Angoulême 2015 - La marche des auteurs marque la 42 édition du FIBD

1er février 2015 24 commentaires
  • La situation créé par l'assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo était certes dans tous les esprits, mais elle n'occulta pas une préoccupation majeure des auteurs de BD : améliorer leur situation économique qui semble de plus en plus précaire. Samedi, près de 500 auteurs de BD ont déserté leur table de dédicace pour rejoindre la Marche des auteurs.

Cela n’a pas été facile car ces professionnels de la plume, du crayon et du pinceau ne sont pas des pro de la manifestation. Au dernier moment, les négociations avec la préfecture étaient intenses : la manifestation pouvant être interdite à tout moment si les conditions de sécurité n’étaient pas remplies.

Finalement, à 14h30 samedi, elle put se faire, profitant d’un rayon de soleil entre deux averses. C’était une marche bon enfant avec des slogans rigolos : on .pouvait distinguer dans la foule des têtes connues :Lewis Trondheim, Pénélope Bagieu, Benoît Peeters, Christophe Arleston, Fabrice Neaud, Fabien Vehlmann, David B... Le slogan ? "Sans auteurs, plus de bande dessinée".

Angoulême 2015 - La marche des auteurs marque la 42 édition du FIBD
En tête de la manifestation, des figures bien connues des bédéphiles.

Le préoccupations des auteurs sont multiples mais elles se résument d’abord par le constat d’une paupérisation accrue des auteurs. À cela s’ajoute la difficulté des libraires confrontés à un afflux de nouveautés et qui ont du mal à suivre, physiquement et financièrement. Le ministère de la culture a mis en place un projet d’évaluation de cette réalité.

Elle risque d’être aggravée par de nouvelles dispositions : le projet de passer à 8% le taux de la cotisation-retraite des auteurs (les dernières négociations laissent entendre qu’on réduirait cependant ce taux à 4%) et le dépôt par une élue européenne du Parti Pirate allemand, Julia Reda, de réduite de 70 à 50 ans la durée de la propriété artistique.

Nous reviendrons sur ces questions plus longuement un de ces jours.

La marche des auteurs s’est terminée par un éloquent discours de Fabien Vehlmannn expliquant les problèmes des auteurs de BD

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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24 Messages :
  • La marche des auteurs...Qe faut-il en penser ?
    Je m’interroge quand même en voyant circuler les images de cet évènement.
    Première ligne...Beaucoup d’auteurs qui connaissent plus le goût des sushis que des pâtes sans beurre. Pénélope Bagieu est-elle dans la précarité n ? Boulet est-il dans la précarité...Et Trondheim ?? Est-il dans la précarité ce monsieur. Il est bon de rappeler le côté un peu Ubuesque de la situation. Il y a encore peu, une polémique sur les prix de pages proposé par Delcourt à 30 € la page...Collection de de ce même monsieur Trondheim...Alors oui en effet, les auteurs sont presque à poil !
    Que dire de la page Twitter de Delcourt également qui soutien cette marche ? Les auteurs ont l’air heureux de ce soutien...Sont-ils bêtes ? Le problème de fond ce n’est pas le RAAP, c’est que depuis des années, nos conditions de travail, nos contrats, sont morcelés, désagrégés par des éditeurs comme Delcourt qui surproduit (et des Trondheim ont aussi leur petite responsabilité).On édite tout et n’importe quoi, les auteurs ont leurs prix de pages rabottés continuellement pour financer cette surproduction...
    Et les auteurs sont content...Et content d’être défendu par ceux qui en profitent le plus. Pourquoi entendre un Velhmann parler au micro pour une situation qu’il ne connait absolument pas.
    Les auteurs sont des moutons, la cible n’est pas la bonne.Mais bon, tout le monde est content, c’est le principal.

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    • Répondu par Erik A. le 1er février 2015 à  12:52 :

      Tout ceci est vrai, notamment sur les rapports entre auteurs et éditeurs et la paupérisation de plus en plus importante du métier pour un immense nombre d’entre-nous...

      Même si je le dirais autrement, sans doute.

      Par contre que des auteurs qui ne sont pas "dans le besoin" (Juillard, Bajram, et tous les autres copains que j’ai vus sur les vidéos) soient représentatifs ne me semble pas aussi incongru parce qu’ils pourraient très bien ne pas se mettre ainsi en avant, vu leur notoriété éditoriale... Ces gens ont un certain poids, et même s’ils ne sont probablement pas concernés au même titre que la majorité (et franchement tant mieux pour eux), ils peuvent précisément faire entendre une voix unique avec plus de poids médiatique.

