dBD n°119 : Ranxerox, bande dessinée pédagogique ?

18 décembre 2017 0 commentaire
  • Affreux, sale et méchant ! On serait tenté d’emprunter ces trois qualificatifs au film d’Ettore Scola pour décrire l'un des personnages les plus emblématiques des années 1980. Héros unique dans l'histoire de la BD, Ranxerox fut l’objet d’une (courte) série qui fit les beaux jours de l’Écho des savanes, quand cette revue avait encore une ligne éditoriale.

À mi-chemin entre science-fiction de fin du monde et style cyberpunk, l’univers dans lequel évolue cet androïde a littéralement bousculé le monde des bulles. Constitué de pièces d’un célèbre photocopieur, ce héros déjanté et violent, ignorant toute morale et toute pitié, entretenant des relations bien particulières avec la jeune Lubna de 14 ans, a marqué toute une génération pour finalement devenir culte.

L’ultraviolence de la série et le climat nourri de situations extrêmes et ambiguës ont contribué au caractère sulfureux de la série. Le nom du héros, calque d’une célèbre marque de photocopieur (Rank Xerox) ne manqua pas, en son temps, de susciter la polémique. Aujourd’hui l’intrépide mutant a 40 ans et reste parfois imité mais sa beauté glacé et son aspect diabolique n’ont jamais été égalés. À l’opportunité d’une édition de Rank, Re-Incarnations chez Glénat et d’une exposition, Liberatore revient sur son parcours artistique, un entretien qui éclaire la démarche et le parcours d’un auteur rare et singulier.

dBD n°119 : Ranxerox, bande dessinée pédagogique ?
Génération Ranxerox, vue par James, dessinateur-éditorialiste de la revue.

Autre époque et autre sujet, une volonté de pédagogie souffle dans l’édition ; il n’est donc pas étonnant de revenir sur l’une des initiatives les plus intéressantes du moment. Avec la Petite Bédéthèque des savoirs, David Vandermeulen est parvenu à réunir la fine fleur de la bande dessinée à tout ce qui compte dans le monde scientifique et culturel.

Une collection qui assume pleinement sa fonction pédagogique comme le rappelle le directeur de la collection. Daniel Casenave et Hubert Reeves (Le Lombard) et quelques pages plus loin Marion Montaigne commentant les exploits de Thomas Pesquet (Dargaud) viennent confirmer, à leur façon, cette volonté éditoriale.

Et si, en relisant Ranxerox, on apprenait aussi quelque chose sur notre époque ?

(par Patrice Gentilhomme)

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dBD n°119 , en vente partout, 10 €

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