation s’est progressivement orientée vers des réflexions plus profondes, sur sa maladie, son travail, la mort, l’humanité, etc. Pour saisir le sens et la puissance de son contenu, nous vous invitions à (re-)parcourir ces interviews.

Véritable testament de papier d’un maître qui a et continue d’inspirer les auteurs de bande dessinée, les six volumes d’Inside Moebius sont épuisés depuis des années. Il restait à savoir pour Moebius tout d’abord, puis pour son épouse après le décès de ce dernier, comment rééditer ces albums : tirés initialement à trois mille exemplaires, l’impression et la distribution d’un retirage à seulement quelques centaines de copies allaient poser des problèmes pour la petite structure de Stardom, leur maison d’édition !

C’est donc finalement sous le format d’une intégrale qu’Isabelle Giraud a choisi de proposer au public cette incontournable (réflexion sur la) bande dessinée. Rehaussée d’une superbe jaquette composée par Nausicaa, la fille de Jean Giraud, cette intégrale de plus de 730 pages se révèle étonnamment légère et maniable. Elle a effectivement été imprimée sur un papier Bible, qui permet de profiter du dessin de l’auteur sans rencontrer de réels soucis de transparence.

Le lecteur peut donc retrouver l’intégralité des carnets d’Inside Moebius, ainsi que les dialogues entre Isabelle et Jean Giraud qui introduisaient chaque tome et qui sont maintenant regroupés en préface de l’intégrale. Bien entendu, le tout est a été remis en page, proposant de nouveaux visuels. La préface signée par Isabelle Giraud contextualise l’état de création de ses carnets, ainsi que des références personnelles du dessinateur qui servent de fondation à cet univers du Désert B qu’il met en scène. À la fois touchants et passionnants, ces éléments seront nécessaires à certains lecteurs pour mieux profiter de la lecture des sept cents pages qui suivent.

Si on regrette l’absence d’un signet, tout le reste de cette intégrale est absolument conforme à nos attentes : le respect des carnets originaux (format, couleurs, mise-en-page), de superbes photos de l’auteur qui ponctuent le volume, sans oublier quelques dessins inédits. Pour 62 €, Tout Inside Moebius se révèle être l’incontournable intégrale de cette fin d’année : l’achat indispensable pour tout amateur de cet génie polymorphe de la bande dessinée, qui réconcilie ici ses deux moitiés pour dérouler le ruban de Moebius à l’infini .

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Lire nos chroniques concernant les deux premières intégrales de Blueberry : Une superbe Intégrale pour saluer les 50 ans de Blueberry et Les intégrales Dargaud-Lombard rattrapent leur retard sur Dupuis

A propos de Jean-Giraud Moebius, lire :
- Giraud - Moebius (1/2) : Encore...
- Giraud - Moebius (2/2) : ...et toujours !
- In Memoriam : Jean Giraud, Gir, Moebius (1938-2012) ...
- « La mort est mon dernier maître à penser »
- la consécration par la Fondation Cartier pour l’art contemporain
- son dernier album grand public, relançant Arzak.
- la première, la deuxième et la troisième partie de notre longue interview de Moebius/Jean Giraud.
- la chronique du Chasseur déprime
- l’annonce de la suite d’Arzak
- notre chronique des deux "derniers" tomes du Monde d’Edena : SRA & Les Réparateurs.

(par Charles-Louis Detournay)

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  2 Messages : Participez à la discussion
  • Merci à Dargaud pour ces splendides grands formats à 20 € !
    J’espère que ça ne s’arrêtera pas à quatre... (5 en comptant "la version irlandaise")

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  • Gir et Moebius : en intégrales, les deux faces d’un génie
    28 décembre 2016 09:02, par Serge BUCH

    Un papier "bible" sans problème de transparence pour l’intégrale d’ Inside Moebius ?! Nombre de pages laissent apparaître le tracé des cases du verso, ce qui gâche un peu trop la lecture comme un vieux vinyle qui grésille à l’écoute. C’était d’ailleurs le cas du tout premier tome de la série avec un papier très fin aussi, phénomène auquel il a été remédié dès le deuxième ainsi que pour la réimpression du tome 1

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