      Alors oui, comme beaucoup je ne sais pas si tout ça aura servi à autre chose que de se mettre en avant dans les médias une demi-heure et qu’on n’en parlera plus ensuite. Mais est-ce que ça n’a pas le mérite de remuer des gens qui sont des individualistes absolument pas placés sur un pied d’égalité ?

      Signer : "un auteur", c’est bien. Dire les choses sous son nom est probablement plus net et précis.

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      • Répondu par Polo le 1er février 2015 à  13:54 :

        Et si Juillard et ces autres auteurs qui ne sont pas dans le besoin s’étaient abstenus de participer à cette manif, ce clairvoyant analyste en aurait peut-être été scandalisé, en les trouvant égoïstes.

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        • Répondu par Un auteur le 1er février 2015 à  14:20 :

          Pour les gens qui ont la mémoire courte, encore une anecdote.
          Souvenez-vous d’Aurelie Filipetti qui avait fait des Frasque au sujet de la BD il y a quelques années. Branle bas de combats des auteurs de BD en colère ...Alors qu’au même instant, Pénélope Bagieu se faisait décorer par madame Filipetti...La même Pénélope Bagieu qu’on voit tenir la banderole...
          Je suis trop content d’être défendu par des gens qui ont autant de conviction :-)

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    • Répondu le 1er février 2015 à  13:58 :

      Si on vous suit, ne peuvent manifester que les auteurs très pauvres... Pourquoi pas ? Et puis aprés, vous crierez sur ces ordures d’auteurs reconnus qui ne soutiennent pas ceux qui n’ont pas leur niveau financier...

      Parfois, avant que de poster un avis, il serait profitable, pour vous comme pour vos lecteurs, de prendre le temps de réfléchir au delà des lieux communs.

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      • Répondu par Un auteur le 1er février 2015 à  14:14 :

        C’est à vous que je conseille de réfléchir.

        Imaginons une manif d’ouvriers de la CGT , FO applaudit et adoubée par le MEDEF... Avec une première ligne des rentiers...

        Les images d’hier me font penser un peu à ça.

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        • Répondu le 5 février 2015 à  16:18 :

          en fait, pour être franc, nous sommes coupables de ne pas être rentiers. Ca, c’est la vérité. même si tu as dix fois plus de talent.

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      • Répondu par Stronguinaff le 1er février 2015 à  16:28 :

        Si on vous suit, ne peuvent manifester que les auteurs très pauvres...

        Les auteurs très pauvres ne sont même pas invités à Angoulême et n’ont pas les moyens de s’y rendre par leurs propres moyens. Aucun auteur n’est à l’abri de la précarité, même ceux que vous qualifiez de nantis. Et vous êtes de mauvaise foi, car au premier rang il y a Fabrice Neaud qui est loin d’être dans l’aisance financière malgré tout son talent.

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      • Répondu le 1er février 2015 à  16:38 :

        Il y a deux poids et deux mesures.
        D’un côté, les auteurs fortunés qui peuvent payer ces 8% mais qui ne le souhaitent pas. Eux, leur retraite est déjà garantie par leurs droits d’auteurs (bénéfices). Et ce sont ces privilégiés qui se mettent en avant dans la manif.
        De l’autre, les auteurs pauvres qui ne peuvent pas payer ces 8% mais qui en auront bien besoin à la retraite.
        Moralité, la manifestation regroupent des auteurs qui ne se battent pas tous pour le même intérêt.
        La solidarité entre auteurs, c’est un leurre. Tous les auteurs sont en concurrence et les éditeurs sont les heureux bénéficiaires de cette compétition. Chaque auteur se dit naïvement qu’il finira bien par s’en sortir et faire un carton. La belle illusion, l’optimisme aveugle.
        Les éditeurs ne contribuent qu’à auteur de 1,1% de charges patronales sur les droits versés à leurs auteurs. Les maisons d’édition sont des PME si on ne considère que les employés, mais si on considère tous les auteurs qui produisent pour eux, ce ne sont plus des PME ou de petites PME. Un éditeur démagogue comme Delcourt, qui tient toujours un double discours, ne souhaite pas voir les tarifs de ces auteurs augmenter de 8%. Maintenir cette masse de travailleurs au tarif le plus bas ne peut qu’assurer sa fortune. Il profite de la surproduction et préfèrerait que ce projet de taxe soit tout simplement abandonné.
        L’édition est une économie bien à droite, ultra-libérale. Vous marchez ou vous crevez. Et les auteurs sont les fantassins qu’on envoie au casse-pipe. Il y aura toujours dans le tas un auteur qui s’en sortira et l’éditeur s’en sortira grâce à lui. L’éditeur compte sur la masse des énergies pour s’en sortir alors que l’auteur ne peut compter que sur son propre travail. Quand un directeur littéraire se plante sur une nouvelle série, on ne le fiche pas dehors. Quand un auteur se plante, on arrête sa série sans indemnités de chômage.
        Les auteurs sont les dindons de cette farce.
        La Culture a un prix. Et les auteurs sont principalement ceux qui doivent supporter ce prix. Glénat et Delcourt sont richissimes. Et pour construire leur fortune, ils n’ont pas hésité à sans cesse baisser les tarifs de base. Ce sont des cyniques.

