Bo Doï n°115 : Remise en forme

7 février 2008 4 commentaires
  • Nouvelle maquette, nouveau look, le BoDoï nouveau est arrivé dans les kiosques.


Annoncé depuis quelques mois, ce changement est d’abord illustré par la devise du magazine qui de « toute la bande dessinée » est devenue « explorateur de bande dessinée ». Derrière cette modification se cache-t-il aussi une autre approche éditoriale ?

Tout de noir vêtu (pour cause de couverture du dessin animé Peur[s du Noir qui sort en salle le 13 février), le magazine a délibérément choisi de retravailler son image en adoptant un aspect plus « news » grâce à un aspect d’autant plus net qu’il est mis en valeur par une couverture glacée et un dos carré soudé. Il est encore difficile de discerner derrière ce nouvel habillage un ton résolument nouveau. L’équipe d’Allison Reber reste inchangée, ce qui n’est pas un mauvais choix, même si l’on aurait pu aussi s’attendre à quelques nouveautés de ce côté là, l’ouverture est pourtant à la mode...

L’architecture générale du magazine demeure et les inconditionnels retrouveront ce qui a déjà fait son succès notamment des entretiens riches et soignés (ici Lepage nous présente son Oh, les filles ! dernier opus publié chez Futuropolis et Béatrice Tillier le premier tome du Bois des Vierges, chez Robert Laffont ).

On retrouve non seulement l’incontournable série de chroniques d’albums qui s’étoffe davantage (près de trente ouvrages sont désormais traités chaque mois ) mais aussi toujours des enquêtes à la mise en page élégante et lisible (Angoulême évidemment, mais aussi la poursuite de l’excellente série sur la BD à travers le monde : Comic world, consacrée ce mois-ci à l’Inde).

On notera le retour d’une rubrique consacrée à l’Internet, la présentation de blogs comme celui de Boulet, immortel auteur de Raghnarok, une rubrique qui ne manque pas d’intérêt. Ce n’est évidemment pas ici qu’on s’étonnera des étroites relations qui unissent désormais la toile et le neuvième art !

Si le journal semble conserver les prépublications, l’équipe a choisi de renouer avec le récit complet, c’est Jacques Ferrandez qui s’y colle avec une biographie de Miles Davis, extraite de son livre publié jadis aux éditions Nocturne. Le magazine joint opportunément à cette publication un entretien avec l’auteur, ce qui permet de recontextualiser cette histoire. Intéressante initiative.

On retrouvera le second épisode du Commando Torquemada de Lemmens et Nihoul. Cette histoire assez trash ayant pour cadre les arcanes du Vatican use d’un graphisme efficace renforcé par une mise en en couleurs aussi dévastatrice que le propos. Nos héros parviendront-ils à faire chanter (au sens propre !) Sœur Dominique sorte de bonne sœur mélomane au répertoire quelque peu destroy ? La fin promise au prochain numéro promet !

La série Licorne (par Jean et Gabella) s’arrête et on restera assez impressionné par le dynamisme, la grande maîtrise des lumières et des plans qui traverse cette histoire où ésotérisme et fantastique s’entremêlent pour donner un récit haletant de bout en bout. Souhaitons que la rédaction renouvèle ces expériences de redécouvertes de séries souvent passées bien vite par les bacs de vos libraires.

À cette lecture, les aficionados se repèreront assez facilement dans une revue dont les changements concernent plus la forme et la présentation des sujets que le fond lui-même. On peut regretter que l’équipe du magazine n’ait pas manifesté plus d’audace. Admettons néanmoins que cette cure de jouvence (même modeste) reposant essentiellement sur une mise en page plus aérée cherche surtout à rassurer la vieille garde des lecteurs toujours susceptibles de "zapper" vers d’autres titres, tant l’offre du moment a tendance à s’élargir. Nous en reparlerons !

(par Patrice Gentilhomme)

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