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À vos râteaux ! De la terre à l’assiette, petit récit d’une transition réussie - Par Pauline Bardin, Edouard Bourre-Guilbert & Nicola Gobbi - Steinkis

Par Damien Boone le 5 octobre 2022                      Lien  
Pour Pauline et Édouard, hors de question de continuer à manger des tomates en plein hiver ! Prenant conscience de leurs pratiques de consommation absurdes, le couple s'arme de râteaux et, de rencontres en expérimentations, part à la découverte d'une agriculture raisonnable. Ce livre se lit comme une invitation à oser changer ses habitudes.

"Un pas de côté" : voilà une expression qui revient souvent chez Pauline Bardin et Edouard Bourré-Guilbert propre héros de leur BD. Ils ont le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond dans leur alimentation : achats de produits hors-saison, fréquentation d’hypermarchés dans lesquels fruits et légumes sont "beaux" parce que régulièrement hydratés, trajets et coûts exorbitants de ce qui se retrouve dans leur assiette… C’est décidé : ils vont désormais produire eux-mêmes ce qu’ils ont envie de manger.

Mais il ne suffit pas de décréter vouloir manger « mieux » et de s’improviser maraîcher sur un bout de terrain : le chemin vers une autre alimentation peut être long et nécessite un apprentissage : lectures, stage d’agroécologie, découverte de l’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) ou encore fréquentation de supermarchés coopératifs.

Réussir ses propres semis est alors à portée ; mais, bien évidemment, on ne réussit pas toujours sa transition du premier coup. À force de persévérance, Pauline et Edouard espèrent ainsi bifurquer vers un monde et des problématiques qui changent, et espèrent faire des émules.

À vos râteaux ! De la terre à l'assiette, petit récit d'une transition réussie - Par Pauline Bardin, Edouard Bourre-Guilbert & Nicola Gobbi - Steinkis

Le livre est ainsi le récit d’une expérience et une invitation pour celles et ceux qui se posent des questions (par qui sont produits mes fruits et légumes ? Comment sont-ils cultivés ? Avec quel type de graines ?), souhaitent se rapprocher de la nature, mais ne savent pas nécessairement comment s’y prendre ou vers qui se tourner, en ancrant ces préoccupations dans un quotidien très concret. C’est pédagogique, souvent drôle, et coloré, grâce aux illustrations de l’italien Nicola Gobbi.

Maraîchage, potager sauvage, jardin partagé, potager au balcon, green working... On peut souligner que même si ce type de démarche est présenté comme ouvert à toutes et tous pour peu qu’on ait un peu de bonne volonté, cela semble surtout réservé à une certaine frange de la population, plutôt urbaine, diplômée, relativement aisée, et sensible aux enjeux écologiques, ce que semblent être Pauline et Edouard. Et, surtout, il faut un peu de temps, un luxe dont tout le monde ne bénéficie pas.

La rhétorique, popularisée par les réflexions de Pierre Rabhi, cité dans l’ouvrage, du « chacun fait selon ses moyens » est aussi porteuse d’interrogations sur la culpabilisation faite aux individus, sans que l’on n’impute de responsabilités plus globales et politiques.

Le « militantisme », présenté dans le récit comme une tare, a aussi des vertus. Il n’est pas non plus interdit – et peut-être même nécessaire - d’avoir un message radical sur ces questions.

Alors, oui à Pauline et Edouard, et que les râteaux servent aussi de piques !

(par Damien Boone)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782368463345

Steinkis ✍ Pauline Bardin ✍ Edouard Bourré-Guilbert ✏️ Nicola Gobbi Autobiographie France 🛒 Acheter 📖 Feuilleter  
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3 Messages :
  • Détrompez-vous, dans toutes les campagnes, beaucoup de gens cultivent leur propre potager, car la plupart des maisons ont un jardin. C’est plutôt les urbains des grands centre-ville, qui ont découvert les joies du jardinage ces dernières années. C’est à ces urbains en premier lieu, que va s’adresser cet album.

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    • Répondu le 16 octobre à  15:56 :

      Pour vivre de son propre potager, il faut se lever de bonne heure. C’est mal-connaître la vie à la campagne que de croire qu’on pourra être auto-suffisant. Par contre, privilégier les circuits courts est clairement une des conditions de l’avenir de l’humanité. A supposer que l’humanité ait encore un avenir.

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      • Répondu par Milles Sabords le 17 octobre à  19:08 :

        J’habite à la campagne et toutes les maisons ont un jardin, avec légumes et fruits. Beaucoup le cultivent, ce qui leur permet de faire des réserves de conserves pour l’hiver, en dépensant moins dans le supermarché qui se trouve à quelques kilomètres, surtout par ces temps d’inflation. La chaleur inhabituelle de ce mois d’octobre leur permet de faire encore quelques belles récoltes, notamment de tomates pour la sauce. Le circuit court, fantasme de citadins biberonnés aux médias, ne sauvera pas l’humanité, tant les pays sont disparates dans l’approche de leur mode d’agriculture. Certes, le circuit court offrirait un autre canal d’approvisionnement, mais on en est très loin, tant ils sont déjà peu nombreux en France et incapables de nourrir la population toute entière du pays. Le salut viendra de l’arrêt à la frénésie consumériste du genre humain, savamment entretenue par les GAFAM. Lisez Pierre Rabhi ou mettez au moins les mains dans la terre…

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