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        • Répondu par Un auteur le 1er février 2015 à  21:13 :

          Analyse tout à fait juste et sans langue de bois.

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        • Répondu le 2 février 2015 à  09:19 :

          Merci pour cette analyse, la plus juste que j’ai pu lire jusqu’à présent.

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        • Répondu par Franck Geiz le 2 février 2015 à  14:44 :

          L’aigreur des petits artisans contre ceux qui ont réussi, avec parfois moins de talent, mais plus de malignité.

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          • Répondu le 3 février 2015 à  07:51 :

            Réussir avec moins de talent, c’est aussi échouer artistiquement. Tout est relatif.

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    • Répondu par Fabrice Tarrin le 1er février 2015 à  19:17 :

      Pour médiatiser l’événement, ce sont justement les auteurs les plus privilégiés qui sont montés en première ligne pour défendre les intérêts des plus pauvres (une très grosse majorité).
      Oui, ils sont riches (et le resteront) mais ils soutiennent
      quand même les plus pauvres. C’est mal ?

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      • Répondu par patydoc le 3 février 2015 à  11:57 :

        On rêve complètement , ici ; si le marché ne permet pas à des auteurs de gagner correctement leur vie, ils n’ont qu’à changer de métier - ou s’améliorer, ou changer de style... Etre auteur c ’est assurer une part de risuqe, ce n est pas se tourner en permanence vers l’Etat pour demander de l’aide ; sinon, il faut faire fonctionnaire ; d’ailleurs la BD ne s’adresse t elle pas un peu trop qu’au seul "peuple de gauche " , et ne se ferme-t-elle pas à une large partie du lectorat ? J ’espère que vous aller cette fois-ci publier mon message : je suis client, et j’espère représenter une partie de la clientèle, sur ce site qui me paraît un peu trop fréquenté exclusivement pas les "professionnels"

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        • Répondu le 3 février 2015 à  15:08 :

          les auteurs n’ont pas demandé d’argent à l’État ! Renseignez-vous avant d’écrire n’importe quoi... Ils demandent à l’État de les aider dans leurs négociations avec les divers organismes sociaux, les éditeurs et les distributeurs, il faut bien réguler un peu cette filière si vous les lecteurs, vous voulez continuer à avoir des albums de qualité. La régulation ne sont pas des aides...

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  • Vous concluez votre article en évoquant une proposition de raccourcissement des droits d’auteurs de 70 à 50 ans.
    En quoi cela appauvrirait-il les artistes ?
    On parle ici de durée des droits APRÈS LEUR MORT.
    Cinquante ans, c’est encore bien trop ! Dans l’absolu, le décès d’un auteur devrait permettre à son œuvre d’entrer rapidement dans le domaine public.
    Le système actuel de droits post-mortem ne récompense absolument pas leur travail, c’est seulement une rente pour leurs héritiers, avec parfois des situations absurdes comme le cas de Rodwell légataire de Tintin.

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    • Répondu par ozanam le 5 février 2015 à  09:15 :

      Ah ! enfin un anarchiste, un vrai !
      Oui abolissons les héritages ! Les maisons, les entreprises, même la bague de tata Gilberte, hop, dans le pot commun ! Du coup, l’état redevient riche ! Imaginez, ça serait bête de s’arrêter qu’au seul droit d’auteur !
      [bon sinon, faut savoir lire la proposition, c’est 50 ans après la naissance de l’oeuvre. Donc potentiellement durant la vie de l’artiste. Mais ça change rien au fond : hop, t’as vécu sur une gloire d’il y a 50 ans, partage !!!! ]

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      • Répondu par Oncle Francois le 5 février 2015 à  11:06 :

        Je prends le cas d’un jeune artiste possédant un certain talent. A 25 ans, il dessine des planches qu’il publie dans la presse puis en album, ou alors directement en album.
        Comme il est en début de carrière et passionné, il continue à élaborer une oeuvre et à publier. Ses albums ayant du succès auprès du public réel (je parle des gens qui achètent en librairie, comme vous et moi, pas des journalistes, critiques aquatiques, jurés de Prix BD qui réclament sans arrêt des services de presse aux éditeurs), ils sont réimprimés chaque année, et il touche à nouveau de l’argent sur chaque exemplaire vendu du nouveau tirage.
        Jusqu’içi jusqu’à 95 ans, bientôt peut être jusqu’à 75 ans. Peu importe. Je paie la femme de ménage, l’infirmière ou le jardinier seulement à l’heure de travail effectué, et non pour le souvenir que me laisse leur prestation. Pourquoi une telle distorsion ? Voila une belle inégalité, les auteurs en ont ils parlé dans leur marche ?

