Steinkis Groupe se met au manga

20 février 2018 2 commentaires
  • Celui qui devient de moins en moins "le plus grand des petits groupes d'édition", selon l'expression de son dirigeant Moïse Kissous, le groupe Steinkis (Jungle, Steinkis, Vraoum, Warum) s’associe à la société Nexusbook, créée et dirigée par Stéphane Ferrand, pour donner naissance à Vega, un nouvel acteur dans le domaine du manga.

Ce label sera dirigé par Stéphane Ferrand , un spécialiste reconnu du manga et de l’édition asiatique que nous avions déjà interviewé en 2013 (première partie de l’entretien ici, la seconde là). Il fut successivement rédacteur en chef du magazine Le Virus Manga, puis directeur éditorial aux Éditions Milan (groupe Bayard) sur ce segment de marché, avant de diriger les collections manga de l’un des leaders du marché, les Éditions Glénat en 2007, une maison qu’il a quitté voici quelques mois. Il fut également récemment commissaire de l’exposition consacrée à la série à succès Fairy Tail à Angoulême (lire ici et ).

Voici comment il explique ce rapprochement avec Steinkis :

Steinkis Groupe se met au manga

« Steinkis et Nexusbook sont deux entreprises indépendantes qui s’associent pour la création d’une 3e entreprise du nom de Vega. Il ne s’agit pas d’un rachat, mais d’une création de société en participation (ou joint-venture en anglais). Nous assumons conjointement les charges et les recettes de cette nouvelle activité à hauteur de notre quote-part. Vega aura son identité, sa programmation, son logo et toutes les particularités qui conviennent à l’édition de manga en France. La gestion opérationnelle de cette entreprise revient à Steinkis, ainsi que la fabrication et la diffusion, la responsabilité stratégique et éditoriale revient à Nexusbook. Moïse Kissous et moi-même travaillons néanmoins de concert et dans un échange productif sur chacun de ces sujets et dans le respect des spécificités de chacun. Steinkis et Nexusbook poursuivent en parallèle leurs autres activités (hors édition de manga s’entend). J’aurai donc le plaisir de choisir les titres, les maquettes, logo etc. de définir la stratégie et le positionnement ainsi que la programmation, et serai garant de la réalisation éditoriale. J’œuvre également en concertation avec Marie Fabbri, attachée de presse et responsable événementiel du Groupe Steinkis (qui connaît le manga de son passage à Kana), et Benoit Frappat, directeur commercial du groupe Steinkis (qui connaît le manga grâce à son passage chez Delcourt). Nous nous comprenons ainsi très bien quant à notre expertise du lectorat manga en France. »

Moïse Kissous est depuis quelques semaines le nouveau président de la section BD du Syndicat National de la BD et l’animateur des 48hBD.
Photo : L’Agence BD

Les coups de cœur seront-ils leur seule ligne de conduite ?

« Je donnerai bientôt plus de précisions sur la ligne éditoriale et les titres qui l’incarneront. Nous serons de fait au Japon cette semaine pour présenter notre dossier aux éditeurs japonais et discuter des titres éventuels. Je peux néanmoins expliquer que nous aurons un axe enfant, un axe ados et un axe adulte.

Le seinen demeure ma zone de travail favorite depuis longtemps, je continuerai mon exploration des différentes facettes de ce genre. Shonen et shojo me sont également très familiers et toujours appréciés du public, ils seront donc régulièrement proposés au lectorat. Une collection jeunesse pourra, elle, répondre à des projets plus diversifiés ou originaux. J’essaierai comme toujours d’équilibrer une politique de prix populaire et une exigence de qualité de fabrication afin d’avoir des ouvrages corrects et bien tenu mais qui ne coûtent pas trop chers et restent dans les gammes de prix du public.

Dans ma sélection, je fonctionnerai comme précédemment, en étudiant avant tout les goûts et volontés des différents publics, en suivant l’évolution du temps et des lectorats, en proposant parfois des coups de cœur, des projets éditoriaux etc. Nous avons quoi qu’il en soit de nombreux projets d’évolution autour de ce label, et nous voulons avant tout bien poser le démarrage, avec des titres séduisants, adaptés au marché, et une proposition attrayante afin d’assurer une évolution efficace et stable autour d’un public satisfait. »

L’annonce des premiers titres à paraître devrait se faire au printemps 2018.

(par Jérôme BLACHON)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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En médaillon : Stéphane Ferrand

 
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2 Messages :
  • Steinkis Groupe se met au manga
    20 février 23:02, par CHRIS

    OUAIS, Il faut en finir avec la culture BD Franco-belge ! En France, ce marché n’est pas suffisamment saturé, les auteurs crèvent la dalle et les têtes pensantes de l’édition franchouillarde importent encore et encore la culture nippone à son maximum pour formater massivement et définitivement un lectorat à consommer une catégorie d’image bon marché et qui rapporte gros !! On importe, mais on n’exporte pas, pas suffisamment de marge… !

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    • Répondu par Yohan Radomski le 21 février à  10:54 :

      Effectivement, on importe beaucoup trop d’albums médiocres. Un peu comme on importe des tomates chinoises au lieu de faire travailler des producteurs locaux. Ce n’est pas judicieux de la part des éditeurs sur le long terme.

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