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        • Répondu le 5 février 2015 à  14:02 :

          Ca fait plusieurs fois que je me pose la question ( sans rire...), c’est vraiment quelqu’un qui pense ce qu’il écrit au premier degré "Oncle François" ou c’est juste quelqu’un qui s’amuse à passer pour un crétin pour "égayer" le forum ?

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      • Répondu par Gerald Auclin le 5 février 2015 à  14:41 :

        Non. Vous mélangez durée post-mortem et durée depuis la création de l’œuvre.
        La proposition de la députée européenne c’est bien de ramener la durée du droit d’auteur à 50 ans (70 actuellement) APRÈS LA MORT de l’auteur.
        En France, le droit d’auteur s’applique 90 ans après la création de l’œuvre ou 70 ans après la mort de son auteur. Si une œuvre a plus de 90 ans même si son auteur est mort depuis moins de 70 ans, elle rentre dans le domaine public.

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        • Répondu par ozanam le 5 février 2015 à  22:10 :

          mille excuses pour m’être trompé. J’avais repris le texte que j’avais lu sur deux sources différentes. Ceci dit, c’est tout de même un truc génial. Sous prétexte qu’il s’agit des droits d’auteur, ça attise une haine "faudrait supprimer les droits d’auteurs" alors qu’un type qui monte son entreprise a le droit d’en faire profiter sa descendance... Moi, je veux bien qu’on supprime le droit d’auteur après ma mort seulement si l’héritage est supprimé. Pourquoi faire une différence ?
          Quant au cuistre qui disait "Je paie la femme de ménage, l’infirmière ou le jardinier seulement à l’heure de travail effectué, et non pour le souvenir que me laisse leur prestation", je lui dirais que si le livre continue à être publié, ce sont d’autres lecteurs qui payent et non lui. A moins qu’il soit assez stupide pour acheter un livre plusieurs fois de suite ("mon dieu, une nouvelle couverture, vite il me le faut"). et comme j’aime à le rappeler, je lui dirais bien aussi "monsieur, en d’autres temps, je vous aurais jeté mon gant".
          _

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          • Répondu par Gerald Auclin le 6 février 2015 à  16:57 :

            Cette députée européenne ne parle pas de "supprimer le droit d’auteur" mais d’harmoniser les lois relatives aux droits d’auteurs en Europe - et plutôt par le bas (en réduisant sa durée post-mortem). Mais il faut aussi savoir que cette durée n’a cessé de s’étendre en deux siècles et jamais du fait des auteurs eux-mêmes mais le plus souvent sous la pression d’ayant-droits d’auteurs célèbres. A sa naissance au lendemain de la Révolution française, cette durée post-mortem dédiée aux héritiers était de 5 ans.
            Au delà se pose un problème philosophique sur la nature du droit d’auteur qui est bâtarde. J’ai tendance à penser que ça devrait être considéré comme un revenu du TRAVAIL. L’artiste étant juridiquement (et fiscalement) un entrepreneur, le droit d’auteur est actuellement considéré comme un capital et est donc transmis par héritage. Mais il n’a pas une valeur financière fixe. En d’autres termes, si vous ne publiez pas l’œuvre, le droit d’auteur ne vaut rien. C’est ce qui le rend différent des biens héritables : on ne peut pas l’imposer comme un héritage classique. Peut-être faudrait-il appliquer un impôt (au même taux que l’héritage) sur le droit d’auteur durant toute son étendue post-mortem.
            C’est un débat complexe. Il ne faut pas caricaturer les propos de ceux qui veulent limiter cette étendue post-mortem. D’autant plus qu’il y a un vrai problème en France qui est que le Domaine publique n’a pas de définition légale positive et de ce fait n’est pas véritablement protégé. Les innombrables exemples de "copyfraud" en témoignent, y compris de la part d’administrations comme la BnF !

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  • Mais qu’est-ce que vous en savez-vous de ce qu’est un combat syndical ?

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